Carambolage monstre à Laval: des proches de victimes en quête de réponses

Le camionneur responsable du carambolage monstre qui a fait quatre morts sur l’autoroute 440 à Laval en 2019 a dû faire face hier à une dizaine de proches de victimes en quête de réponses, présents pour l’ouverture du procès.

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« Je veux juste comprendre ce qui s’est passé », a laissé tomber Nicolas Marsolais à la sortie de la salle d’audience.

Ce dernier a eu peine à retenir ses larmes en matinée, après que le procureur de la Couronne eut résumé la cause à la juge Yanick Laramée.

Au moment du drame, le véhicule dans lequel son père prenait place, aux côtés de sa conjointe, avait pris en feu après l’impact. Gilles Marsolais et Michèle Bernier, deux nouveaux retraités de la police de Montréal, n’ont eu aucune chance.

Toute au long de la journée, les proches de victimes ont eu à croiser l’accusé au palais de justice de Laval, une situation éprouvante pour plusieurs.

Jagmeet Grewal subit son procès pour négligence criminelle causant la mort et des lésions. Le 5 août 2019, il roulait sur l’autoroute 440 à 100 km/h, sans jamais réagir à la file de véhicules immobilisée à la hauteur de la bretelle de l’autoroute 15.

GEN - JAGMEET GREWAL

Erreur fatale

« Nous allons démontrer que la conduite de M. Grewal, au volant de son camion-remorque, était dangereuse, mais plus encore, qu’elle témoigne d’une insouciance déréglée et téméraire à l’égard de la sécurité d’autrui », a résumé le procureur de la Couronne, Me Simon Blais, dans sa déclaration d’ouverture.

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Le Journal rapportait récemment que l’accusé n’aurait jamais dû se retrouver au volant de son semi-remorque, sans une faute grave de la Société de l’assurance automobile du Québec, qui lui a remis son permis de conduire… par erreur.

Impliqué dans une collision de la route en 2012 aux États-Unis, M. Grewal avait par la suite été déclaré inapte de façon permanente à occuper le métier de camionneur, notamment en raison de ses problèmes psychiatriques.

GEN - JAGMEET GREWAL

Malgré ces conclusions, il a fait une nouvelle demande pour obtenir un permis de classe 1, nécessaire pour conduire un camion. Et il l’a obtenu.

Émotions ravivées

Au moment du carambolage, le camionneur savait qu’il n’était pas apte à conduire, selon la Couronne. Il négligeait en effet de contrôler son diabète et prenait plusieurs médicaments affectant la conduite, rapportait le Journal la semaine dernière.

Des informations troublantes, inconnues des victimes et proches de personnes décédées jusqu’à tout récemment.

« Toute cette histoire d’erreur de la SAAQ me trouble, c’est inexplicable », a lancé Patricia Laplante, qui n’a jamais pu retourner travailler depuis le carambolage en raison de ses blessures.

« On avait fait notre deuil, la poussière avait eu le temps de retomber. Mais là, c’est comme si on donnait un coup de pied dedans pour la faire remonter », a ajouté Nicolas Marsolais.

Par ailleurs, avant le début de son procès, le camionneur a tout tenté pour faire exclure de la preuve son dossier d’indemnisation de la SAAQ le déclarant inapte à conduire des semi-remorques.

Même chose pour des documents médicaux et la liste de ses médicaments.

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Les avocats ont longuement plaidé à ce sujet dans les dernières semaines. La Couronne statuait que ces dossiers concernant son état physique et mental avant et après le drame étaient des plus pertinents, puisqu’ils démontraient qu’il n’était pas en état de conduire.

Mais également qu’il avait dû mentir à plusieurs reprises tant au moment de son embauche quelques mois avant le carambolage, mais par la suite, à un assureur. Il avait en effet omis de parler de son diabète, ses problèmes de sommeil, ses douleurs physiques, ses troubles mentaux, ainsi que la liste des médicaments qu’il prenait quotidiennement.

Ses avocats, Mes Philipe Knerr et Jean-Daniel Debkoksi, plaidaient pour leur part que ces informations étaient confidentielles et ils déploraient la façon dont elles avaient été saisies par la police.

Un juge de la Cour du Québec, mandaté pour trancher la question avant le début du procès, a récemment statué que ces documents étaient finalement pertinents à la cause.

Le procès est prévu pour plusieurs semaines.

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