Dorothea Paas – Tout ne peut pas arriver

Avec Tout ne peut pas arriver, chanteur, auteur-compositeur et multi-instrumentiste canadien Dorothée Paas a créé l’un des albums de rupture les plus émouvants et les plus émouvants de ces dernières années, un récit sincère de chagrin d’amour qui n’arme pas la douleur mais embrasse plutôt une telle obscurité comme un appariement nécessaire avec la lumière.

Vétéran des scènes canadiennes du bricolage et de la musique expérimentale, Paas a travaillé avec des artistes tels que Filles américaines, Château de Jennifer et Badge Époque Ensemble. Mais cet album marque ses propres débuts en studio, une décennie après le début de sa carrière en tant qu’interprète en direct autonome. Sa maturité est indubitable, démontrant une considération évidente de la texture instrumentale, de la livraison vocale et du flux narratif qui est sobre et convaincant aux niveaux micro et macro. C’est satisfaisant de zoomer sur chaque note, de s’abreuver au poids de son ressenti comme Paas soutient un mot sur trois ou quatre temps, comme un condor chevauchant un courant de vent. Mais le retrait révèle une connexion tout aussi satisfaisante, où l’émotion sans fard se mêle aux textures auditives pour former un voyage magnifique, dévastateur et stimulant.

“Je ne suis pas seule maintenant/Faire tout ce que je veux et travailler sur mon esprit”, propose-t-elle pendant Une, l’ouverture de l’album de 30 secondes chantée sur une guitare électrique de rechange. Cette vignette laisse présager son voyage à travers les neuf chansons de l’album, une suite de tendres ruminations sur l’amour, la confiance, le doute de soi et les relations brisées qui culminent dans une récupération de soi. C’est un portrait époustouflant d’une femme plongée dans ces affres, qui parcourt un long chemin vers la guérison et l’acceptation, jusqu’à l’idée qu’elle contrôle son destin. “Trier les vieilles pensées/
Je passe par eux/Un… », conclut-elle, embrassant son moi singulier comme une déclaration d’intention, moins une confession qu’une révélation, une prise de conscience qu’être seul vaut mieux qu’être avec l’agonie.

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L’album parcourt les questions de cœur avec une concentration intense, un thème lyrique qui fait écho celui de Joni Mitchell Bleu et Hégire-portraits d’époque, et Elliott Smith réflexions tranchantes, émotionnellement lourdes mais faciles à assimiler. Et comme le travail ultérieur de ces artistes, la musique de Tout ne peut pas arriver signale une évolution d’une simple base de musique folk à des arrangements texturés étoffés avec une distribution de joueurs accomplis.

Paas a recruté des amis de la scène expérimentale canadienne, et l’instrumentation tout au long semble être une collaboration naturelle et une extension de relations forgées de longue date et d’appréciation mutuelle. Paas’ la voix diaphane est facilement comparable à Mitchell’s mais elle imprègne souvent son chant d’un subtil vibrato plus évocateur de Mimi Parker de Faible, alternativement chaud et froid.

La chanson titre magnétique est propulsée par un groove furtif qui rencontre une guitare électrique vacillante et des percussions infusées de jazz comme Paas chante trois fois : « C’est si difficile de faire confiance à nouveau/Quand vous ne vous faites même pas confiance. » La répétition souligne l’accent mis sur ce doute de soi, tout en doublant comme un acte de traitement émotionnel, en pensant à la même pensée encore et encore jusqu’à ce qu’elle devienne une vérité réelle et présente. C’est un appareil Paas utilise tout au long de l’album avec un effet puissant, transmettant ses observations, ses conclusions et ses sentiments les plus urgents à travers des mots répétés.

« Oh, je sais, je sais, je sais/Tu appelles l’amour/Mais ton comportement me chasse », chante-t-elle avec une soprano saisissante. Vagues montantes, une vedette folk-rock dans laquelle son vibrato léger comme une plume ondule la fin de chaque ligne, comme des vagues de conscience se déployant au milieu d’une situation impossible. Ce sentiment se cristallise sur Fenêtre gelée, un instantané d’amour qui s’éloigne, chanté sur une guitare électrique envoûtante, Paas’ voix ici projetant un détachement nécessaire alors qu’elle déclare: “Nos souvenirs sont inutiles maintenant.” Mais ensuite, elle surprend l’auditeur avec un moment d’espoir durement gagné.

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«Mais contre toute attente/Je m’ouvrirai à nouveau à l’amour/Comme une plante cherche la lumière à travers une fenêtre gelée», chante-t-elle, relayant le chemin de la réconciliation alors que sa voix rencontre la guitare, le piano et la basse dans une danse libre, un rayon de soleil perçant une ombre. Si l’amour équivaut à la folie, alors Tout ne peut pas arriver est son imperturbable biographe. L’album relaie les événements passés avec une sagesse lucide, véhiculant des hauts et des bas à travers une vision bien taillée de la beauté collaborative. Il ne succombe pas aux épreuves que lui impose l’amour mais scrute les profondeurs de ses chemins pour révéler la transfiguration de la dévastation en assurance. Dans un climat encore incertain, son honnêteté émotionnelle et ses vérités cristallines sont un cadeau.

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