Home MondeUne veuve israélienne se plaint : le Hamas ne restituera pas le corps de mon mari | Nouvelles

Une veuve israélienne se plaint : le Hamas ne restituera pas le corps de mon mari | Nouvelles

by Clara Dubois

Publié le 16 octobre 2024 à 20:49:00. Alors que la remise de plusieurs otages par le Hamas à Israël suscite un espoir fragile, les familles de victimes décédées se heurtent à un silence déchirant : la restitution de leurs proches est bloquée, les plongeant dans une attente insoutenable.

  • Le Hamas a restitué seulement huit corps de 28 otages décédés, malgré un accord en cours.
  • Tal Chaimi, 41 ans, a été tué en défendant son kibboutz le 7 octobre 2023 et son corps a été emmené à Gaza.
  • Sa veuve, enceinte au moment de sa mort, attend toujours la restitution de son corps pour pouvoir lui dire adieu.

La joie ressentie en Israël lundi, suite à la libération de 20 otages survivants par le Hamas, est tempérée par une réalité amère. Si cet accord représente un pas en avant, il ne se traduit pas par la restitution des corps de tous les otages décédés. À ce jour, seulement huit dépouilles sur les 28 ont été rendues aux familles, laissant de nombreuses proches dans l’incertitude et le désespoir.

« Le Hamas veut nous priver même du dernier hommage à nos maris », témoigne une veuve, la voix brisée par la douleur. Ce sentiment d’injustice et de cruauté est partagé par de nombreuses familles qui aspirent à un minimum de dignité pour leurs disparus.

Tal Chaimi, 41 ans, est l’une de ces victimes. Il vivait au kibboutz Nir Yitzhak, dans le sud d’Israël, lorsqu’il a été pris pour cible lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Ce matin-là, une sirène a retenti, alertant les habitants du kibboutz. Lorsque l’intrusion de terroristes a été confirmée, Tal a enfilé un casque, a saisi une arme et est sorti pour défendre sa communauté. Il a alors demandé à sa femme, enceinte de leur quatrième enfant, et à leurs trois autres enfants, Nir, Einav et Udi, de se réfugier dans l’abri.

Téléphone localisé à Gaza

« Il faisait partie de l’équipe d’intervention d’urgence du kibboutz. J’ai pu parler avec lui pendant un certain temps, mais à partir de midi, je ne l’ai plus joint », raconte Ela Chaimi, la voix tremblante. « Lorsque l’armée est arrivée le soir, mon mari avait disparu. Son téléphone a ensuite été localisé dans la bande de Gaza. Nous avons alors gardé l’espoir qu’il soit encore en vie. J’ai montré à mes enfants sur Google où se trouvait leur papa. J’ai appelé mes parents et leur ai annoncé que Tal avait été enlevé et que j’étais enceinte. Ils n’étaient pas au courant de ma grossesse. »

La famille de Tal espère que le Hamas respectera l’accord et restituera également son corps.

La famille de Tal espère que le Hamas respectera l’accord et restituera également son corps.

Photo: bringthemhomenow.net

Deux mois plus tard, la confirmation du décès

L’espoir de la famille s’est évanoui deux mois après l’enlèvement de Tal. Ela a reçu un appel de l’armée israélienne lui annonçant que son mari avait été tué le 7 octobre et que son corps avait été emmené à Gaza par les terroristes. Pour lui rendre hommage, la famille et les amis de Tal ont organisé des funérailles où un casque vide a été placé dans le cercueil, symbole poignant de sa disparition.

« L’un de mes enfants me dit encore aujourd’hui que son père est vivant et qu’il reviendra un jour », confie Ela Chaimi. Elle a donné naissance à son quatrième enfant, un garçon nommé Lotan, en mai 2024.

« J’espérais que le corps de Tal serait rendu maintenant, afin que nous puissions enfin tourner la page », dit-elle. Mais l’attente déchirante pour un dernier adieu à son mari et père de famille semble ne pas connaître de fin.

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