Publié le 29 septembre 2025 à 11h26. Face à une crise économique persistante, l’Argentine pourrait bénéficier d’une aide financière substantielle des États-Unis, rappelant un sauvetage similaire accordé au Mexique en 1995.
- Les États-Unis envisagent un plan d’aide économique à l’Argentine comprenant l’achat d’obligations, des prêts et une ligne d’échange de devises.
- Le soutien politique de Donald Trump à Javier Milei, le président argentin, a précédé l’annonce de cette aide.
- Ce sauvetage potentiel s’inscrit dans une tradition américaine d’interventions financières en Amérique latine, notamment lors de la crise mexicaine de 1994.
Washington pourrait débloquer un ensemble de mesures pour soutenir l’économie argentine fragilisée. Le secrétaire au Trésor, Scott en deux, a annoncé la préparation d’un paquet d’aide dont les détails restent à définir. Selon les premières informations, ce plan pourrait inclure l’acquisition d’obligations argentines en dollars, l’achat de dette publique, la mise en place d’une ligne d’échange de devises d’un montant de 20 milliards de dollars américains (environ 18,5 milliards d’euros) et l’octroi d’un prêt direct.
Ce crédit serait prélevé sur le Fonds de stabilisation des échanges (ESF), un fonds de réserve d’urgence du Trésor américain. Ce fonds a déjà été utilisé par le passé pour venir en aide à des pays en difficulté, comme le Mexique à la fin de 1994, lors de la grave récession connue sous le nom de « tequilazo » ou « effet tequila ».
L’annonce intervient après une rencontre entre Javier Milei et Donald Trump à New York la semaine dernière. L’ancien président américain a affiché un soutien sans équivoque au dirigeant sud-américain, lui remettant même une copie imprimée d’un message publié sur son réseau social, le qualifiant de « grand ami, combattant et vainqueur ».
La crise actuelle en Argentine se manifeste par une forte dépréciation du peso, ainsi que par une chute des actions et des obligations du pays. Au milieu du mois de septembre, la banque centrale a dépensé plus d’un milliard de dollars américains de ses réserves pour tenter de stabiliser la monnaie et éviter une fuite massive des capitaux.
Le Fonds de stabilisation des échanges a été créé en 1934 pour financer des opérations sur le marché des changes afin d’influencer le prix du dollar. Depuis le milieu des années 1990, il est principalement utilisé pour accorder des prêts à court terme aux pays d’Amérique latine. Le Mexique a ainsi bénéficié de prêts annuels de 3 milliards de dollars américains de ce fonds jusqu’à la fin de la décennie. L’Argentine avait également reçu un crédit de 250 millions de dollars américains en 1995, et le Brésil, un prêt de 5 milliards de dollars américains en 1998. L’Uruguay a été le dernier pays à bénéficier de ce fonds, en 2002, avec une aide de 1,5 milliard de dollars américains pour faire face à une crise bancaire.
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La crise mexicaine de 1994, déclenchée par la dévaluation du peso et une fuite massive de capitaux, avait nécessité une intervention américaine de 20 milliards de dollars. Cette intervention avait permis d’éviter un effondrement économique qui aurait eu des répercussions importantes sur les États-Unis. À l’époque, le président Bill Clinton avait également négocié un prêt supplémentaire via le Fonds monétaire international (FMI), avec la contribution d’autres banques centrales.
Le sauvetage mexicain avait été conditionné à la mise en place de politiques économiques rigoureuses et à la cession, en garantie, des revenus futurs du pétrole mexicain. En janvier 1997, le Mexique avait remboursé l’intégralité du prêt, avec les intérêts, trois ans avant l’échéance. « Nous avons fait ce qu’il fallait », avait déclaré le président Clinton lors d’une cérémonie à la Maison Blanche.
Si le contexte actuel diffère de celui de 1995, certains parallèles sont frappants. Dans les deux cas, des facteurs politiques ont contribué à l’instabilité économique. En 1994, le Mexique était en pleine période électorale, marquée par des assassinats politiques et des accusations de corruption. Aujourd’hui, le manque de soutien législatif aux projets de Javier Milei, son échec électoral dans la province de Buenos Aires et des scandales de corruption affectent la crédibilité de son gouvernement auprès des investisseurs.
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L’aide américaine à l’Argentine, selon des analystes, est également motivée par des considérations géopolitiques, notamment la volonté de contrer l’influence croissante de la Chine en Amérique latine. Le gouvernement américain souhaiterait éviter que la Chine ne renforce sa présence économique et financière dans la région par le biais de prêts et d’investissements.