Home Technologie et scienceLa souveraineté numérique du Canada: pourquoi nous ne pouvons pas ignorer les stablecoins

La souveraineté numérique du Canada: pourquoi nous ne pouvons pas ignorer les stablecoins

by Thomas Caron

Le monde construit de nouveaux rails pour de l’argent, mais le dollar canadien n’est pas sur eux.

Le monde construit de nouveaux rails pour de l’argent, mais le dollar canadien n’est pas sur eux.

Les paiements numériques deviennent plus rapides, moins chers et sans frontières. Mais les outils sur lesquels les Canadiens commencent à compter ne sont pas soutenus par nos banques ou réglementés par notre gouvernement. Ils sont construits à l’étranger, fixés aux devises étrangères et deviennent rapidement l’infrastructure des transactions quotidiennes.

Au cœur de ce changement se trouve la montée en puissance des stablescoins – des actifs numériques conçus pour maintenir leur valeur en étant liés à des devises traditionnelles comme l’euro ou le dollar américain. Ils offrent les avantages décentralisés des crypto-monnaies sans la volatilité qui dissuade l’adoption traditionnelle. Et ils sont déjà utilisés pour envoyer des envois de fonds, percevoir des paiements et déplacer de l’argent à travers les frontières instantanément et à peu de frais.

En février 2025, les volumes mondiaux de stablecoin ont atteint 710 milliards de dollars, contre 512 milliards de dollars un an plus tôt. Des géants financiers comme PayPal, Visa et Stripe intégrent des stablées dans leurs plateformes. Shopify et Coinbase ont annoncé la semaine dernière un partenariat pour permettre aux millions de commerçants d’accepter le paiement des stablescoins, tandis qu’Amazon, Walmart et Uber exploraient la publication de leurs propres stablecoins. Et dans des pays comme l’Indonésie, les stablecoins soutenus en dollars sont de plus en plus utilisés pour les transferts d’argent à faible coût en temps réel, offrant une alternative plus rapide et plus accessible aux services de remises traditionnels.

La technologie est déjà là. Ce qui manque, c’est la politique pour le soutenir.

Les entreprises canadiennes paient en moyenne 2,5% des frais bancaires sur les transactions internationales. Les consommateurs qui envoient de l’argent à la famille à l’étranger perdent souvent de 6 à 12% en frais de versement. Les stablecoins réduisent ces coûts de façon spectaculaire. Et pour les propriétaires de petites entreprises qui attendent des revenus à l’étranger, ils offrent des flux de trésorerie plus rapides et moins d’intermédiaires.

La technologie est déjà là. Ce qui manque, c’est la politique pour le soutenir. C’est l’occasion pour le Premier ministre Mark Carney et son nouveau gouvernement de faire de l’innovation financière une priorité en modernisant la réglementation, en soutenant la fintech local et en mettant les actifs numériques à l’ordre du jour national.

Pendant des années, les plates-formes canadiennes ont appelé à un changement clair: traiter les stablecoins comme ce qu’ils sont: outils de paiement, pas les investissements. La plupart des juridictions de premier plan ont évolué dans cette direction. Le cadre MICA de l’Union européenne définit les stablecoins comme de l’argent numérique. Le Japon les classe en vertu de sa loi sur les services de paiement. Cette semaine, le Sénat américain a adopté la loi sur le génie, qui présente un cadre fédéral pour les stablecoins.

La prochaine décennie testera l’esprit entrepreneurial des régulateurs du monde entier alors que l’innovation cryptographique évolue des années-lumière au-delà de la finance traditionnelle. La vitesse sera essentielle pour accélérer la façon dont nous permettons une activité de cryptographie sûre et responsable.

Prenez StableCorp, un émetteur canadien de QCAD – une stablecoin dénommée au Canada. Pendant des années, ils ont essayé d’obtenir l’approbation pour commercialiser QCAD. Le régime de réglementation actuel a mis ce processus à une rampe, donnant aux stablecoins étrangers une longueur d’avance substantielle.

C’est une question de souveraineté économique. Sans une réelle action, le Canada dépendra des infrastructures étranger à l’étranger plutôt que de construire un écosystème domestique solide. Les Canadiens se tourneront de plus en plus vers les stablecoins libellés aux États-Unis, érodant la pertinence du dollar canadien dans les transactions quotidiennes.

Pour moderniser notre système financier et garder le Canada compétitif, le gouvernement fédéral doit:

  • Définissez les stablecoins comme de l’argent, pas des titres. Ils doivent être réglementés comme des instruments de paiement, pas comme des actifs spéculatifs.
  • Soutenez un stablecoin canadien. Une option conçue en charade comme QCAD réduirait la dépendance à l’égard des produits libellés aux États-Unis et renforcerait notre secteur de fintech national.
  • Appliquer la confiance et les normes de sécurité. Les émetteurs de stablecoin devraient respecter des normes élevées pour les audits, les réserves et la protection des consommateurs, tout comme les autres institutions financières.
  • Pont des stablescoins avec des banques traditionnelles. Laissez-les couler librement entre les portefeuilles et les comptes bancaires pour conduire une adoption et une utilité plus larges.

Bien que les risques de l’inaction réglementaire soient réels, le Canada a également la possibilité de mener dans l’innovation des stablescoin. Nous avons investi dans StableCorp, nous pouvons donc aider une entreprise et une technologie nées au Canada à initier les Canadiens à une stablecoin à domicile. Mais nous avons besoin que le gouvernement corresponde à cette ambition avec l’action.

Le choix ne concerne pas seulement si nous dirigerons dans l’avenir de la finance numérique, il s’agit d’éviter d’être laissé pour compte. Le nouveau gouvernement peut faire de la réglementation de stablecoin un pilier de sa stratégie économique, aidant les Canadiens et les entreprises à prospérer dans la nouvelle ère financière. Le Canada ne peut pas se permettre d’attendre.

Lucas Matheson est le PDG de Coinbase Canada.

Image de fonctions de Dennis Jarvis via Flickr.

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