Publié le 20 octobre 2025 à 00h40. Lors du deuxième débat télévisé organisé par RTL, les échanges ont été vifs entre les chefs de parti, notamment sur les questions de santé et d’immigration, à quelques jours des élections.
- Frans Timmermans (GroenLinks-PvdA) a accusé Rob Jetten (D66) de mentir sur les possibilités de remboursement de nouveaux médicaments par l’assurance maladie de base.
- Les partis s’accordent sur la nécessité de lutter contre les abus liés à la migration de main-d’œuvre, mais divergent sur les solutions.
- Le ton du débat s’est durci à l’approche du scrutin, avec des attaques personnelles entre les différents leaders politiques.
L’accusation la plus virulente est venue de Frans Timmermans, qui a déclaré :
« Je suis désolé de le dire, mais M. Jetten est juste là et plaisante. »
Frans Timmermans, leader de GroenLinks-PvdA
. Cette pique faisait suite à une déclaration de Rob Jetten, qui estimait qu’il existait encore une marge de manœuvre pour rembourser de nouveaux traitements, notamment contre le cancer, via l’assurance maladie de base. Selon Timmermans, cette affirmation était infondée.
Timmermans a insisté en affirmant :
« Vous avez verrouillé le package de base. Rien n’est autorisé. C’est écrit noir sur blanc. »
Frans Timmermans, leader de GroenLinks-PvdA
. Jetten a vivement réagi à cette accusation de mensonge, dénonçant une tentative d’attiser la peur. Il a également fait référence aux propos de Geert Wilders, qu’il accuse de semer la peur quotidiennement.
La discussion a porté sur l’augmentation des coûts des soins de santé, la question de la franchise et les traitements qui devraient être pris en charge par l’assurance de base. Jetten a exprimé son souhait de revoir les remboursements des traitements inefficaces, estimant qu’il était essentiel de garantir l’accès aux nouveaux médicaments.
Cependant, les calculs du Bureau central du Plan (CPB) contredisent cette position. D66 avait en effet indiqué au CPB qu’il ne prévoyait pas d’ajouter de nouveaux traitements au forfait de base. Selon le CPB, cette décision permettrait d’économiser 500 millions d’euros sur cinq ans, avec un bénéfice potentiel à long terme de 7,7 milliards d’euros.
L’attaque de Timmermans contre Jetten était prévisible, compte tenu de la dynamique actuelle des sondages. D66 gagne du terrain et pourrait siphonner des voix à GroenLinks-PvdA. Jetten a répliqué en accusant Timmermans d’avoir également présenté au CPB des plans différents de ceux inscrits dans son programme électoral.
Dans son programme, GroenLinks-PvdA promet de supprimer la franchise dans le domaine des soins de santé, mais les calculs du CPB révèlent que le parti envisage seulement de la diviser par deux.
D66, quant à lui, maintient la franchise à un maximum de 385 euros par an. Jetten estime que la suppression ou la réduction de la franchise entraînerait des listes d’attente plus longues, car davantage de personnes auraient recours aux soins. Il privilégie une aide ciblée aux personnes atteintes de maladies chroniques et aux personnes handicapées pour couvrir leurs frais de santé.
Sur le thème de la migration de main-d’œuvre, un consensus s’est dégagé sur la nécessité de lutter contre les abus, tels que l’exploitation, les logements insalubres et la précarité des travailleurs migrants. Jimmy Dijk (SP) a reproché aux autres partis de ne pas avoir agi assez tôt pour endiguer ces problèmes :
« Vous n’avez rien fait, alors que ces gens sont exploités, abandonnés et mis à la rue depuis des années. »
Jimmy Dijk, leader du SP
Dilan Yesilgöz (VVD) a reconnu que son parti avait longtemps pensé que le marché résoudrait le problème. Comme le CDA et JA21, elle souhaite inciter les employeurs à automatiser davantage leurs processus, afin de réduire la dépendance à la main-d’œuvre migrante à bas salaire.
JA21 va même plus loin, proposant de restreindre la libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne pour limiter la migration de main-d’œuvre. La manière dont Joost Eerdmans, le chef du parti, compte mettre en œuvre cette mesure reste floue, car une telle restriction nécessiterait une modification des traités européens, un processus long et complexe.
Le débat de RTL a réuni les six partis les plus représentés dans les sondages du début du mois. Wilders (PVV) ayant annulé sa participation, Jimmy Dijk (SP) a été autorisé à le remplacer, ce qui l’a ravi :
« Merci. Continuez comme ça. »
Jimmy Dijk, leader du SP
, a-t-il déclaré à Wilders via la caméra au début de l’émission.
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