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La guerre Iran-Israël est terminée. Mais le monde arabe est aux prises avec ses conséquences

La trêve fragile entre l'Iran et Israël soulage les capitales arabes, mais révèle également une profonde inquiétude quant à l'évolution de la situation au Moyen-Orient. Si la désescalade est accueillie favorablement, les récentes tensions ont mis en lumière…

La guerre Iran-Israël est terminée. Mais le monde arabe est aux prises avec ses conséquences

La trêve fragile entre l’Iran et Israël soulage les capitales arabes, mais révèle également une profonde inquiétude quant à l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Si la désescalade est accueillie favorablement, les récentes tensions ont mis en lumière un malaise croissant face à la politique de puissance et à l’application sélective des normes internationales.

L’accord nucléaire iranien (JCPOA), conclu en 2015 avec l’administration Obama, avait suscité de vives critiques dans le Golfe. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn, notamment, y voyaient un aveu de légitimité envers un acteur qu’ils considéraient comme déstabilisateur, en raison de son soutien au régime de Bachar al-Assad en Syrie – un conflit dévastateur pour le monde arabe – et de son influence grandissante en Irak et au Liban. Le retrait américain de l’accord en 2018, sous l’administration Trump, avait été salué par ces mêmes États.

Cependant, la situation a évolué. Malgré leur scepticisme persistant envers Téhéran, les pays de la région se sont opposés à une escalade militaire directe avec l’Iran, et soutiennent désormais un retour à la négociation. Ce revirement n’est pas le signe d’une confiance retrouvée, mais plutôt une reconnaissance pragmatique des risques d’une guerre, particulièrement menée sous l’impulsion d’Israël et avec le soutien des États-Unis.

C’est pourquoi la réponse dans les capitales arabes aux frappes israéliennes et aux bombardements américains du 22 juin a été massivement négative. Cette opposition s’explique par deux facteurs principaux. Tout d’abord, ces actions ne sont pas isolées. Israël a mené, au cours des 20 derniers mois, une campagne militaire meurtrière et destructrice à Gaza, suite à l’attaque du Hamas du 7 octobre, qui a conduit à une plainte pour génocide devant la Cour internationale de Justice. Israël a également étendu sa présence militaire dans les hauteurs du Golan syrien occupé et a mené des frappes répétées au Liban, notamment au cours de la semaine dernière.

Même parmi les États les plus critiques envers l’Iran, on craint donc un Israël agissant en toute impunité. L’idée d’un nouvel ordre régional où Israël dicterait ses propres règles de sécurité à ses voisins est profondément rejetée, y compris par des gouvernements traditionnellement pro-occidentaux comme l’Arabie saoudite et la Jordanie.

Deuxièmement, les sociétés arabes dénoncent depuis longtemps l’application sélective des normes internationales par l’Occident. Cela inclut la guerre en Irak en 2003, la poursuite de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza, et plus récemment, la condamnation par les États-Unis de la procédure de la Cour internationale de Justice et les sanctions imposées aux juges de la CPI après l’émission de mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens. Il existe une perception que les grandes puissances occidentales protègent Tel Aviv de toute conséquence.

« L’ordre dit « fondé sur des règles » doit être incarné par les pays occidentaux, sinon la confiance dans ce projet s’effondrera complètement », soulignent des observateurs.

Le bombardement américain de l’Iran, utilisant le GBU-57 Massive Ordnance Penetrator – l’arme non nucléaire la plus puissante de l’arsenal américain – a créé un précédent dangereux. Malgré le comportement contestable de l’Iran dans la région, il n’y avait aucune menace imminente, aucune autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU et aucun consensus international pour justifier une telle action militaire.

La guerre directe entre l’Iran et Israël est, pour l’instant, terminée. L’impact sur le programme nucléaire iranien reste à évaluer par les analystes et les services de renseignement dans les semaines et les mois à venir. Mais cette crise pourrait marquer la fin d’une autre ère, celle où la force est censée faire le droit. Les conséquences de cette nouvelle donne sont encore incertaines, mais les répercussions risquent d’être considérables.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.