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Moralité du marché: des masques au véganisme

by Les Actualites

Zeynep Arsel a pris la parole à The Walrus Talks at Home: Living Better, qui a eu lieu le 15 mars 2021

Vous pouvez regarder tous les conférenciers de The Walrus Talks de cet événement ici: The Walrus Talks at Home: Living Better

Hje. Je m’appelle Zeynep Arsel. Je suis professeur agrégé de marketing à l’Université Concordia.

Je vais parler de Moralité et mieux vivre, mais ensemble

Comment naviguer dans les choix moraux que nous faisons dans la vie de tous les jours? Comment interagissons-nous avec les autres et le monde matériel qui nous entoure en tant qu’acteurs moraux? Que nous en soyons conscients ou non, nombre de nos actions, grandes ou petites, ont une dimension morale, et cela inclut les choses que nous achetons et consommons.

Pensez à combien vous décidez de donner un pourboire, quelle voiture vous choisissez de conduire ou si vous conduisez une voiture, ce que vous pensez de vous faire couper les cheveux pendant une pandémie ou de manger à l’intérieur au restaurant. Ce sont des décisions moralisées. De plus, pensez à ce que vous pensez des autres lorsqu’ils font ces choix. Combien d’entre nous ont jugé nos amis sur les réseaux sociaux pour avoir publié des photos d’eux-mêmes faisant des choses que nous n’approuvons pas? L’année 2020 a également été l’année de nombreux abandons et désaccords.

Ma collègue Aya Aboelenien et moi-même avons travaillé sur une série de projets qui s’enquièrent à ce sujet. Nous nous intéressons à la façon dont la moralité croise la vie quotidienne, en particulier le marché et la consommation.

Nous constatons que l’histoire de la moralité et des marchés est longue et riche avec de fréquents rebondissements et des contestations sans fin. Ce qui est considéré comme moral est le produit de processus culturels. Nous déballons ces processus et voyons qu’il s’agit de négociations complexes qui impliquent des systèmes juridiques, religieux, politiques, médicaux ou éducatifs.

Nous pouvons le voir dans l’interdiction de l’alcool et la légalisation et la légitimation éventuelles de celui-ci au Canada. De même, pensez à la façon dont la société a remis en question leurs croyances sur la cigarette alors que les autorités médicales révisaient leur compréhension. Il en va de même pour les plastiques à usage unique en tant qu’objets moralement complexes alors que nous reconsidérons notre impact écologique sur la terre. Combien d’entre vous se sentent mal à l’idée d’utiliser des sacs en plastique? Combien d’entre vous l’ont fait il y a 10 ans?

Pour un exemple plus récent, pensez à ce que nous ressentons à propos des masques, par rapport à il y a à peine un an. La façon dont nous avons changé notre façon de penser les masques et la façon dont des institutions telles que les autorités judiciaires et médicales ont façonné ces pensées et ces sentiments est une question morale. Ce petit objet apparemment insignifiant est devenu un foyer de tensions culturelles, politiques et interpersonnelles. La moralité concerne le consensus social sur ces jugements, mais aussi généralement l’absence de consensus.

Lorsque nous parlons de moralité sur le marché, nous pouvons le voir à différents niveaux. Au niveau le plus abstrait, les tensions morales façonnent la société, même des cadres juridiques croisés tels que les exigences de masque obligatoires ou la légalisation du cannabis.

Mais la moralité affecte également la façon dont nous vivons avec les autres en tant qu’êtres sociaux et nos relations avec nos amis et notre famille. Aya et moi étudions cela dans le contexte du véganisme, et comment ce que nous ressentons à propos de la consommation d’animaux façonne nos relations interpersonnelles. Qui est invité à un dîner de vacances et ce qui est placé sur la table du dîner est plus une question de moralité que nous ne pouvons l’imaginer. Un membre de la famille qui ne mange pas la pièce maîtresse peut contrarier un hôte, mais il en va de même pour l’invité qui pourrait se sentir obligé de manger des animaux dans un cadre de vacances. Des positions morales contradictoires peuvent provoquer des fractures dans les relations interpersonnelles, y compris celles avec des membres de la famille très proches.

La moralité concerne le jugement et les choix façonnés par ces jugements. Ce que nous considérons comme des choix concernant des questions personnelles, esthétiques ou de style de vie ont souvent des fondements moraux. Cela peut être la taille de notre maison, le café que nous buvons, le repas que nous mangeons ou nos vêtements.

Nous ne pouvons pas échapper à la manière dont la moralité entre dans notre vie quotidienne. Nous devons vivre avec le poids des négociations quotidiennes que nous devons mener entre être des citoyens moraux et avoir une vie significative et agréable.

Mais nous considérer comme des acteurs enchevêtrés dans un réseau de relations et de processus moraux pourrait également nous aider à faire de meilleurs choix, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour la société dans laquelle nous vivons ainsi que pour la terre, nos compagnons non humains et quiconque nous partagez-le avec. Cela peut nous aider à vérifier nos réactions fortes aux choix des autres, cela peut nous aider à trouver des moyens plus significatifs de gérer les tensions morales. Cela peut également nous aider à mieux comprendre notre position dans notre société et comment nos choix apparemment modestes (manger au restaurant par exemple) ont un impact sur les autres. Ce qui semble personnel est toujours relationnel.

Socrate avait jeté les bases d’une philosophie morale qui reste toujours d’actualité: que nous devons examiner nos vies en permanence, pour établir non seulement la meilleure vie pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres. En tant que citoyens moraux, nous devons naviguer consciemment dans ce quotidien pour mieux vivre.

Zeynep Arsel est titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia sur la consommation et les marchés de la John Molson School of Business et professeur distingué invité à l’Université Aalto, en Finlande. Zeynep examine la manière dont nous menons la vie quotidienne à travers la consommation et étudie la manière dont les gens se rapportent aux lieux et aux objets. Son travail a été publié dans des revues académiques à fort impact et présenté dans des médias, dont le Wall Street Journal, Harper’s, les Globe and Mail, Wired, Psychology Today, les Montreal Gazette, les Vancouver Sun., les Ottawa Citizen, le Devoir, L’actualité, et la Presse.

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