Hockey Canada: Ducharme n’a aucune information sur le viol allégué

L’ancien entraîneur-chef du Canadien de Montréal Dominique Ducharme avait un rôle prédominant au sein de l’équipe canadienne masculine de hockey junior en 2018, année où huit joueurs de la formation auraient violé une jeune fille lors d’un gala de la Fondation de Hockey Canada, en juin de cette année-là, lui qui en était l’entraîneur-chef.

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L’homme de 49 ans, qui était d’ailleurs présent au gala, jure n’avoir aucune information qui aurait pu faire avancer l’enquête, lui qui a d’ailleurs rencontré des enquêteurs, après l’événement.

«Dans les semaines après, j’ai été appelé par les enquêteurs que Hockey Canada avait engagés et ils m’ont demandé si je savais quelque chose, j’avais vu quelque chose ou entendu quelque chose, mais il n’y avait rien de mon côté qui pouvait me dire que quelque chose était arrivé, a mentionné Ducharme, rencontré mercredi par les médias, à l’occasion de sa classique de golf à Joliette. Je n’avais aucune information. J’étais là, au gala, mais aucune autre information à part de ça.

«C’est rare qu’on sort avec les joueurs.»

Le scandale, révélé au grand jour au mois de mai, éclabousse l’organisation de Hockey Canada, dont les dirigeants ont même dû s’expliquer devant le Comité permanent du patrimoine canadien, devant révéler que leur enquête n’avait pas permis de déterminer l’identité des huit hommes impliqués et nommés «John Doe 1 à 8».

«Je suis seulement un coach de hockey, je ne suis pas assez intelligent pour être un haut dirigeant comme ça. Je vais leur laisser choisir de la façon dont ils réagissent», a ajouté, lorsque questionné à savoir comment il avait trouvé la gestion du dossier par Hockey Canada.

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Ducharme ne croit d’ailleurs pas qu’il y ait une culture du silence au hockey, ou du moins, que le hockey n’est pas seul dans son bateau. Il n’excuse toutefois pas le geste.

«Le hockey c’est juste le reflet de la société. Si on va faire des tours sur les campus universitaires ou sur d’autres sports, d’autres domaines, je crois que c’est juste un reflet comme ailleurs.»

Un poste offert à Martin St-Louis

La poussière est retombée doucement pour Dominique Ducharme. Souriant et détendu, l’ancien instructeur-chef du Tricolore a commenté pour la première fois son congédiement.

Ainsi, il n’a pas révélé s’il a eu une discussion avec Martin St-Louis, un ami de longue date datant de leurs années à l’université du Vermont. On a pu apprendre, cependant, qu’il lui a proposé un emploi avant la dernière saison.

«On a été un peu en contact, a-t-il informé vaguement les journalistes venus le rencontrer. J’avais contacté Martin l’été dernier pour qu’il se joigne au groupe d’entraîneurs. C’est un bon gars de hockey et je lui souhaite la meilleure des chances.»

«Il avait des choses à faire et il a décidé de ne pas se joindre à notre groupe. Je comprends aussi.»

Long chemin

À son propre sujet, Ducharme est loin de s’en faire et se montre philosophique.

«Je suis passé par un chemin qui est long. Ce n’est qu’une épreuve, a-t-il déclaré. J’en ai rencontré plein pendant ma carrière. Je vais continuer de grandir.»

«Il y a eu beaucoup de hauts. Il y a un an, on se préparait à jouer le match numéro 5 de la finale. C’était une expérience extraordinaire. Puis, en début de saison, la première moitié a été plus difficile avec les changements. La direction aussi.»

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Parlant d’expérience, Ducharme a imagé qu’on ne l’acquiert pas comme on achète une pinte de lait au magasin.

«Il y avait plusieurs embûches pendant la première moitié de la saison. Pour prendre de l’expérience, tu ne peux pas aller au Walmart t’en acheter. Il faut que tu passes à travers de choses comme ça.»

Ducharme aurait-il pu faire les choses différemment ou revoir certaines stratégies critiquées? Le pilote de Joliette laisse entendre qu’il lui arrive de se remettre en question.

«On le fait toujours. On a fait la même chose après la finale de la Coupe Stanley. On l’a fait l’an dernier après la saison. Que ce soit positif ou plus compliqué, tu fais toujours ça comme entraîneur. Sinon, tu n’avances pas.»

Le futur

À savoir ce que l’avenir réserve à Ducharme, il dit avoir eu «des discussions» avec des équipes, mais il patientera afin de dénicher l’emploi qui correspond le mieux à ses objectifs.

«C’est certain que la piqûre est encore là, a-t-il dit. J’ai fait ça toute ma vie. Je veux retourner comme entraîneur-chef dans la Ligue nationale. L’année passée, quand on est venu au tournoi, ici, on n’était qu’à trois victoires de la coupe Stanley. Mon but, c’est d’avoir ces trois victoires-là qu’il manquait.»

Pendant qu’il attend la bonne offre d’emploi, il ne faut pas s’attendre à voir Ducharme retourner dans les rangs juniors prochainement.

«Je suis dans une situation où j’ai encore deux années de contrat, a-t-il spécifié. Je suis ouvert à tout, mais je sens que côté junior, j’ai fait tout ce que j’avais à faire.»

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Peu de communication avec Jeff Gorton et Kent Hughes

Dominique Ducharme admet qu’il aurait souhaité une meilleure communication avec le nouveau régime chez le Canadien de Montréal, soit le vice-président Jeff Gorton et le directeur général Kent Hughes.

«Il n’y en a pas vraiment eu. J’aurais aimé ça avoir cette rencontre-là avec Kent. Au moins pour lui dire comment je voyais les choses et comment je percevais l’avenir, a-t-il admis mercredi. On le voit ailleurs aussi. Quand de nouveaux gens arrivent, ils veulent tourner la page sur l’ancienne direction.»

À propos du défenseur Jeff Petry, au nombre des vétérans qui ont critiqué «la structure» sous ses ordres, Ducharme assure n’avoir jamais été en froid avec lui.

«J’avais une bonne relation avec les joueurs. Avec Jeff, c’était une situation qui était difficile avec le début de saison et sa situation familiale. Ce n’était pas évident pour lui, a-t-il fait valoir tout en défendant son ancien joueur. J’ai toujours essayé de communiquer le mieux possible avec tout le monde. Il n’y avait rien de personnel entre moi et lui. C’était peut-être une situation sur 100 pendant une saison.»

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