Le Canada doit s’imposer face à Haïti

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C’est si proche maintenant, si terriblement proche, qu’on frémit à l’idée de la déception, de la désolation, d’échouer alors que c’est à portée de main.

Non, l’équipe nationale masculine du Canada n’est pas sur le point de se qualifier pour la Coupe du monde, même si cela aussi sera, espérons-le, quelque chose de proche et de réaliste en mars de l’année prochaine.

Mais tout d’abord.

Samedi après-midi à Port-au-Prince (16h, OneSoccer), le Canada affrontera Haïti lors de la première des deux manches pour se qualifier pour le tour final des éliminatoires de football de l’Association d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, où les poids lourds régionaux Costa Rica, Le Honduras, la Jamaïque, le Mexique et les États-Unis vous attendent.

C’est le genre d’obstacle qui aurait fait trébucher les Canucks dans le passé, et même maintenant, il n’y a aucune garantie. En fait, Haïti a battu le Canada lors de la rencontre précédente des équipes, il est donc approprié qu’un test aussi décisif se déroule contre eux.

Ce sera l’occasion de réparer un tort, de faire preuve de progrès et de maturation, d’accomplir une sorte d’exorcisme avant de se hisser vers l’ultime compétition de Coupe du Monde de la CONCACAF.

Le choc de 2019 résonne encore.

En juin de cette année, le Canada avait martelé la Martinique et Cuba et donné au Mexique un bon match à Denver avant de passer à un quart de finale apparemment gagnable, avec un match revanche contre le Mexique en récompense.

Personne ne se serait attendu à un triomphe sur El Tri à Glendale, alors tout ce que le Canada avait à faire était de battre Haïti afin de répondre aux attentes et de se retirer d’un tournoi la tête haute.

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Et pendant une demi-heure, les choses semblaient se dérouler exactement comme prévu.

Jonathan David avait ouvert le score à la 18e minute, et Lucas Cavallini a doublé la mise 10 minutes plus tard. Au redémarrage, les Canadiens étaient à 45 minutes de leur première demi-finale de la Gold Cup en six tentatives.

C’est alors que tout s’est effondré.

À la 50e minute, la passe arrière erronée du défenseur Marcus Gondinho a permis à l’attaquant haïtien Duckens Nazon de marquer, et à la 68e, Godinho a fait tomber Hervé Bazile dans la surface et l’attaquant du Havre a égalisé sur place.

À ce moment-là, le manager d’Haïti, Marc Collat, avait ses joueurs rampants dans et depuis les vastes zones, et le patron du Canada, John Herdman, ne pouvait tout simplement pas faire les ajustements nécessaires. Tactiquement, il a été démontré qu’il était bien et troublant au-dessus de sa tête.

À la 76e minute, Nazon a dansé à l’intérieur de la gauche et a joué une passe précise au meneur de jeu de l’époque de Qarabag, Donald Guerrier, qui a bien fait de contrôler le ballon alors qu’il a heurté le gardien Milan Borjan avant de marquer ce qui s’est avéré être le but gagnant.

Alors, quelle est la leçon ici? Pourquoi ressasser ce qui s’est passé il y a presque deux ans ?

D’une part, il est important que le Canada ne tienne aucun match pour acquis.

Ils ne sont tout simplement pas assez bons – ou du moins n’ont pas le pedigree – pour supposer qu’un résultat est dans le sac avant qu’un ballon ne soit botté ; rien dans l’histoire de l’équipe nationale masculine de ce pays ne suggère qu’elle a le droit de parcourir toute une moitié de football, même à 2-0.

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Deuxièmement, Herdman doit encore prouver qu’il peut gérer cette équipe contre des adversaires moyens de la CONCACAF.

Affronter le Mexique et les États-Unis dans des matchs de compétition, qu’il s’agisse des éliminatoires de la Coupe du monde ou des éliminations directes de la Gold Cup, peut être l’objectif, mais pour y arriver, il doit déjouer les joueurs comme le Suriname et Haïti. Il a réussi le test du Suriname mardi. La prochaine étape est une série avec un côté haïtien qui l’a déjà fait paraître stupide.

Enfin, si le Canada place un marqueur sur la capitulation à Houston, il pourra à juste titre mesurer ce qui a changé pour le mieux entre cette rencontre et celle d’aujourd’hui.

Le plus évident est le niveau de talent.

Alphonso Davies et Jonathan David ont deux ans de plus, et depuis sa défaite contre Haïti, Davies a remporté le triplé avec le Bayern Munich et est devenu un arrière latéral de classe mondiale tandis que David a aidé Lille à remporter le titre de Ligue 1.

Ensuite, il y a les émergences de Stephen Eustaquio, Tajon Buchanan, Frank Sturing et Scott Kennedy, qui ont impressionné lors de ses débuts contre le Suriname.

C’est la meilleure équipe de joueurs que le Canada ait jamais eue, c’est pourquoi la ronde finale des qualifications pour la Coupe du monde 2022 semble si tout à fait réalisable.

Pour y arriver, ils doivent obtenir un résultat samedi après-midi sur un terrain qui a été gorgé d’eau pendant la semaine et qui pourrait subir d’autres orages ce matin. Après cela, ils doivent terminer le travail dans leur maison improvisée à Bridgeview, Ill., (15 juin, 20h, OneSoccer).

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Faites-le, et une génération de déception sera mise derrière eux et leurs partisans. Ne le faites pas, et ils seront ce qu’ils ont toujours été.

C’est la réalité. Tels sont les enjeux.

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