Publié le 28 septembre 2025 à 00h58. Après la fin de plusieurs séries phares du genre shonen, un nouveau manga, Ichi la sorcière, se positionne comme l’héritier potentiel de géants comme Dragon Ball et One Piece, fort d’un prix prestigieux et d’un style rafraîchissant.
- Le manga Ichi la sorcière a remporté le premier prix de la catégorie impression du prochain Manga Award 2025.
- Cette nouvelle série combine fantaisie noire, action, comédie et un style artistique soigné, séduisant un large public.
- L’œuvre est saluée pour son équilibre entre tradition et originalité, rappelant l’œuvre d’Akira Toriyama.
Le genre shonen, destiné principalement aux adolescents et jeunes adultes, a dominé le paysage du manga pendant des décennies, donnant naissance à des succès planétaires tels que Dragon Ball, Bleach, Naruto, One Piece, et plus récemment, My Hero Academia et Jujutsu Kaisen. La conclusion de ces dernières séries en 2024 a suscité des inquiétudes quant à la capacité du magazine Weekly Shonen Jump, pilier de l’éditeur Shueisha, à découvrir de nouveaux titres capables de maintenir un niveau d’excellence comparable à celui de One Piece.
Mais les amateurs de shonen et de manga peuvent se réjouir : une nouvelle génération semble prête à prendre le relais. Ichi la sorcière, récompensé par le prestigieux Manga Award 2025, se présente comme un titre prometteur. L’histoire suit Ichi, un jeune homme sauvage élevé seul dans les montagnes d’un monde fantastique peuplé de créatures magiques appelées Majiks. Seules les femmes sont censées pouvoir capturer et apprivoiser ces êtres pour en exploiter les pouvoirs, mais Ichi brise ce dogme en maîtrisant Uroro, un Majik particulièrement puissant et indomptable. Cette prouesse attire l’attention de la sorcière Desscaras, qui le recrute dans son association, faisant ainsi d’Ichi la première sorcière masculine.
Le personnage d’Ichi se distingue immédiatement par son originalité. Dans un univers imprégné de magie, il chasse en se fiant uniquement à son instinct, incarnant un archétype de l’enfant sauvage. Ses interactions avec le monde sophistiqué des sorcières, au sein de l’équipe Desscaras, génèrent des situations comiques et rafraîchissantes. Au fur et à mesure qu’il acquiert de nouveaux pouvoirs, il les intègre à sa technique de chasse instinctive, suscitant la crainte et l’obéissance même chez les créatures magiques les plus redoutables. Parallèlement, une menace d’ampleur mondiale se profile : le Majik du monde, une entité dotée d’un pouvoir insondable, déterminée à semer la destruction.
Au-delà des éléments classiques du shonen d’action, Ichi la sorcière se distingue par sa légèreté et son humour. Les personnages, aux personnalités excentriques, échangent des plaisanteries même au cœur de l’action, et le manga accorde une place importante aux moments de détente et de comédie, une approche moins courante dans les séries shonen contemporaines. L’œuvre explore également les sentiments des personnages et les liens qui se tissent entre eux, notamment à travers le trope classique de la “famille trouvée”, avec Desscaras endossant le rôle de figure maternelle.
Le Manga Award, organisé annuellement par le magazine Da Vinci de Kadokawa Corporation et Niconico, récompense les séries de mangas en cours de publication et comptant au maximum cinq volumes. Il constitue un tremplin important pour les nouvelles séries qui émergent. Parmi les lauréats récents, on peut citer My Hero Academia (2015), Kaguya-sama: Love Is War (2017), The Apothecary Diaries et Spy x Family (2019), Oshi no Ko (2021) et Kagurabachi (2024).
Cette année, Ichi la sorcière a devancé COSMOS et Chōjo de policier super psychique pour remporter le premier prix de la catégorie impression. L’œuvre est le fruit d’une collaboration entièrement féminine : Osamu Nishi (Welcome to Demon School! Iruma-kun) signe le scénario, tandis que Shiro Usazaki (Age Act) est à l’origine du dessin. Il est clair que ce projet est l’œuvre de créateurs expérimentés, plutôt que le fruit d’une première tentative de longue haleine, comme c’est souvent le cas avec les nouvelles séries de Shonen Jump. Ichi semble connaître sa direction et sait comment captiver les lecteurs semaine après semaine, en proposant une histoire convaincante qui revisite les codes du shonen tout en restant fraîche et originale.
On peut imaginer qu’Akira Toriyama, figure emblématique du manga, aurait apprécié Ichi la sorcière et son univers fantastique. Son travail sur des jeux de rôle japonais classiques tels que Chrono Trigger, la série Dragon Quest et Blue Dragon témoigne de son affection pour ce genre. De même, son œuvre post-Dragon Ball, comme Sand Land et Dr. Slump, se caractérise par une esthétique fantastique distinctive. Par ailleurs, Toriyama était connu pour son sens de l’humour, présent dans Dr. Slump, mais aussi dans la première partie de Dragon Ball. Bien que Ichi la sorcière ne soit pas une comédie pure, il parvient à trouver un équilibre subtil entre action et humour.
Dragon Ball reste une œuvre majeure de l’histoire du shonen. L’héritage de Toriyama a été porté par une nouvelle génération d’artistes qui ont créé des succès tels que One Piece, Bleach et Naruto. Après la conclusion de ces séries, une nouvelle vague a émergé avec Demon Slayer, My Hero Academia et Jujutsu Kaisen. Maintenant que ces dernières ont également pris fin, le magazine Shonen Jump doit trouver de nouveaux talents, et Ichi la sorcière semble posséder toutes les qualités requises pour relever ce défi. Après tout, même Eiichiro Oda aura besoin de se reposer un jour, n’est-ce pas ?
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