Publié le 17 octobre 2025 17:57:00. Une étude alarmante de l’UNESCO révèle que près de la totalité des sites classés au patrimoine mondial sont déjà affectés par les événements climatiques extrêmes, tandis que de nouvelles restrictions chinoises sur les terres rares menacent les chaînes d’approvisionnement technologiques mondiales.
- Près de 98 % des sites de l’UNESCO ont subi au moins un événement climatique extrême depuis l’an 2000.
- La Chine impose de nouvelles restrictions sur l’exportation de minéraux de terres rares, essentiels à l’industrie technologique.
- Des vagues de chaleur plus fréquentes et intenses pourraient toucher de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables d’ici 2100.
Une première évaluation mondiale de la biodiversité et du climat, menée par l’UNESCO, met en lumière l’ampleur des dégâts causés par le changement climatique sur les sites naturels et culturels les plus précieux de la planète. L’étude révèle que 98 % des plus de 2 200 sites, réserves de biosphère et géoparcs du patrimoine mondial, ont été touchés par des phénomènes météorologiques extrêmes tels que des incendies de forêt, des sécheresses et la fonte des glaciers depuis l’an 2000. Pour mieux suivre ces impacts, l’UNESCO a lancé un nouveau programme, le Navigateur de sites, une plateforme géospatiale intégrant plus de 40 ensembles de données pour une analyse en temps réel.
Les projections sont préoccupantes : si les températures mondiales augmentent de seulement 1 °C d’ici 2050, l’exposition aux événements climatiques extrêmes pourrait tripler. L’étude souligne également que tous les glaciers africains pourraient disparaître d’ici le milieu du siècle. Environ 20 % des sites de l’UNESCO se situent sur des terres et territoires autochtones, ce qui affecte près de 1,2 milliard de personnes qui dépendent de ces zones pour leur subsistance, leur culture et leur alimentation.
Parallèlement, la Chine a mis en place des restrictions strictes sur l’exportation de minéraux de terres rares, des éléments cruciaux pour la fabrication de puces informatiques, de véhicules électriques et d’armements. Pékin exige désormais que les entreprises du monde entier obtiennent son autorisation pour commercialiser ces matériaux, même en dehors de ses frontières. Cette mesure, qui rappelle les restrictions américaines de 2020 sur les exportations vers Huawei, démontre la capacité de la Chine à contrôler les chaînes d’approvisionnement mondiales, d’autant plus qu’elle domine la production de ces minéraux. Pourquoi la domination chinoise des terres rares persiste, une analyse du New Security Beat, explore les raisons de cette position dominante.
Ces nouvelles restrictions suscitent l’inquiétude des entreprises américaines, européennes, japonaises, indiennes et sud-coréennes, qui craignent des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et s’inquiètent des informations détaillées exigées par Pékin. Bien que la Chine ait investi massivement dans le développement de son industrie nationale de puces, les États-Unis pourraient mettre plusieurs années à relancer leur propre production de terres rares, créant ainsi une vulnérabilité stratégique qui donne à la Chine un avantage en matière de négociation.
Enfin, une étude de l’Associated Press révèle que le nombre de journées extrêmement chaudes devrait augmenter de près de deux mois par an d’ici la fin du siècle, avec des conséquences inégales. Les petits États insulaires, comme les îles Salomon, les Samoa et le Panama, seront les plus touchés (le Panama pourrait connaître 149 jours de chaleur supplémentaire), alors qu’ils ne contribuent qu’à 1 % des émissions de gaz à effet de serre. Les principaux pollueurs, tels que les États-Unis, la Chine et l’Inde, pourraient quant à eux connaître seulement 23 à 30 jours de chaleur supplémentaire, bien qu’ils soient responsables de 42 % du dioxyde de carbone atmosphérique. Les vagues de chaleur actuelles sont déjà plus probables et plus intenses, et pourraient devenir encore plus extrêmes d’ici la fin du siècle si des mesures climatiques ambitieuses ne sont pas prises. La prochaine vague féministe : la chaleur, un article du New Security Beat, explore les impacts disproportionnés des vagues de chaleur sur les femmes.
Sources : Associated Press ; Mongabay ; Le New York Times ; UNESCO