Publié le 9 octobre 2025 à 23h19. Pour la première fois, Vladimir Poutine a reconnu que des missiles de défense aérienne russes ont accidentellement abattu un avion de ligne azerbaïdjanais en décembre 2024, un incident qui avait tendu les relations entre Moscou et Bakou.
- Vladimir Poutine a admis que des missiles russes ont abattu un avion d’Azerbaïdjan Airlines, causant la mort de 38 personnes.
- L’incident s’est produit alors que les défenses aériennes russes ciblaient un drone ukrainien.
- Poutine s’est engagé à indemniser les familles des victimes et à punir les responsables.
Lors d’une rencontre avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev à Douchanbé, au Tadjikistan, dans le cadre d’un sommet des anciennes nations soviétiques, Vladimir Poutine a présenté ses excuses pour cet « incident tragique ». Il a expliqué que l’avion Embraer190, qui décollait de Bakou à destination de Grozny, a été touché par des missiles tirés pour intercepter un drone ukrainien qui avait explosé à proximité. Selon Poutine, deux missiles ont explosé à seulement 10 mètres de l’appareil.
L’appareil azerbaïdjanais, transportant 67 personnes, avait tenté d’atterrir en urgence dans l’ouest du Kazakhstan avant de s’écraser, entraînant le décès de 38 passagers et membres d’équipage. Les autorités azerbaïdjanaises avaient immédiatement pointé du doigt les tirs russes comme cause de la catastrophe.
« La partie russe fera évidemment tout son possible pour fournir une compensation et donner une évaluation juridique aux actions de tous les responsables responsables »
Vladimir Poutine, président russe
Si Poutine avait présenté ses excuses quelques jours après le crash, il n’avait alors pas reconnu la responsabilité de la Russie. Aliev avait critiqué Moscou pour avoir tenté de minimiser l’incident. Jeudi, le président russe a souligné que cet événement, bien que tragique, ne saurait ramener à la vie les victimes.
Aliev a remercié Poutine pour avoir suivi personnellement l’enquête sur les causes du crash. Il a exprimé l’espoir que les messages envoyés lors de cette rencontre seraient bien reçus par les deux sociétés.
Cet incident avait fragilisé les relations entre Moscou et Bakou, déjà tendues par l’arrestation de citoyens azerbaïdjanais en Russie et de ressortissants russes en Azerbaïdjan. La Russie considère l’Azerbaïdjan comme un partenaire stratégique important, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. La Turquie, alliée de Bakou, est devenue un partenaire économique clé pour la Russie face aux sanctions occidentales.
L’Azerbaïdjan est un corridor de transport essentiel pour le commerce russe avec l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient. Ce pays riche en ressources énergétiques de la mer Caspienne achète également du pétrole et du gaz naturel à la Russie, tout en exportant ses propres hydrocarbures vers l’Occident. La Russie est, par ailleurs, le principal marché pour les fruits et légumes azerbaïdjanais et abrite une importante diaspora azerbaïdjanaise, estimée à près de deux millions de personnes.
Poutine a également profité de sa visite au Tadjikistan pour renforcer les relations avec ce pays d’Asie centrale, frontalier de l’Afghanistan et abritant une base militaire russe. Il a salué les liens étroits entre Moscou et Douchanbé, soulignant qu’un million de citoyens tadjiks travaillaient en Russie.
Lors d’un sommet avec les dirigeants des cinq pays d’Asie centrale, Poutine a réaffirmé l’intention de la Russie de renforcer son partenariat stratégique et son alliance avec ces pays, en approfondissant les liens politiques, économiques et humanitaires.