Publié le 23 octobre 2025 à 00h16. Un accord bilatéral entre l’Indonésie et le Royaume-Uni permettra à deux ressortissants britanniques, dont une femme condamnée à mort pour trafic de drogue, d’être rapatriés. Cette décision intervient dans un contexte de révision de la politique pénitentiaire indonésienne envers les prisonniers étrangers.
- Lindsay Sandiford, condamnée à mort pour trafic de cocaïne à Bali, évitera l’exécution grâce à cet accord.
- Shahab Shahabadi, condamné à la prison à vie pour trafic de méthamphétamine, sera également rapatrié.
- L’Indonésie a récemment rapatrié d’autres prisonniers étrangers dans le cadre d’accords bilatéraux.
L’Indonésie et le Royaume-Uni ont conclu un accord permettant le transfert de deux citoyens britanniques incarcérés dans les prisons indonésiennes. Parmi eux, Lindsay Sandiford, 68 ans, qui était sous le coup d’une condamnation à mort pour trafic de drogue. Elle avait été arrêtée en 2012 à l’aéroport de Bali avec 3,8 kilogrammes (8,4 livres) de cocaïne d’une valeur estimée à 2,5 millions de dollars, dissimulés dans sa valise. Lors de son procès, elle avait affirmé avoir été contrainte d’agir sous la menace d’un gang qui s’en prenait à ses enfants.
L’autre prisonnier concerné, Shahab Shahabadi, âgé de 35 ans, purge une peine de prison à vie depuis 2014. Il avait été arrêté à Jakarta dans le cadre d’une enquête sur un réseau international de trafic de drogue. Les procureurs avaient révélé qu’il avait précédemment expédié 30 kilogrammes (15 livres) de poudre de méthamphétamine en plusieurs envois depuis l’Iran vers un complice à Jakarta, avant de rejoindre la capitale indonésienne lui-même.
Le ministre indonésien de la Justice, Yusril Ihza Mahendra, a expliqué que le rapatriement de ces deux individus était motivé par des considérations humanitaires.
« Tous deux sont confrontés à des problèmes. La première est malade et a été examinée par un médecin du consulat britannique à Bali. Elle est gravement malade et a 68 ans. »
Yusril Ihza Mahendra, ministre indonésien de la Justice
Il a précisé que l’accord de rapatriement avait été signé avec la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.
Selon le ministre Mahendra, le transfert des prisonniers aura lieu une fois que les procédures techniques et administratives nécessaires auront été achevées par les deux pays. L’Indonésie, sous la présidence de Prabowo Subianto, a multiplié les initiatives de rapatriement de prisonniers étrangers, notamment une Philippine également condamnée à mort pour trafic de drogue et cinq citoyens australiens reconnus coupables de trafic d’héroïne.
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) souligne que l’Indonésie reste un point de transit majeur pour le trafic de drogue, malgré la sévérité de sa législation en la matière. Cette situation est en partie due au ciblage de la population jeune du pays par les organisations criminelles internationales.
Selon les données du ministère indonésien de l’Immigration et des Services pénitentiaires, publiées le mois dernier, environ 530 personnes sont actuellement dans le couloir de la mort en Indonésie, la majorité pour des infractions liées à la drogue, dont près d’une centaine de ressortissants étrangers. Les dernières exécutions en Indonésie remontent à juillet 2016, et ont concerné un citoyen indonésien et trois étrangers.