Publié le 14 octobre 2025 14:19:00. Une entrepreneuse normande se retrouve au cœur d’une bataille juridique inattendue avec le géant américain DC Comics, qui conteste le nom de son application de conseils aux parents, « Wondermum », le jugeant trop proche de celui de son célèbre super-héros, Wonder Woman.
- Lise Sobéron, fondatrice de l’application « Wondermum », a reçu une mise en demeure de DC Comics lui demandant de cesser d’utiliser ce nom.
- L’entreprise américaine estime que le nom « Wondermum » porte atteinte à ses droits de propriété intellectuelle sur la marque « Wonder Woman ».
- Lise Sobéron a lancé une collecte de fonds pour financer ses frais de justice et défendre son application.
L’histoire a commencé début avril lorsque Lise Sobéron, basée à Caen, en Normandie, a reçu une lettre d’avocats représentant DC Comics. La société de bandes dessinées et de films exigeait qu’elle abandonne l’utilisation du nom « Wondermum » pour son application de conseils familiaux, estimant qu’il était trop similaire à celui de Wonder Woman. « Quand j’ai reçu la lettre, j’ai d’abord cru à une blague de mes amis, pensant que c’était un poisson d’avril », raconte Lise Sobéron. « J’ai ensuite contacté le cabinet d’avocats et j’ai réalisé que c’était bien réel. »
L’application « Wondermum », lancée par cette ancienne conseillère financière de 43 ans, propose un annuaire d’activités et d’ateliers pour les familles de la région de Caen, ainsi qu’un espace de discussion et des conseils pratiques. Lise Sobéron, qui intervient également dans les écoles pour sensibiliser au harcèlement, est devenue une figure appréciée des parents et des enfants de la région. Elle insiste sur le fait que son application n’a rien à voir avec l’univers de Wonder Woman.
« La Wondermum de mon application ne porte pas de costume rouge, or et bleu, ni de coiffe », explique-t-elle. « Elle porte un T-shirt blanc, un jean bleu et des talons rouges. Notre logo est un hexagone rose et violet avec les lettres WM, et le mot ‘Wondermum’ est écrit en un seul mot, avec l’orthographe britannique de ‘maman’, contrairement à ‘mom’ en américain. » Elle ajoute avec un sourire : « Pour autant que je sache, DC Comics ne détient pas le mot ‘merveille’. J’aurais pu l’appeler Maman Merveilleuse, mais ça n’aurait pas eu la même sonorité. »
L’idée du nom « Wondermum » est née d’un hommage à son père, Lounis, décédé en 2020 à l’âge de 36 ans des suites de la maladie de Charcot, une maladie neurodégénérative rare. « C’est ma fille de 11 ans, Lou, qui a trouvé ce nom en son honneur », confie Lise Sobéron. « Elle m’a dit que j’étais une vraie maman miracle, un vrai super-héros, et meilleure qu’un personnage de dessin animé parce que j’existe. Comment puis-je changer le nom après ça ? »
La bataille juridique s’annonce coûteuse. Lise Sobéron estime qu’un changement de nom et de design de l’application lui coûterait entre 20 000 et 30 000 € (environ 17 500 à 26 000 £). Elle a donc lancé une collecte de fonds en ligne pour couvrir ses frais d’avocat. « Au début, j’hésitais à demander de l’aide, c’était une question de fierté », explique-t-elle. « Mais maintenant, tout ce que je gagne est consacré aux frais juridiques. »
Selon son avocate, Anne-Laure Boileau, DC Comics reproche à Lise Sobéron d’avoir déposé et utilisé une marque similaire à celle de Wonder Woman, une marque détenue par Warner Bros. « La seule similitude est le préfixe ‘merveille’, explique Maître Boileau. Au-delà de cela, il n’y a aucune ressemblance visuelle ou graphique, et surtout, il s’agit de concepts totalement différents. »
Le cabinet parisien Beau de Loménie, représentant DC Comics, n’a pas répondu aux sollicitations du Guardian. Cependant, l’avocat en charge du dossier a déclaré au Parisien en avril qu’il s’agissait d’une affaire de violation des droits de propriété intellectuelle et que DC Comics souhaitait parvenir à un accord amiable.
Lise Sobéron, quant à elle, se dit déterminée à défendre son application. « Je ne sais vraiment pas pourquoi ils en sont arrivés là », dit-elle. « C’est une véritable bataille de David contre Goliath, et j’espère pouvoir la gagner. »
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