Publié le 7 octobre 2025 17:23:00. La rencontre Estudiantes-Barracas Central a ravivé les controverses autour de l’arbitrage argentin et de la transparence du VAR, alimentant les soupçons de favoritisme envers l’équipe liée au président de l’AFA, « Chiqui » Tapia.
- Un but refusé à Estudiantes après plus de trois minutes d’examen VAR a déclenché l’indignation.
- L’AFA n’a pas publié les enregistrements audio de la VAR, une pratique habituelle dans les cas litigieux.
- Des clubs expriment régulièrement leur mécontentement face à des décisions arbitrales jugées injustes ou incohérentes.
La polémique entourant le match Estudiantes-Barracas Central a relancé le débat sur l’efficacité et la transparence du système d’arbitrage vidéo (VAR) en Argentine. Les décisions prises lors de cette rencontre, et plus particulièrement le refus d’un but à Estudiantes après une longue analyse VAR, ont suscité une vive contestation et ravivé les doutes quant à l’impartialité de l’arbitrage.
L’action litigieuse s’est produite lors du match disputé à La Plata. Après plus de trois minutes d’examen, l’arbitre a finalement invalidé le but d’Estudiantes, une décision qui a provoqué l’ire des joueurs, du staff technique et des supporters présents dans les tribunes. Des scènes de protestation ont éclaté, les joueurs encerclant l’arbitre pour obtenir des explications restées sans suite. Un autre incident, un possible coup de Bruera sur Rodríguez et une obstruction sur Muslera lors du but égalisateur de Barracas Central (1-1), n’a pas non plus été sanctionné par la VAR, malgré une vision claire de la situation.
L’absence de publication des enregistrements audio de la VAR par l’Association Argentine de Football (AFA) a exacerbé les tensions. Dans les affaires controversées, l’AFA a l’habitude de rendre ces enregistrements publics afin d’apporter de la clarté et de justifier les décisions prises. Cette fois-ci, le silence de l’AFA a été interprété comme une volonté de dissimuler des informations et a alimenté les soupçons de favoritisme.
« Nous voulons entendre ce qui a été dit, ce qu’ils ont vu et pourquoi cette décision a été prise »,
Un dirigeant de Pincha, après le match
Sur les réseaux sociaux, les supporters ont exprimé leur mécontentement à travers divers hashtags de protestation, tandis que les émissions sportives, dont La Redonda, ont ouvert le débat sur le manque de transparence de la VAR. La question centrale est de savoir pourquoi le VAR prend des décisions sans rendre de comptes au public.
Une histoire qui se répète
Le cas Estudiantes-Barracas Central n’est pas un incident isolé. Ces dernières semaines, plusieurs clubs ont exprimé leur mécontentement face à des décisions arbitrales qu’ils jugent injustes ou incohérentes. Des délais d’examen excessifs et des images d’analyse qui n’ont pas permis de dissiper les doutes ont également été pointés du doigt.
Barracas Central est régulièrement au centre de controverses. Des accusations de favoritisme à l’égard de l’équipe, souvent qualifiée d' »équipe du commissaire », ont déjà été formulées lors de précédentes rencontres, notamment contre Belgrano de Córdoba il y a une semaine. Cette répétition de situations suspectes alimente les soupçons et fragilise la crédibilité du système.
« Il ne s’agit pas d’une erreur isolée, mais d’une série d’erreurs qui semblent toujours lui profiter »,
Un ancien arbitre
Le VAR, entre promesse et méfiance
L’introduction de la VAR dans le football argentin avait pour objectif d’éliminer les erreurs arbitrales les plus flagrantes. Cependant, sa mise en œuvre locale est loin de correspondre aux standards internationaux. Le manque de technologies de pointe, des angles de caméra limités et, surtout, l’absence de protocoles de transparence ont transformé la VAR en un sujet de controverse aussi important que les erreurs qu’elle est censée corriger.
Selon un ancien arbitre de la FIFA, FIFA, « La VAR ne doit pas générer plus de doutes qu’elle n’en résout. Si les décisions sont justes, les enregistrements audio doivent être rendus publics immédiatement. Dans le cas contraire, la méfiance grandit et le système perd sa légitimité. »
La non-publication des enregistrements audio de la VAR après le match Estudiantes-Barracas Central a été le point de rupture. Dans d’autres ligues, comme la Premier League anglaise ou la Conmebol dans les compétitions internationales, les conversations entre les arbitres et leurs assistants sont diffusées afin d’expliquer les décisions prises. Cette pratique n’est pas encore institutionnalisée en Argentine.
L’AFA n’a publié aucun communiqué officiel, n’a fourni aucune explication sur la situation et n’a précisé aucune raison pour son silence. Ce vide a laissé un message fort : le sentiment que l’arbitrage argentin évolue sans perspective claire de transparence.
Répercussions et plaintes
L’indignation était palpable à La Plata. Joueurs, dirigeants et supporters ont exprimé un sentiment commun : la nécessité de règles claires et publiques. « La VAR est utile, mais mal appliquée, elle devient une arme dangereuse », a déclaré un membre de l’équipe à la fin du match.
Les analystes sportifs ont également été critiques, soulignant que sans une politique de communication transparente, le système perd son sens. « Le supporter argentin ne veut pas seulement que justice soit rendue, il veut comprendre ce qui s’est passé. Et la VAR, dans sa forme actuelle, ne lui apporte pas de réponses », ont-ils répété.
La question lancinante demeure : la VAR est-elle en train de détruire le football argentin ?
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