L’ombre de Covid plane sur la rencontre internationale de l’OMS

Les appels à la réforme de l’Organisation mondiale de la santé et les mesures visant à éviter de futures pandémies figurent en bonne place à l’ordre du jour alors que l’agence des Nations Unies lance sa réunion annuelle des États membres lundi.

Alors que la crise de Covid-19 fait toujours rage et que les pays riches continuent de stocker la plupart des doses de vaccins vitaux, le principal organe décisionnel de l’OMS aura beaucoup à discuter.

La 74e Assemblée mondiale de la Santé (AMS) débutera lundi par les déclarations des dirigeants nationaux, dont le président français Emmanuel Macron, des ministres de la Santé et d’autres représentants de haut niveau des 194 États membres de l’OMS.

Les discussions se poursuivent jusqu’au 1er juin et se concentrent fortement sur les efforts visant à contenir la pandémie et sur les appels à réorganiser l’ensemble de l’approche de la santé mondiale pour aider à prévenir de futures catastrophes de type Covid.

Il y a beaucoup en jeu, mais on ne sait toujours pas si les pays prendront la relève.

Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui parlera également de l’ouverture du rassemblement virtuel, a déclaré la semaine dernière que l’AMS de cette année était “sans doute l’une des plus importantes” jamais organisée.

À l’ordre du jour, une discussion sur les principales réformes proposées de l’agence de santé des Nations Unies, poussées au bord du gouffre par Covid.

«L’année écoulée a été la plus éprouvante de l’histoire de notre organisation», a reconnu Tedros.

Un point culminant de l’AMS de cette année aura lieu mardi lorsque les ministres et les diplomates discuteront des conclusions de trois panels indépendants distincts qui ont évalué différents aspects de la riposte mondiale à la pandémie.

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Constatant que les pays et les institutions n’étaient malheureusement pas préparés à faire face à la crise, les experts ont plaidé pour une refonte totale du système mondial d’alarme.

Ils ont également demandé instamment une réforme de l’OMS pour renforcer son indépendance, sa transparence et son financement.

Un projet de résolution visant à renforcer l’organisation est en cours de discussion.


Une réforme majeure de l’agence des Nations Unies pour la santé est à l’ordre du jour de la réunion annuelle des Etats membres Photo: – / Fabrice COFFRINI

Le texte, qui n’a pas encore été publié, devrait appeler les pays à se soumettre à des examens de leur préparation à une pandémie.

Il pourrait également proposer de donner à l’OMS le pouvoir de se rendre dans les pays pour enquêter sur des menaces sanitaires graves sans attendre une invitation des États membres concernés.

Mais il y a un recul important de la part de certains pays qui craignent d’empiéter sur leur souveraineté.

Les experts ont également souligné l’importance de renforcer la confiance dans l’indépendance de l’OMS, qui a été durement touchée, les pays ayant échangé le blâme sur la crise et accusant l’organisation de prendre parti.

Selon eux, une manière d’y parvenir serait de limiter le temps de mandat du Directeur général de l’OMS à un seul mandat de sept ans, au lieu des deux mandats actuels possibles de cinq ans.

Gro Harlem Brundtland, coprésident du Conseil mondial de suivi de la préparation et ancien chef de l’OMS, a soutenu cette initiative, affirmant que cela effacerait les soupçons selon lesquels le dirigeant de l’OMS était «soumis à des pressions pour être réélu».

Un certain nombre de pays poussent également à entamer des négociations pendant l’AMS en vue d’un nouveau traité international pour se préparer à la prochaine pandémie mondiale – et éviter la ruée inconvenante pour les vaccins qui entrave la riposte internationale au Covid-19.

Covid ne sera pas le seul sujet de discussion. Il y a plus de 70 questions à l’ordre du jour de l’AMS, y compris la résistance aux antimicrobiens et la sécurité des patients.

Et comme chaque année, l’assemblée semble prête à commencer lundi avec des appels d’une douzaine de pays pour permettre à Taiwan de participer en tant qu’observateur.

Taiwan a été exclue de l’OMS pendant des années sous la pression de la Chine, qui considère l’île démocratique autogérée de 23,5 millions d’habitants comme faisant partie de son propre territoire.

Les critiques disent que cela n’a pas de sens, en particulier au milieu des appels à l’unité mondiale dans la lutte contre la pandémie.

Mais généralement, les efforts visant simplement à ajouter la question à l’agenda de l’AMS échouent.

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