Publié le 7 octobre 2025 à 15h43. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans les Caraïbes en déployant des chasseurs F-35 à Porto Rico, une décision qui intervient dans un contexte de tensions régionales, notamment avec le Venezuela.
- Les États-Unis ont déployé au moins cinq chasseurs F-35 à Porto Rico.
- Le Commandement Sud des États-Unis a diffusé des images de ces appareils en cours d’armement.
- Ce déploiement est perçu comme un signal de dissuasion et une capacité d’intervention accrue dans la région.
Dans le cadre de ses opérations dans les Caraïbes, les États-Unis ont récemment déployé des chasseurs F-35 à Porto Rico, a révélé l’agence Reuters le mois dernier. Le Commandement Sud des États-Unis a confirmé l’information en publiant vendredi dernier une vidéo sur le réseau social X (anciennement Twitter) montrant les premiers F-35 déployés sur l’île. Au moins cinq de ces avions sont déjà basés sur l’ancienne base de Roosevelt Roads, à Ceiba.
La vidéo diffusée par le Commandement Sud montre du personnel au sol chargeant des armements sur au moins un des F-35. On distingue notamment deux missiles air-air, dont un AIM-9X Sidewinder, ainsi qu’un missile air-air à moyenne portée AIM-120 AMRAAM. Un autre élément visible est une bombe guidée BLU-111 C/B de 500 livres (226 kg) équipée d’un système JDAM, qui en fait une arme guidée de précision.
Le personnel au sol charge une bombe sur un F-35 à Porto Rico. (X/@Southcom).
Selon des spécialistes, cette configuration d’armement suggère que les F-35 stationnés à Porto Rico ne sont pas uniquement destinés à l’interception aérienne, mais qu’ils disposent également de capacités d’attaque au sol. Le Commandement Sud a d’ailleurs utilisé les termes « létalité et combat » dans sa publication accompagnant la vidéo.
Le chasseur F-35 Lightning II, fabriqué par Lockheed-Martin, est un appareil de cinquième génération combinant furtivité, capteurs avancés, connectivité numérique et puissance de feu. Son design angulaire et son revêtement spécial lui permettent de se dissimuler aux radars, en faisant un outil d’attaque discret. Il est également capable de fusionner les données de plusieurs capteurs et de les transmettre au pilote en temps réel, améliorant ainsi sa connaissance de la situation.
Il existe trois variantes du F-35 : le F-35A (version conventionnelle à décollage et atterrissage standard), le F-35B (à décollage court et atterrissage vertical) et le F-35C (pour porte-avions). Le coût d’un F-35A s’élève à environ 80 millions de dollars US par unité, tandis que les versions B et C coûtent entre 100 et 110 millions de dollars chacune. Ces prix ne comprennent pas les coûts de maintenance, de formation, de logistique ou d’armement, qui peuvent porter le coût total d’exploitation sur toute la durée de vie d’un F-35 à plus de 150 millions de dollars.
Les États-Unis ne sont pas le seul pays à exploiter le F-35. Plus de 17 nations en ont déjà acquis ou sont en train d’en acquérir. Parmi elles figurent des alliés stratégiques tels que le Royaume-Uni, l’Italie, l’Australie, le Japon, Israël et la Norvège. Israël exploite une version modifiée, le F-35I « Adir », adaptée à ses besoins spécifiques.
Un F-35 de l’US Navy survole la haute mer près de Norfolk, en Virginie, le 5 octobre 2025. (Photo de SAUL LOEB / AFP).
Andrés Gómez de la Torre, spécialiste des questions de défense et de renseignement, a déclaré que le déploiement de chasseurs F-35 à Porto Rico a une double vocation : militaire et dissuasive. Il a souligné que ces avions, utilisés par Israël lors des récentes opérations contre le Hamas, les Houthis et le Hezbollah, sont capables de mener des attaques de haute précision, minimisant les dommages collatéraux.
« Dans le cas du Venezuela, les scénarios sont clairs. On joue actuellement une tactique de pression maximale pour voir si le régime de Maduro tombe. »
Andrés Gómez de la Torre, spécialiste des questions de défense et de renseignement
Il a ajouté que la justification du déploiement, centrée sur la lutte contre le trafic de drogue, est un prétexte qui dissimule une volonté plus large d’affaiblir, voire de renverser, le régime chaviste.
Jeudi, le ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino López, a annoncé avoir détecté cinq avions de combat américains volant à 75 kilomètres des côtes vénézuéliennes. « Nous n’avions jamais vu un tel déploiement d’avions de classe F-35, dont nous savons qu’ils sont stationnés à Porto Rico », a-t-il déclaré.
Nicolás Maduro s’exprime lors d’une conférence de presse avec les médias internationaux à l’hôtel Eurobuilding de Caracas, Venezuela, le 15 septembre 2025. (Photo de Federico PARRA / AFP).