Pellerin : Plus que jamais, les Canadiens doivent tendre vers l’amour et la gentillesse

Après Kamloops et Londres, nos cœurs sont brisés à tant d’endroits et je crains que les décisions que nous prenons dans cet état ne soient motivées par le désir de guérir mais de faire souffrir d’autres cœurs autant que le nôtre.

Contenu de l’article

Vous n’avez aucune idée de combien de façons différentes un cœur humain peut se briser jusqu’à ce que vous deviez ramasser les morceaux et essayer de le remettre en place. Et puis vous vous rendez compte que vous n’avez aucune idée de la façon dont les gens qui sont constamment traumatisés peuvent trouver un chemin vers la guérison.

Nous avons tous vécu le choc, l’horreur et le chagrin d’avoir découvert les restes de 215 enfants autochtones près de Kamloops, suivis du meurtre d’une famille musulmane à London, en Ontario. Mon cœur pleure pour les familles et pour un pays qui se sent soudain hostile et effrayant. La terreur, l’indignation et la douleur sont accablantes. Et je dis cela en tant que personne qui n’a pas été directement affectée par ces événements. Le gouffre entre mon expérience et ceux pour qui c’est personnel est trop grand pour les mots.

Lire aussi  À l'intérieur du premier voyage de Louise Thompson et Ryan Libbey en tant que parents

Nous ne parlons pas assez du fait que les Autochtones portent des blessures auxquelles on jette du sel chaque fois que nous discutons de la réconciliation ou des pensionnats. Et de l’impact de ce traumatisme sans fin sur leurs enfants, petits-enfants et communautés. Dans toutes nos discussions sur l’opportunité d’abattre des statues et, si oui, à quelle vitesse, s’il faut sauter la fête de la fête du Canada cette année, et pourquoi les ministres du Cabinet ne peuvent pas se résoudre à voter sur une motion non contraignante pour arrêter de combattre les survivants devant les tribunaux, nous oublions les humains qui sont engourdis depuis des années, incapables de penser, de travailler ou de dormir à cause des monstres qui les hantent à chaque instant.

Publicité

Contenu de l’article

Nous ne parlons pas assez du fait que les Autochtones portent des blessures auxquelles on jette du sel chaque fois que nous discutons de la réconciliation ou des pensionnats.

Dans nos débats sur les politiciens qui nient l’existence de l’islamophobie dans ce pays, nous oublions les humains qui en font l’expérience de première main, et qui doivent dire à leurs enfants de ne jamais se détendre en se promenant, et de ne jamais attendre le métro à proximité les pistes parce que c’est un endroit dangereux pour eux. Nous ne sommes pas informés des traumatismes dans nos reportages et commentaires. Nous devons être.

Ce n’est pas facile, même pour ceux d’entre nous dont le travail consiste à exprimer des émotions difficiles. Il est difficile de trouver les mots justes pour donner aux personnes qui vivent avec ce genre de traumatisme multigénérationnel l’espace sûr dont elles ont besoin pour trouver leur chemin vers la guérison. Nous n’avons aucune idée de comment parler de ces problèmes sans déclencher des gens qui ont déjà tant souffert. Comment parler avec amour et gentillesse, pas des points de discussion. Oui mon amour. Et la gentillesse. Ils ont leur place dans le discours public bien plus que les spins partisans.

Lire aussi  Séances d'essai gratuites de fitness au The Mill Gym & Studio avec L&Q

Publicité

Contenu de l’article

Nous nous disputons à propos de procès, d’archevêques sournois, de racisme et d’argent, mais nous ne parlons pas de faire en sorte que les êtres humains blessés aient l’espace et la sécurité dont ils ont besoin pour commencer à guérir en priorité. Nous nous battons pour savoir si un homme blanc assassinant une famille musulmane a commis un acte de terrorisme ou « juste » un autre crime haineux, comme cela fait une différence pour le garçon de neuf ans qui a perdu tout son monde.

Nous disons que nous voulons la justice, que les coupables soient punis. La sentence du meurtrier de la mosquée de Québec fait présentement l’objet d’un appel. Que fait cette bataille judiciaire pour aider les gens à faire face à leur traumatisme? La prison rend-elle une société moins hostile ? Le système judiciaire est-il un espace sûr ? Notre soif de vengeance alimente-t-elle les bêtes noires de la haine et des traumatismes perpétuels ? Nier l’humanité de quelqu’un qui tue des musulmans en l’appelant un monstre ne fait que redoubler d’efforts. Pourtant, qui d’autre qu’un monstre assassinerait délibérément d’autres humains ?

Nos cœurs sont brisés à tant d’endroits et je crains que les décisions que nous prenons dans cet état ne soient motivées par le désir de guérir, mais par le désir de blesser d’autres cœurs autant que le nôtre. J’aurais aimé savoir comment aider les gens à se sentir en sécurité afin qu’ils puissent commencer à sortir des ténèbres dans lesquelles ils ont été contraints de revenir vers leur vrai moi au cœur ouvert. Je sais seulement que l’amour et la gentillesse sont plus puissants que la peur et la haine. Ils doivent être.

Lire aussi  Comment et pourquoi discuter de Juneteenth avec vos enfants

Brigitte Pellerin est un écrivain d’Ottawa.

commentaires

Postmedia s’engage à maintenir un forum de discussion vivant mais civil et encourage tous les lecteurs à partager leurs points de vue sur nos articles. Les commentaires peuvent prendre jusqu’à une heure de modération avant d’apparaître sur le site. Nous vous demandons de garder vos commentaires pertinents et respectueux. Nous avons activé les notifications par e-mail. Vous recevrez désormais un e-mail si vous recevez une réponse à votre commentaire, s’il y a une mise à jour d’un fil de commentaires que vous suivez ou si un utilisateur que vous suivez commente. Consultez nos directives de la communauté pour plus d’informations et de détails sur la façon d’ajuster vos paramètres de messagerie.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Recent News

Editor's Pick