La brute et le penseur

Ça y est, on arrive au moment de vérité. La pleine lune avec la Coupe Stanley à la clé.

Mais que s’est-il donc passé ?

Je suis comme vous. J’essaie de comprendre ce véritable mystère.

Le Canadien connaît un excellent début de saison puis se transforme en une équipe médiocre qui peine à s’infiltrer dans les séries éliminatoires.

Puis, en poursuivant sur sa débandade, le CH s’est transformé en un ramassis de joueurs qui semblaient désintéressés tellement ils étaient médiocres contre les Maple Leafs de Toronto. En séries.

Je voulais comprendre. J’ai donc appelé un penseur, un brillant, un maître de la nature humaine.

-Aide-moi à comprendre comment une bande de nouilles ont pu se transformer en une équipe presque invincible en 48 heures ? ai-je demandé au penseur.

-D’abord, la prémisse n’est pas exacte. Ce n’était pas une bande de nouilles, c’était un groupe désorganisé et mal entouré. Le talent a toujours été là, cette saison. Mais je pense que lorsque les dirigeants ont mis de côté leur ego narcissique, ils ont agi avec intelligence. Ils ont permis de ramener les jeunes Jesperi Kotkaniemi et Cole Caufield dans l’alignement. Et d’augmenter le temps de glace de Nick Suzuki. L’impact a été immédiat. Tous les morceaux du casse-tête sont tombés en place. Phillip Danault, Eric Staal, Corey Perry et les autres vétérans n’avaient plus qu’à jouer leur rôle. Et un train comme Josh Anderson a trouvé sa voie lui aussi. Depuis, ce club talentueux, mais désorganisé joue selon son plein potentiel.

Et pour reprendre les propos du penseur, il faut souligner que trois des quatre buts marqués par le CH lors du vital cinquième match l’ont été par des joueurs de 21 ans et moins.

LA BRUTE : C’EST DES NIAISERIES

Je savourais ma nouvelle compréhension du mystère quand le téléphone a sonné. C’était la brute, un de mes amis du milieu.

Tout content de mon nouvel éclairage fourni par le penseur, j’ai fait l’étalage de mes réflexions :

-Tout faux ! Comme d’habitude, tu te trompes. Complètement. La décision de Dominique Ducharme de ne pas faire jouer Kotkaniemi et Caufield lors des premiers matchs, a été sa meilleure décision. Il les a protégés.

-Dans ce cas, c’est quoi l’explication ?

– C’est parce que vous n’avez pas fait confiance à Marc Bergevin. Il a bâti un club pour les séries éliminatoires. Le hockey de la saison régulière et le hockey des séries, ce sont deux « games » complètement différentes. Prends Ben Chiarot et Shea Weber, ils ne sont pas plus doués qu’en saison régulière. Weber n’avance pas plus vite qu’il ne le faisait. En saison régulière, il ne peut se permettre de bûcher et de donner des doubles échecs parce que les punitions mettraient son équipe dans le trouble. Mais dans les séries, les arbitres ne donnent pas de punitions. Fait qu’il joue de la hache à deux mains, qu’il accroche et cogne dans le dos sans avoir de problème. C’est le même joueur, mais en même temps, ce n’est plus le même joueur. Ça fait que les attaquants des Golden Knights sont écœurés d’avoir des bleus dans le dos, ils vont moins dans le trafic. Notre défense devient beaucoup plus efficace. C’est un club bâti pour les séries. Le reste, c’est des niaiseries.

Même si ça m’horripile de lui donner un tout petit peu raison, la brute a quand même un point. Les gros défenseurs du CH ne font pas dans la dentelle, mais ils font le ménage à coups de hockey et de poing dans le visage. À l’attaque, Josh Anderson, Corey Perry et même Phillip Danault sont costauds et donnent de solides mises en échec en zone centrale.

Mais la brute n’explique pas pourquoi même en série, la Flanelle était aussi affreuse contre Toronto…

On se retrouve donc avec une équipe encore dans la course. On en vient à espérer que ce soit Tampa Bay tellement les Islanders sont teigneux… et on oublie que l’un des plus talentueux du groupe, Jonathan Drouin, soigne son âme…

C’est l’équipe la plus invraisemblable que j’aurai vue en cinquante ans…

Ça fait une partie de son charme.

Sont fous !

Le hockey et le franglais

Le confrère Alain Gravel a jeté un pavé dans la mare en pointant du doigt l’habitude de Louis Jean de trop utiliser de mots anglais dans ses animations. Il l’aime bien comme homme de hockey, mais il souligne qu’il y a une limite à l’utilisation abusive de tournures et de termes en anglais lors de ses interventions.

Sans doute qu’on a pointé Louis Jean parce qu’il est bon et qu’il attire l’attention comme chef d’antenne pour 1,5 million de téléspectateurs. C’est vrai qu’il y a des anglicismes, mais ce n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. L’anglais est la langue du hockey professionnel et comme les réseaux n’ont pas le temps de toujours corriger le français de leurs analystes et commentateurs, le réflexe conditionné par des années d’usage prend le dessus.

Certains fefans se sont portés à la défense de Louis Jean en écrivant que lui, au moins, était bilingue. Être bilingue, c’est parler français et anglais. Pas un mélange des deux langues. Syntaxe et vocabulaire.

Prendre conscience

Effectivement, Louis Jean est bilingue et évite le franglais. Faudrait juste qu’il soit toujours conscient qu’il travaille dans un réseau francophone pour une clientèle francophone.

Il faut cependant rappeler que tout le langage du hockey est anglais. On chèque avant, au lancer, on fait un déclaration, on prend une plonger, on joue une bonne Jeu et on laisse partir un une minuterie

Pour plusieurs, et on entend bien pire à la radio, ce n’est pas une question de connaissances ou de compétences. Ça devient une question d’attention pour éviter les automatismes acquis. Dans le feu de l’action, ce n’est pas toujours évident. L’oreille est polluée. Je ne suis pas inquiet pour Louis Jean. Il est professionnel jusqu’au bout des ongles. Il va apporter les améliorations nécessaires. Quant à Maxim Lapierre, Guillaume Latendresse, Éric Fichaud et les autres anciens joueurs du réseau, ils ont déjà fait d’énormes progrès. Ils sont intéressants et ils s’expriment bien.

Tout va être à point pour la finale.

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