Publié le 26 octobre 2025 09h38. Deux suspects ont été interpellés dans l’enquête sur le spectaculaire vol de bijoux de la couronne au musée du Louvre, estimé à près de 90 millions d’euros (88 millions d’euros). Les arrestations, survenues à l’aéroport Charles de Gaulle et en région parisienne, interviennent une semaine après le braquage.
- Deux hommes, connus des services de police, ont été placés en garde à vue.
- Les enquêteurs analysent plus de 150 traces ADN et empreintes digitales relevées sur les lieux du crime.
- Le ministre de l’Intérieur a exprimé son inquiétude quant au sort des bijoux et évoqué la possibilité d’un réseau criminel organisé.
Les deux suspects, âgés d’une trentaine d’années, ont été interpellés samedi soir et dimanche, a confirmé la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau. L’un d’eux a été arrêté à l’aéroport Charles de Gaulle alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour l’Algérie, tandis que le second a été appréhendé en Seine-Saint-Denis, avec pour destination le Mali, selon plusieurs médias français.
La procureure a regretté la divulgation prématurée des informations concernant les arrestations, estimant qu’elle risquait de compromettre l’enquête menée par plus de 100 enquêteurs. Elle a précisé qu’il était trop tôt pour communiquer des détails supplémentaires, mais a indiqué qu’elle s’exprimerait plus avant à l’issue de la garde à vue, qui peut durer jusqu’à 96 heures en vertu de la loi française.
Le vol audacieux s’est déroulé le dimanche 20 octobre. Les cambrioleurs, qui s’étaient introduits dans le musée à bord d’un camion de déménagement volé, avaient utilisé une échelle et un élévateur pour accéder à la galerie Apollo, où sont exposés les joyaux de la couronne. Déguisés en agents de maintenance grâce à des gilets haute visibilité, ils ont brisé une vitre et ouvert deux vitrines à l’aide de disqueuses.
L’opération, qui n’a duré que quelques minutes, a permis aux voleurs de dérober huit pièces d’une valeur inestimable, dont un collier d’émeraudes et de diamants offert par Napoléon Ier à sa seconde épouse, Marie Louise, et un diadème ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Un autre bijou, une couronne sertie de diamants et d’émeraudes, a été laissé sur place lors de la fuite.
Selon la procureure Beccuau, le préjudice est estimé à « une somme spectaculaire, près de 90 millions d’euros, mais rien comparé à leur valeur historique ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé son inquiétude quant au sort des bijoux, craignant qu’ils ne soient démantelés et vendus à l’étranger. Il a déclaré à La Tribune Dimanche que « les voleurs finissent toujours par être arrêtés ».
L’enquête se concentre sur l’analyse des indices matériels retrouvés sur les lieux du crime, notamment des gants, un casque de moto, des outils électriques et un talkie-walkie. France Inter rapporte que les suspects sont originaires de Seine-Saint-Denis, un département marqué par la pauvreté et la criminalité.
Le musée du Louvre, l’un des plus visités au monde, avait déjà été le théâtre de tentatives de vol par le passé. L’incident a mis en lumière une faille de sécurité concernant la couverture des caméras de surveillance externes, comme l’a reconnu la directrice du musée, Laurence des Cars. Elle a admis que la caméra la plus proche de la fenêtre brisée était orientée dans la mauvaise direction.
La ministre de la Culture, Rachida Dati, a annoncé qu’une enquête sur la sécurité du Louvre serait menée afin de proposer des mesures concrètes pour renforcer la protection du musée.