Publié le 2025-10-02 13:20:00. Crux Football, une société d’investissement spécialisée dans le football féminin, a annoncé son premier rachat : les Féminines de Montpellier HSC. Cette acquisition marque une étape importante dans la stratégie de l’entreprise visant à développer un modèle de propriété multi-clubs (MCO) pour dynamiser le football féminin européen.
- Crux Football acquiert les Féminines de Montpellier HSC, un club historique du football féminin français.
- L’entreprise estime que le modèle MCO est plus adapté au développement du football féminin que celui du football masculin.
- Les évaluations des clubs britanniques sont jugées trop élevées par Crux Football, qui explore d’autres marchés européens.
Fondée par l’ancienne capitaine de l’équipe féminine néo-zélandaise, Bex Smith, Crux Football ambitionne de créer un réseau de clubs féminins à travers l’Europe. Le club montpelliérain, devenu section féminine officielle du MHSC en 2001 sous l’impulsion de Louis Nicollin, un pionnier dans l’intégration des équipes féminines au sein de clubs professionnels masculins, représente un atout majeur. Les Féminines du MHSC ont à leur palmarès deux titres de championnes de France (D1 Féminine) et trois Coupes de France Féminine. Elles ont également été le premier club français à atteindre les demi-finales de la Ligue des champions féminines de l’UEFA (UWCL) en 2006.
Lors de la Conférence des affaires du Leaders Sports à Londres, Bex Smith a souligné les difficultés financières rencontrées par les clubs masculins français et leur impact sur le football féminin, souvent considéré comme un « actif en détresse » en raison de sa dépendance financière vis-à-vis des clubs masculins. Elle a expliqué que Crux Football souhaite créer des entités indépendantes, dotées d’une identité de marque forte.
« Ce que nous cherchons à construire, c’est de sortir les équipes féminines, de créer vraiment une identité de marque et de les considérer comme des entreprises indépendantes. »
Bex Smith, PDG et fondatrice de Crux Football
Smith a précisé que les données analysées par son entreprise confirment le potentiel de croissance du football féminin, même si elle se refuse à divulguer des détails précis. Elle estime que ces clubs peuvent générer des revenus significatifs et devenir des actifs précieux.
Crux Football prévoit de lever 50 millions de dollars américains (environ 46 millions d’euros) auprès d’investisseurs pour acquérir quatre autres équipes féminines en plus du MHSC. L’entreprise bénéficie du soutien de personnalités influentes du monde du sport, des médias et du capital-investissement, notamment Cindy Holland, présidente du direct à consommation (DTC) de Paramount, Julie Foudy, ancienne capitaine de l’équipe nationale féminine américaine, et Ted Knutson, fondateur et PDG de StatSbomb, spécialiste de l’analyse de données footballistiques.
Si le Royaume-Uni représente un marché intéressant, Smith a indiqué que les évaluations des clubs britanniques sont actuellement trop élevées. Elle a également souligné l’intérêt du modèle MCO, qui, selon elle, est particulièrement adapté au football féminin.
« MCO se sent comme un juron dans le jeu masculin. C’est un si bon exemple de montrer que le jeu féminin n’est pas le jeu masculin. Les structures sont complètement différentes… C’est un marché vraiment naissant, tandis que le jeu masculin est si bien établi. »
Bex Smith, PDG et fondatrice de Crux Football
D’autres groupes multi-clubs se développent également dans le football féminin, à l’image de Michele Kang, propriétaire de l’Olympique Lyonnais et d’autres clubs, ou de Mercury13, qui a récemment acquis Bristol City Women, rejoignant ainsi Como Women dans son portefeuille. Plus d’informations sur l’acquisition de Bristol City Women par Mercury13.
Smith estime que l’UEFA devra adapter ses réglementations pour tenir compte des spécificités du football féminin et éviter de reproduire les erreurs commises dans le football masculin. Elle insiste sur la nécessité d’investissements massifs pour permettre au football féminin de se développer pleinement.