L’ancien directeur du Louvre inculpé dans une affaire de trafic d’objets égyptiens | France

L’ancien président du musée du Louvre à Paris a été accusé d’avoir conspiré pour cacher l’origine de trésors archéologiques qui auraient pu être sortis d’Egypte lors des soulèvements du printemps arabe, dans une affaire qui a choqué le monde des antiquités.

Jean-Luc Martinez a été inculpé cette semaine après avoir été interpellé par la police, a indiqué une source judiciaire française à l’Agence France-Presse. Martinez a dirigé le Louvre de Paris, le musée le plus visité au monde, de 2013 à 21.

Martinez, qui a quitté ses fonctions de président du Louvre l’année dernière, est un ambassadeur de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine. L’affaire menace d’embarrasser le ministère français de la culture et le ministère des affaires étrangères.

Deux spécialistes français de l’art égyptien ont également été interrogés cette semaine mais relâchés sans inculpation.

L’affaire a été ouverte en juillet 2018, deux ans après que le Louvre Abu Dhabi a acheté une rare stèle en granit rose représentant le pharaon Toutankhamon et quatre autres œuvres anciennes pour 8 millions d’euros (6,8 millions de livres sterling).

Bateaux ancrés devant le Louvre Abu Dhabi. Photographie : Jon Gambrell/AP

Martinez a été inculpé de complicité d’escroquerie et de « recel par faux endossement de l’origine d’oeuvres obtenues criminellement », a confirmé une source judiciaire à l’-. Un rapport en Le Canard enchaîné L’hebdomadaire d’investigation (the Chained Duck) a déclaré que cela aurait pu impliquer de fermer les yeux sur de faux certificats d’origine pour les pièces, une fraude supposée impliquer plusieurs autres experts en art.

Martinez a été inculpé de complicité d’escroquerie et de « recel par faux endossement de l’origine d’oeuvres obtenues criminellement », a confirmé une source judiciaire à l’-.

Martinez a précédemment déclaré à The Art Newspaper qu’il nie tout acte répréhensible.

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Le galeriste germano-libanais qui a négocié la vente a été arrêté à Hambourg en mars et extradé à Paris pour être interrogé dans l’affaire.

Les enquêteurs français soupçonnent que des centaines d’objets ont été pillés lors des manifestations du printemps arabe qui ont englouti plusieurs pays du Moyen-Orient au début des années 2010. Celles-ci auraient alors été vendues à des galeries et des musées qui ne se posaient pas trop de questions sur la propriété antérieure, ni n’examinaient d’assez près les éventuelles incohérences dans les certificats d’origine des œuvres.

On pense que plusieurs pays ont été touchés par le pillage d’artefacts, notamment l’Égypte, la Libye, le Yémen et la Syrie.

Autre œuvre égyptienne prisée, le cercueil doré du prêtre Nedjemankh, acheté par le Metropolitan Museum of Art de New York en 2017, a fait l’objet d’une enquête distincte des procureurs de New York. Par la suite, le Met a déclaré qu’il avait été victime de fausses déclarations et de faux documents, et que le cercueil serait renvoyé en Égypte.

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