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Pourquoi l’acquisition d’avions chinois « survoltés » pourrait-elle être un désastre politique pour l’Indonésie ? OPED

Publié le 19 octobre 2025 14h48. L’Indonésie confirme l’acquisition de 42 avions de combat chinois Chengdu J-10C pour plus de 9 milliards de dollars, une décision qui pourrait remettre en question les perspectives d’achat de nouveaux Rafale français…

Pourquoi l’acquisition d’avions chinois « survoltés » pourrait-elle être un désastre politique pour l’Indonésie ? OPED

Publié le 19 octobre 2025 14h48. L’Indonésie confirme l’acquisition de 42 avions de combat chinois Chengdu J-10C pour plus de 9 milliards de dollars, une décision qui pourrait remettre en question les perspectives d’achat de nouveaux Rafale français et témoigne d’une stratégie de diversification militaire.

  • L’Indonésie va prochainement acquérir 42 avions de combat J-10C auprès de la Chine.
  • Un budget de plus de 9 milliards de dollars a été approuvé pour cet achat.
  • Cette décision pourrait influencer les futures commandes de Rafale français, malgré un contrat existant pour 42 appareils.

Jakarta a confirmé son intention d’acquérir 42 avions de combat multirôles Chengdu J-10C auprès de la Chine, une annonce qui pourrait avoir des répercussions sur les perspectives d’acquisition de nouveaux avions de combat Rafale par l’Indonésie. Le ministre de la Défense, Sjafrie Sjamsoeddin, a déclaré que la livraison des appareils est imminente, précisant que « ils survoleront bientôt Jakarta ».

Le ministre des Finances, Purbaya Yudhi Sadewa, a confirmé l’approbation d’un budget de plus de 9 milliards de dollars (environ 8,3 milliards d’euros) pour cet achat d’avions de 4,5e génération. « Tout devrait être prêt », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il vérifierait le calendrier précis de livraison depuis Pékin.

Cette acquisition représente une victoire significative pour l’industrie de défense chinoise, qui n’avait jusqu’à présent exporté le J-10 qu’une seule fois, vers le Pakistan. Elle soulève également des interrogations quant à l’impact sur le programme de modernisation de l’armée de l’air indonésienne, qui comprend déjà un contrat pour 42 chasseurs Dassault Rafale F4, dont les livraisons doivent débuter en 2026.

L’Indonésie cherche à remplacer ses anciens appareils, notamment les F-16A/B américains et les Su-27/30 russes, et à renforcer ses capacités dans la région Indo-Pacifique, où les tensions persistent en mer de Chine méridionale. Les Rafale, réputés pour leur avionique avancée et leur polyvalence, étaient destinés à constituer l’épine dorsale de la future flotte indonésienne.

Le J-10C, surnommé « Dragon vigoureux », est un chasseur de quatrième génération équipé d’un radar actif à balayage électronique (AESA), de missiles air-air avancés tels que le PL-15, et compatible avec une large gamme de munitions à guidage de précision. Des pilotes indonésiens devraient suivre une formation en Chine, et les avions pourraient être livrés avant les Rafale, comblant ainsi des lacunes immédiates en termes de capacités.

Certains analystes estiment que le choix du J-10C pourrait être lié à des considérations budgétaires et à des performances perçues comme supérieures. Des affirmations circulent sur les réseaux sociaux et les forums de défense, suggérant que les J-10CE pakistanais auraient démontré une supériorité lors du conflit indo-pakistanais de mai 2025, en abattant des avions indiens, dont des Rafale. Bien que ces allégations restent non vérifiées et contestées par les sources indiennes, elles ont alimenté le débat sur le rapport qualité-prix du J-10.

Des sources de renseignement françaises accusent même la Chine d’orchestrer des campagnes de désinformation via ses ambassades pour nuire aux ventes du Rafale, en diffusant des informations exagérées sur les vulnérabilités de l’appareil. Si ces accusations sont avérées, cela pourrait révéler une stratégie de sabotage concurrentiel sur le marché mondial de l’armement.

Sur le plan géopolitique, cet accord s’inscrit dans la politique étrangère non alignée de l’Indonésie, qui cherche à équilibrer ses relations avec les puissances occidentales, la Russie et la Chine. Le Rafale, malgré son succès commercial en Inde, aux Émirats arabes unis et en Égypte, est confronté à une concurrence accrue de la part d’alternatives moins coûteuses comme le J-10 et le JF-17 Thunder.

Avions de combat JF-17 de l’armée de l’air pakistanaise lors de l’exercice naval multinational AMAN-25 dans la mer d’Oman, le 10 février 2025. (Photo par Asif HASSAN / AFP)

La flotte indonésienne, qui comprend désormais des appareils américains, russes, français et potentiellement coréens KF-21 et turcs KAAN, témoigne d’une approche pragmatique en matière de défense, mais pourrait également poser des défis logistiques. L’Indonésie pourrait finalement renoncer à commander d’autres Rafale.

Cette décision reflète des tendances plus larges en matière d’approvisionnement militaire : l’augmentation des coûts, la convergence technologique entre les différents modèles et l’influence du soft power et de la propagande. Pour la Chine, cet accord constitue une étape importante, renforçant ses capacités d’exportation et remettant en question la domination occidentale en Asie du Sud-Est. Pour la France, cela rappelle que même les plateformes établies comme le Rafale doivent faire face à un marketing agressif et à des considérations géopolitiques.

« Nombre de ces récits reflètent les campagnes régionales passées observées sur les plateformes chinoises et russes : des messages très émotifs et ciblés qui ont été reconditionnés et localisés pour influencer l’opinion sur les marchés stratégiques. »

Yeta Purnama et Muhammad Zulfikar Rakhmat, chercheurs au CELIOS

« L’achat d’armes et d’équipements auprès de sources multiples serait une approche raisonnable pour mieux protéger la sécurité nationale de l’Indonésie, plutôt que de « mettre tous les œufs dans le même panier ». Le J-10 a acquis une reconnaissance internationale, notamment après l’affrontement indo-pakistanais… [il est] une option rentable avec une capacité de détection radar exceptionnelle et de puissants missiles air-air. »

Zhang Junshe, expert chinois des affaires militaires

« Au lieu d’acheter 42 avions de combat Rafale supplémentaires à la France, le gouvernement indonésien a choisi d’acheter 42 chasseurs J-10C à la Chine dans le cadre d’un accord de 9 milliards de dollars. Le changement de Jakarta ferait suite au conflit indo-pakistanais de mai 2025, où les J-10CP de l’armée de l’air pakistanaise se sont entraînés avec le Rafale de pilotes qataris – se sont révélés supérieurs aux Rafale indiens en combat aérien. »

Babak Taghvaee, analyste de la défense et de la sécurité

« L’Indonésie est un pays très intéressant. Ils veulent tout acheter, qu’il s’agisse de F-15EX, de KAAN, de Rafale ou de J-10C, et ont même manifesté leur intérêt pour l’acquisition de chasseurs furtifs F-35. Malheureusement, la politique de non-alignement de l’Indonésie ne parvient pas à s’aligner sur ses objectifs militaires, ce qui entraîne une fragmentation de l’armée de l’air. Faire fonctionner autant d’avions différents en provenance de différents pays pourrait être un cauchemar logistique pour le pays. »

Nitin J Ticku, expert en défense et rédacteur en chef du EurAsian Times

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.