Le G7 vise la Chine au-dessus du détroit de Taiwan – POLITICO

LONDRES – Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont exhorté Pékin à s’abstenir d’aggraver les «tensions» dans les mers de Chine orientale et méridionale, en raison de l’inquiétude suscitée par un conflit ouvert avec Taiwan.

Dans un communiqué fortement rédigé publié après deux jours de réunions en face à face à Londres, les ministres des Affaires étrangères du groupe des économies avancées ont appelé la Chine «à participer de manière constructive au système international fondé sur des règles».

«Nous soulignons l’importance de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taiwan et encourageons la résolution pacifique des problèmes entre les deux détroits», ont-ils déclaré. «Nous réitérons notre ferme opposition à toute action unilatérale susceptible d’aggraver les tensions et de saper la stabilité régionale et l’ordre international fondé sur des règles et nous exprimons de sérieuses préoccupations au sujet des informations faisant état de militarisation, de coercition et d’intimidation dans la région.»

C’est la première fois que l’UE et certains de ses membres les plus éminents, dont l’Allemagne et la France, s’alignent avec les États-Unis sur la situation dans le détroit de Taiwan.

Peu de temps après l’arrivée au pouvoir du président américain Joe Biden, le département d’État américain a réaffirmé son «engagement sans faille» à aider Taiwan à se défendre contre la Chine, qui revendique Taiwan comme faisant partie de son propre territoire. Pékin a effectué des vols réguliers au-dessus des eaux internationales dans les mers de Chine orientale et méridionale ces derniers mois.

L’affirmation croissante de la Chine effraie les politiciens des démocraties occidentales, et le pays a fait l’objet d’une longue session du G7 mardi matin, où il est devenu évident que tous les membres du G7 ne partageaient pas les mêmes points de vue sur la reconnaissance de Taiwan en tant qu’État indépendant.

Cependant, le communiqué final soutenait la «participation significative» de Taiwan à l’Organisation mondiale de la santé et à l’Assemblée mondiale de la santé.

Le G7 a également exhorté la Chine à «agir de manière responsable dans le cyberespace», notamment en s’abstenant de tout vol de propriété intellectuelle, en mettant fin aux pratiques qui «sapent» le libre-échange et en mettant fin aux violations des droits humains à la fois contre les Ouïghours dans la région du Xinjiang et le peuple tibétain.

Pékin a rejeté à plusieurs reprises les informations faisant état de violations des droits de l’homme au Xinjiang et considère le traitement des minorités comme une question interne qui ne doit pas être discutée avec d’autres gouvernements. Les États-Unis ont déclaré que le traitement des musulmans ouïghours par la Chine était un génocide.

Les ministres du G7 ont déclaré qu’ils soutenaient «fermement» «l’accès indépendant et sans entrave» au Xinjiang pour le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a jusqu’à présent été empêché d’enquêter sur le terrain. Ils ont également souligné la nécessité de lutter contre le travail forcé – une accusation clé contre Pékin au Xinjiang – par leurs propres «moyens domestiques».

La déclaration du G7 comprend également des mots durs sur Hong Kong, accusant Pékin de vouloir «éroder les éléments démocratiques du système électoral» là-bas et exhortant la Chine à respecter le «haut degré d’autonomie et les droits et libertés de Hong Kong».

Alors que la déclaration parle durement de la Chine, il y avait quelques branches d’olivier. Les ministres du G7 ont souligné l’importance d’une coopération continue avec Pékin sur le changement climatique et la santé mondiale.

Les hôtes britanniques du G7 se concentrent fortement sur «l’inclinaison» post-Brexit de leur pays vers l’Indo-Pacifique. Dans le cadre de ce virage diplomatique, Londres a invité les ministres des Affaires étrangères de l’Australie, de l’Inde, de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud, ainsi que le président de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, qui compte 10 membres, à participer à certaines sessions en tant qu’invités.

Le communiqué a souligné l’importance de maintenir un Indo-Pacifique «libre et ouvert», y compris «l’intégrité territoriale» des pays de la région.

Comportement «  irresponsable  »

Moscou fait également l’objet de vives critiques dans la déclaration du G7, les ministres notant le «modèle négatif du comportement irresponsable et déstabilisateur de la Russie», une référence à un pic des troupes russes aux frontières de l’Ukraine et dans la Crimée «annexée illégalement».

La Russie est critiquée pour des «activités malveillantes» visant à saper les démocraties; l’utilisation de la désinformation; et «cyberactivité malveillante», alors qu’il y a une nouvelle condamnation de l’empoisonnement sur le territoire russe du dissident Alexei Navalny avec un agent neurotoxique.

Pourtant, selon un diplomate assistant à la réunion, il y avait une volonté claire des membres du G7 d’améliorer les relations avec Moscou. «Nous réitérons notre intérêt pour des relations stables et prévisibles avec la Russie», déclare le communiqué, tout en avertissant que le G7 continuera à renforcer ses défenses contre les menaces russes.

Plus près de nous, les ministres du G7 ont soutenu l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec l’Albanie et la Macédoine du Nord, et exhortent le Kosovo et la Serbie à normaliser leurs relations après la déclaration d’indépendance de la première. Le groupe a également manifesté son soutien au programme de réforme lié aux négociations d’adhésion de l’UE avec le Monténégro et la Serbie. Mais sur la Bosnie-Herzégovine, il y a un avertissement: toute tentative de saper leur intégrité territoriale ne sera pas la bienvenue.

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