Publié le 20 octobre 2025 à 15h20. Plus de 50 organisations de la société civile exhortent l’ASEAN et l’Union européenne à renforcer leur coopération en matière de droits humains, alors que l’espace civique se rétrécit et que les défis environnementaux s’intensifient dans les deux régions.
À l’issue du 4e Forum de la société civile ASEAN-UE, qui s’est tenu à Kuala Lumpur (Malaisie) les 13 et 14 octobre 2025, en marge du 6e dialogue politique ASEAN-UE sur les droits de l’homme, 52 organisations de la société civile (OSC) ont publié une série de recommandations visant à consolider un partenariat plus inclusif et responsable entre les deux blocs régionaux. Les OSC soulignent l’urgence d’une action concertée face à la dégradation de l’espace civique, à la crise environnementale et aux atteintes aux droits fondamentaux.
Les organisations insistent sur la nécessité de dépasser une vision des OSC comme simples exécutantes de projets pour les reconnaître comme des partenaires stratégiques et des leaders d’expertise. Elles plaident pour une officialisation du Forum de la société civile ASEAN-UE, afin d’en faire un mécanisme permanent de dialogue intergénérationnel, de consultation et de suivi des engagements en matière de droits humains et de développement durable.
Parmi les recommandations clés, les OSC demandent que les droits humains soient intégrés de manière mesurable et opérationnelle dans les indicateurs, les priorités de coopération et les cadres de financement de l’ASEAN et de l’UE. Elles appellent également à garantir un accès ouvert, transparent et inclusif à l’information concernant les décisions et les consultations régionales et nationales, afin de permettre une participation significative de la société civile.
La protection des défenseurs des droits humains est une priorité. Les organisations demandent à l’ASEAN d’établir une reconnaissance juridique et des mécanismes de protection spécifiques pour ces acteurs, incluant des systèmes d’alerte précoce et des canaux sûrs pour signaler les menaces et les représailles. L’UE est invitée à renforcer ses propres mécanismes de protection et à forger des partenariats avec l’ASEAN pour une compréhension commune du statut et du rôle des défenseurs des droits humains.
Face à l’urgence climatique, les OSC encouragent le soutien aux initiatives menées par les jeunes et les communautés locales en matière d’action climatique, de justice sociale et de démocratie numérique. Elles soulignent l’importance d’une reconnaissance commune du rôle vital des défenseurs des droits humains environnementaux, y compris des peuples autochtones et de leurs savoirs traditionnels. Elles préconisent également l’établissement d’une politique de transition énergétique juste, qui protège les droits de l’homme et de l’environnement, et la mise en œuvre d’une diligence raisonnable obligatoire en matière de droits de l’homme et d’environnement pour garantir une conduite responsable des entreprises.
Enfin, les organisations insistent sur la nécessité d’établir des mécanismes de plainte accessibles, réactifs et transparents au sein de l’ASEAN et de l’UE, afin de permettre aux communautés affectées d’obtenir réparation. Elles plaident pour une collaboration renforcée entre les mécanismes régionaux des droits de l’homme et les institutions de promotion de l’égalité, ainsi qu’une amélioration de l’accès à la justice pour les victimes d’abus en entreprise.