La situation humanitaire à Gaza se détériore, avec des nouveau-nés contraints de partager des équipements de survie essentiels, tandis que des accusations d’obstruction à l’acheminement d’aide médicale sont portées contre Israël. En parallèle, des négociations diplomatiques intenses se déroulent en Égypte et à Paris, avec l’implication de plusieurs acteurs internationaux, notamment les États-Unis.
L’UNICEF a alerté jeudi sur le refus répété d’Israël d’autoriser le transfert d’incubateurs depuis un hôpital évacué du nord de Gaza vers les établissements surchargés du sud de la bande. Selon James Elders, porte-parole de l’UNICEF, « Nous avons essayé de récupérer des incubateurs dans un hôpital qui a été évacué dans le nord, et quatre missions nous ont été refusées simplement pour récupérer ces incubateurs ». Cette situation force les hôpitaux du sud à faire face à une pression accrue, avec des bébés partageant des masques à oxygène.
Israël a fermement nié ces allégations. Le COGAT, la branche de l’armée israélienne chargée de superviser l’aide humanitaire, a qualifié les données de l’ONU de « catégoriquement fausses », affirmant que le transfert de matériel médical du nord vers le sud est facilité « conformément aux demandes des hôpitaux ».
Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’un cinquième de tous les nouveau-nés à Gaza sont désormais prématurés ou présentent une insuffisance pondérale, une conséquence directe du stress et de la malnutrition des femmes enceintes.
La situation à Gaza est également au cœur de discussions diplomatiques à plusieurs niveaux. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, devrait participer jeudi à une réunion à Paris réunissant des représentants européens, arabes et d’autres pays pour discuter de la transition post-Gaza, en marge des négociations en cours en Égypte entre Israël, le Hamas, les États-Unis et le Qatar.
Le président turc, Tayyip Erdogan, a révélé que le président américain Donald Trump lui avait demandé d’intervenir auprès du Hamas pour l’inciter à accepter son plan de paix en 20 points. « La paix n’est pas un oiseau avec une seule aile », a déclaré Erdogan. « Faire porter tout le fardeau de la paix sur le Hamas et les Palestiniens n’est pas une approche juste, correcte ou réaliste. »
En parallèle, les bombardements israéliens se poursuivent à Gaza, faisant au moins huit morts et 61 blessés au cours des dernières 24 heures, selon des sources sur place. Au moins une personne a été tuée près d’un site de distribution de nourriture dans le sud de la bande.
Les exportations d’armes britanniques vers Israël ont atteint un niveau record en 2025, s’élevant à près d’un million de livres sterling (environ 1,15 million d’euros) au cours des neuf premiers mois de l’année, selon un rapport de Channel 4. Ces exportations comprennent des bombes, des grenades, des missiles et des munitions.
Deux ans après le début de l’offensive israélienne et du siège de Gaza, lancés à la suite des attentats du Hamas le 7 octobre, plus de 67 000 personnes ont été tuées, dont au moins 19 000 enfants, selon les autorités locales.
Enfin, le ministre israélien d’extrême droite à la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’est rendu mercredi dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa pour prononcer un discours appelant à la « victoire » sur Gaza, un lieu saint pour les musulmans et les juifs.