Le point de vue du Guardian sur l’accord vert de Biden: leadership après le déni de Trump | Éditorial

Oorsque la Chambre des représentants a adopté vendredi une législation historique sur le climat, Joe Biden a inscrit l’un des succès surprises de sa présidence. Ce n’est que le mois dernier que son programme ambitieux a semblé coulé après qu’un démocrate conservateur et baron du charbon, Joe Manchin, ait refusé de le soutenir. Son vote est crucial dans un Sénat également divisé. Cependant, les propositions climatiques ont été largement ressuscitées sous la forme de la loi sur la réduction de l’inflation (IRA), co-écrite par M. Manchin, que le Congrès a approuvée.

La première grande loi américaine sur le climat n’arrive pas trop tôt. C’est la meilleure et la dernière opportunité pour le pays d’atteindre son objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et, avec elle, un monde où le zéro net d’ici le milieu du siècle est possible. Après Donald Trump, M. Biden peut reprendre le flambeau du leadership climatique mondial pour les États-Unis. Mais l’acte révèle les limites de son pouvoir.

Le plan initial de 3,5 milliards de dollars des démocrates était d’étendre l’éducation, de lutter contre la pauvreté, de réduire les coûts des soins de santé et de lutter contre le changement climatique. Cela a été réduit à un projet de loi de 1,75 milliard de dollars que la Chambre a adopté l’année dernière. Mais il a obtenu nulle part au Sénat. M. Manchin a refusé de soutenir les programmes de sécurité sociale et son collègue centriste Kyrsten Sinema a refusé de soutenir les hausses d’impôts. Il ne restait que 490 milliards de dollars d’investissements dans le climat et la santé.

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Cela mérite une petite acclamation des progressistes. M. Biden mène une politique musclée d’intervention de l’État dans l’économie. La loi donne pour la première fois au gouvernement fédéral le pouvoir de négocier une baisse des prix des médicaments. De manière significative pour le climat, il représente une nouvelle politique industrielle américaine qui subventionne la production d’électricité sans carbone via des crédits d’impôt. Il reconnaît également que les États-Unis sont en retard sur la Chine dans le domaine des technologies vertes – dépensant 152 milliards de dollars de moins en investissements renouvelables l’année dernière – et se concentre sur les moyens d’encourager la fabrication à énergie propre.

La politique aux États-Unis est malheureusement beaucoup trop influencée par le pouvoir des intérêts acquis. Les États-Unis restent dépendants des combustibles fossiles, qui génèrent 61 % de leur électricité. Son industrie du gaz de schiste cherche à remplacer la Russie en tant que principal fournisseur d’énergie en Europe. Le résultat a été que les lobbyistes des combustibles fossiles ont obtenu des concessions dans la législation sur le climat. Le compromis consiste à lier le développement des énergies renouvelables à une nouvelle extraction de pétrole et de gaz dont de nombreuses communautés supporteront le coût disproportionné.

Néanmoins, pour chaque tonne d’émissions causée par les dispositions de la loi sur les combustibles fossiles, le groupe de réflexion non partisan Energy Innovation affirme que 24 tonnes d’émissions sont évitées grâce à ses dispositions vertes. Cela devrait contribuer à dynamiser la base de M. Biden avant les élections de mi-mandat. Malgré l’antagonisme républicain, l’action climatique bénéficie d’un large soutien aux États-Unis. Un sondage du Pew Research Center suggère que 58% des électeurs pensent que le gouvernement fédéral en fait trop peu pour “réduire les effets du changement climatique mondial, contre seulement 18% qui disent qu’il en fait trop”.

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Pour être un président vraiment transformateur, M. Biden devra refaire la société. Ce que l’acte démontre, c’est qu’il n’a pas – encore – les voix dans son propre parti pour un tel programme. Les plans climatiques de M. Biden pourraient échouer car il s’appuie sur la carotte des dépenses plutôt que sur le bâton des impôts pour soutenir une transition énergétique. Pourtant, la consommation inutile des riches devra être réduite par une fiscalité progressive afin de libérer des ressources pour des dépenses socialement utiles. En fin de compte, l’urgence climatique nécessite une restructuration économique fondamentale. La nouvelle loi environnementale de M. Biden est un bon début, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire.

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