Publié le 16 octobre 2025 à 20h04. Les autorités françaises ont arrêté quatre hommes soupçonnés de préparer un attentat contre Vladimir Osechkin, militant russe exilé en France et connu pour ses dénonciations de la torture et de la corruption dans les prisons russes. L’enquête, ouverte par le Parquet national antiterroriste (PNAT), s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et les pays occidentaux.
- Quatre hommes, âgés de 26 à 38 ans, ont été interpellés lundi dans le cadre d’une enquête antiterroriste.
- Les suspects, pour la plupart originaires du Daghestan (une république de la Fédération de Russie), auraient mené des opérations de reconnaissance autour de la résidence de Vladimir Osechkin à Biarritz.
- La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) suspecte une possible implication des services de renseignement russes dans cette affaire.
Vladimir Osechkin, fondateur de l’ONG Gulagu.net, vit en France depuis 2015. Il est devenu une figure de proue de la lutte contre la torture et les abus en milieu carcéral en Russie, notamment grâce à la publication de vidéos témoignant des conditions de détention. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, il a également aidé des soldats russes à faire défection vers l’Europe occidentale.
Selon le journal Le Parisien, les enquêteurs cherchent désormais à déterminer les motivations exactes des suspects et à identifier d’éventuels commanditaires. La DGSI a fait état d’une multiplication des actions violentes attribuées à des services de renseignement étrangers, notamment russes et algériens.
« Il est évident que s’il n’y avait pas eu un service de sécurité aussi professionnel et compétent, les assassins du président russe Vladimir Poutine m’auraient tué depuis longtemps. »
Vladimir Osechkin, militant russe
Vladimir Osechkin avait déjà fait état d’une tentative d’assassinat à son domicile de Biarritz en 2022 et bénéficie depuis d’une protection policière renforcée. L’ONG Gulagu.net a publié en 2021 des vidéos choquantes de torture dans les prisons russes, accompagnées de témoignages de victimes et de tortionnaires, ce qui avait conduit à l’ouverture d’une enquête par les autorités russes.
Selon Le Parisien, l’aide apportée par Osechkin aux déserteurs russes est rémunérée, ce qui suscite la méfiance d’une partie de la communauté russe des défenseurs des droits de l’homme.