Publié le 10 octobre 2025 à 17h25. Un cessez-le-feu est entré en vigueur à Gaza après l’approbation par Israël d’un accord négocié avec le Hamas sous l’égide des États-Unis, une initiative personnelle du président Donald Trump. L’accord, dont les détails restent partiels et sujets à interprétation, ouvre une phase incertaine dans le conflit.
- Un cessez-le-feu est en vigueur entre Israël et le Hamas, négocié avec l’aide des États-Unis.
- Le texte de l’accord est incomplet et comporte des formulations ambiguës, notamment concernant la fin définitive des hostilités.
- La mise en œuvre complète du plan de l’administration Trump reste incertaine, avec des points de friction persistants sur le désarmement du Hamas et la gouvernance de Gaza.
L’accord, présenté comme les « Étapes de mise en œuvre de la proposition du président Trump pour une fin globale de la guerre à Gaza », a été approuvé par le gouvernement israélien après des négociations en Égypte. Si le texte intégral n’a pas été rendu public, des extraits ont été diffusés par les médias israéliens, révélant un document lacunaire et parfois imprécis.
Le titre même de l’accord laisse place à différentes interprétations, suggérant qu’il s’agit d’une première étape vers la mise en œuvre du plan en 20 points annoncé par le président Trump à la Maison Blanche la semaine dernière. L’accord prévoit un échange d’otages et de prisonniers, ainsi qu’une augmentation de l’aide humanitaire.
Cependant, le document contient des formulations fortes, affirmant explicitement que la guerre est terminée, ce qui pourrait préparer le terrain à des discussions sur les étapes ultérieures du plan de l’administration américaine pour Gaza. Cette interprétation suggère que même en cas d’impasse dans les négociations, les hostilités ne reprendraient pas.
Khalil Al-Hayya, chef du Hamas en exil à Gaza, a déclaré avoir reçu des assurances des États-Unis et d’autres médiateurs quant à la fin du conflit.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas confirmé publiquement la fin du conflit. Dans une vidéo diffusée après l’approbation de l’accord par son gouvernement, il a menacé de recourir à la force si les exigences d’Israël, notamment le désarmement du Hamas, n’étaient pas satisfaites.
« Si cela se fait facilement, tant mieux. Et sinon, cela se fera à la dure. »
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien
L’accord prévoit la création d’un groupe de travail composé de représentants des États-Unis, du Qatar, de l’Égypte, de la Turquie et d’autres pays, chargé de surveiller sa mise en œuvre et de signaler toute violation. Des responsables américains ont annoncé le déploiement de jusqu’à 200 soldats déjà présents au Moyen-Orient pour coordonner une force multinationale, une « Force internationale de stabilisation », dont la création n’est cependant pas encore acquise.
Cet accord représente une avancée diplomatique significative pour Donald Trump, qui souhaite marquer son nom comme celui qui a mis fin au conflit. Le président américain a utilisé son influence pour contraindre Netanyahu, accusé d’avoir saboté les efforts antérieurs, à s’engager dans les négociations. Le Hamas a quant à lui subi les pressions de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie, ainsi que le désespoir d’une population en quête d’aide.
Israël a lancé sa campagne militaire en réponse aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023, qui ont fait environ 1 200 morts, principalement des civils, et 251 otages. Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, les frappes israéliennes ont causé la mort de plus de 67 000 Palestiniens, en majorité des civils, dont plus de 18 000 enfants, et ont provoqué une crise humanitaire catastrophique.
La première phase de l’accord présidentiel semble être la plus simple à mettre en œuvre. Netanyahu était également soumis à une pression intérieure croissante, les sondages indiquant une majorité d’Israéliens favorables à un accord avec le Hamas et à la fin de la guerre. Le Hamas, de son côté, semblait considérer la détention des otages comme un fardeau, donnant à Israël un prétexte pour poursuivre les combats.
L’avenir reste incertain. Des progrès ne seront possibles que si l’administration Trump maintient son engagement, car Israël et le Hamas ont tous deux des raisons de bloquer le processus. Une dynamique positive est en place, mais des obstacles majeurs subsistent.