Publié le 26 octobre 2025 à 05h10. La série télévisée tchécoslovaque « 30 cas du major Zeman », diffusée à plusieurs reprises après la révolution de 1989, est aujourd’hui l’objet d’un examen critique : derrière ses intrigues policières apparemment classiques, se dissimule une propagande politique subtile et parfois trompeuse.
Le succès populaire de « 30 cas du major Zeman » ne fait aucun doute. Mais cette série, qui met en scène un enquêteur évoluant d’un simple agent à un criminel repenti, a été instrumentalisée par le régime communiste pour véhiculer un message bien précis : l’inutilité de s’opposer au pouvoir en place. Certains épisodes s’inspirent d’événements réels, mais sont déformés ou incomplets pour servir cette ligne politique.
L’épisode « Bestie » (La Bête) en est un exemple frappant. Il relate l’histoire d’un passeur opérant dans les marais de la Šumava, qui volait ou tuait ses victimes. Cette intrigue fait écho au parcours de Josef Hasil, surnommé le « Roi de la Šumava », un contrebandier qui a aidé des dizaines de personnes à fuir la Tchécoslovaquie communiste et qui a ensuite collaboré avec les services de renseignement américains. Plus d’informations sur Josef Hasil. Dans la série, cependant, le personnage inspiré de Hasil est présenté comme un traître et finit par être abattu, contrairement à l’histoire réelle.
De même, l’épisode « Le meurtrier se cache sur le terrain » s’inspire de l’affaire de Babice, un assassinat de trois fonctionnaires communistes qui a donné lieu à un procès politique retentissant et à de nombreuses exécutions. Si les meurtres réels ont eu lieu dans le village de Babice, la série les situe dans un village fictif, Plánice, et insinue la présence d’une « main impérialiste » derrière les événements. Les exécutions judiciaires sont omises, et un prêtre est présenté comme une victime innocente du système.
« Aujourd’hui, les historiens parlent à juste titre de l’action à grande échelle du Parti communiste de la République tchèque et du StB, au cours de laquelle la fusillade de la grand-mère, qui n’a jamais été expliquée avec précision, n’était en réalité qu’un épisode tragique. »
Daniel Růžička, Lidové noviny
Parfois, la série effleure des vérités dérangeantes. L’épisode Expédier à Hambourg, par exemple, aborde le trafic de médicaments en Tchécoslovaquie. L’intrigue souligne implicitement le manque de médicaments disponibles dans le pays, ce qui encourageait la contrebande.
Au-delà de son intrigue policière, la série est clairement imprégnée de l’influence de la StB, la tristement célèbre police politique communiste. L’épisode « Mimikry » (Mimétisme) dépeint la scène underground alternative comme un repaire de toxicomanes dangereux, justifiant ainsi une répression sévère. Cet épisode s’inspire du détournement d’un avion Turbolet L-410 en juin 1972, un événement qui a été largement exploité par la propagande communiste. Plus d’informations sur le détournement d’avion.
Si l’aspect politique et propagandiste de la série est indéniable, il est important de reconnaître son immense popularité auprès du public tchécoslovaque de l’époque.
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