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Sanae Takaichi nomme seulement deux femmes au cabinet après être devenue la première femme Premier ministre du Japon | Japon

Publié le 21 octobre 2025 à 11h49. Sanae Takaichi a marqué l'histoire en devenant la première femme Premier ministre du Japon, mais son cabinet, composé à seulement deux femmes, soulève des questions sur les progrès réels en matière…

Sanae Takaichi nomme seulement deux femmes au cabinet après être devenue la première femme Premier ministre du Japon | Japon

Publié le 21 octobre 2025 à 11h49. Sanae Takaichi a marqué l’histoire en devenant la première femme Premier ministre du Japon, mais son cabinet, composé à seulement deux femmes, soulève des questions sur les progrès réels en matière d’égalité des sexes dans le pays.

  • Sanae Takaichi a été élue Première ministre par les députés le 21 octobre 2025.
  • Son cabinet de 19 membres ne compte que deux femmes : Satsuki Katayama, nommée ministre des Finances, et Kimi Onoda, ministre de la Sécurité économique.
  • Malgré ses promesses de parité, la composition du gouvernement de Takaichi reflète la sous-représentation persistante des femmes dans la politique japonaise.

L’accession de Sanae Takaichi au poste de Premier ministre représente un tournant symbolique pour le Japon, un pays où les femmes sont traditionnellement sous-représentées aux plus hautes sphères du pouvoir. Cependant, la composition de son gouvernement, annoncée quelques heures seulement après son élection, a rapidement tempéré cet enthousiasme. Si Satsuki Katayama a fait l’histoire en devenant la première femme à occuper le poste de ministre des Finances, et que Kimi Onoda a été nommée ministre de la Sécurité économique, ces deux nominations ne suffisent pas à refléter l’engagement de Takaichi envers une représentation féminine équitable.

Lors de sa campagne, Takaichi avait promis de s’inspirer des modèles nordiques, comme l’Islande, la Finlande et la Norvège, où la présence féminine au sein des gouvernements est nettement plus élevée. En Islande, six des onze membres du gouvernement sont des femmes, dont la Première ministre Kristrún Frostadóttir. La Finlande compte également onze femmes parmi ses dix-neuf ministres. Le gouvernement précédent, dirigé par Shigeru Ishiba, comptait déjà deux femmes, un record égalé par Takaichi, mais inférieur aux chiffres observés sous la direction de Fumio Kishida.

Au-delà de la composition de son cabinet, les positions politiques de Takaichi suscitent également des interrogations. L’élue, membre du Parti libéral-démocrate (PLD) et fervente défenseure d’une ligne dure en matière de défense, a exprimé son souhait de sensibiliser le public aux questions de santé des femmes, notamment la ménopause, et a évoqué son expérience personnelle. Elle s’inscrit dans la lignée de son modèle politique, Margaret Thatcher, et devrait adopter un conservatisme social marqué.

Takaichi s’oppose notamment à toute révision de la loi datant du XIXe siècle qui impose aux couples mariés d’utiliser le même nom de famille, estimant que permettre aux femmes de conserver leur nom de jeune fille porterait atteinte aux valeurs familiales traditionnelles. Elle est également opposée à la modification des lois successorales pour permettre aux femmes membres de la famille impériale de devenir impératrices régnantes. Bien qu’elle se soit prononcée contre la discrimination envers les personnes LGBTQ+, elle reste opposée au mariage homosexuel.

La sociologue Chizuko Ueno a exprimé son scepticisme quant à l’impact réel du leadership de Takaichi sur l’égalité des sexes au Japon.

« La perspective d’une première femme Premier ministre ne me rend pas heureuse. »

Chizuko Ueno, sociologue

Ueno estime que, bien que l’accession de Takaichi au pouvoir puisse améliorer le classement du Japon en matière d’égalité des sexes, cela ne se traduira pas nécessairement par une politique plus favorable aux femmes.

D’autres observateurs se montrent plus optimistes, estimant que la nomination de Takaichi pourrait briser des barrières psychologiques et encourager davantage de femmes à s’engager dans la vie publique. Naomi Koshi, devenue la plus jeune maire du Japon en 2012 à l’âge de 36 ans, a déclaré à l’agence de presse Kyodo que le fait que Takaichi devienne Première ministre revêt une grande importance et aura un impact positif sur la société.

Le bassin de femmes parlementaires parmi lesquelles Takaichi pouvait choisir pour composer son cabinet restait limité. Malgré l’élection record de 73 femmes à la chambre basse lors des dernières élections, elles ne représentent encore que 15,7 % des 465 députés. Selon l’indice d’écart entre les sexes 2025 du Forum économique mondial, le Japon se classe au 118e rang sur 148 pays.

Des agences de presse ont contribué à cet article.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.