Portland, dans l’Oregon, a trouvé une réponse singulière à la présence accrue des forces fédérales et aux accusations lancées par l’administration Trump : l’humour et le dérision, incarnés par des costumes gonflables extravagants. Face à la répression, les manifestants privilégient la moquerie plutôt que la confrontation directe.
Le samedi 11 octobre, les tensions ont atteint un nouveau point culminant avec au moins dix arrestations et l’utilisation massive de munitions non létales contre les manifestants pacifiques rassemblés devant les installations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Malgré cette escalade de la force, les protestataires n’ont pas fléchi, continuant à déployer des tactiques créatives pour défier les autorités.
Cette stratégie de résistance décalée a déjà eu des moments notables. Lors d’une visite de la gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem, aux locaux de l’ICE à Portland, une personne déguisée en poulet a interrompu sa conférence de presse. Suite à cet incident, Mme Noem s’est rendue à la Maison Blanche pour accuser les élus démocrates de « dissimulation du terrorisme », des allégations fermement rejetées par le maire de Portland, Keith Wilson, et la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek.
Parallèlement à l’intensification des accusations d’activités terroristes liées à Antifa, les agents fédéraux ont redoublé d’efforts pour disperser les manifestants, utilisant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Ces interventions sont souvent filmées par les forces de l’ordre elles-mêmes. Les protestataires, quant à eux, répondent par des rassemblements colorés, avec des costumes de grenouilles, de chiens et autres créatures gonflables.
La créativité des manifestants ne connaît pas de limites. Outre la Portland Frog Brigade, un groupe de protestataires a organisé une balade à vélo nue, qui a particulièrement irrité le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson. L’objectif affiché est clair : déstabiliser Donald Trump en maintenant une atmosphère singulière à Portland.
« Je n’ai jamais été aussi fier de Portland », a déclaré un manifestant déguisé en Bob l’éponge. « Il y a un pouvoir dans la moquerie… C’est un outil étonnamment efficace pour lutter contre, je veux dire, le fascisme manifeste. »
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