Publié le 30 octobre 2024 à 00:59:00. Deux hommes ont été interpellés dans le cadre de l’enquête sur le vol spectaculaire de bijoux de la couronne au musée du Louvre, tandis que les enquêteurs neécartent pas la possibilité d’un réseau criminel plus vaste.
- Deux suspects, âgés de 34 et 39 ans, ont été placés en garde à vue après leur arrestation à Paris et à proximité de son domicile.
- L’enquête s’appuie sur des indices ADN retrouvés sur les lieux du vol, notamment sur des vitrines, des scooters et des gilets jaunes abandonnés par les malfaiteurs.
- Les voleurs sont soupçonnés d’avoir dérobé huit joyaux d’une valeur estimée à 88 millions d’euros.
Les investigations se poursuivent après le vol audacieux survenu le 19 octobre dernier au Louvre. Le procureur de Paris, Beccuau, a confirmé que les deux hommes interpellés faisaient partie d’un groupe de quatre individus impliqués dans l’opération. L’un des suspects avait tenté de prendre un vol pour l’Algérie et a été arrêté à l’aéroport, tandis que l’autre a été appréhendé près de son domicile.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme de 34 ans, de nationalité algérienne, réside en France depuis 2010. Son complice, âgé de 39 ans, est originaire et domicilié à Aubervilliers, près de Paris. Les deux hommes ont un casier judiciaire, l’aîné ayant déjà été condamné pour des vols.
La police a pu identifier les suspects grâce à des analyses ADN réalisées sur des éléments retrouvés sur les lieux du crime : des vitrines, des scooters utilisés pour la fuite, ainsi que des gilets jaunes que les voleurs portaient pour se faire passer pour des employés. Au total, 150 prélèvements ont été effectués.
Les suspects sont poursuivis pour vol commis en bande organisée, un crime passible de 15 ans de prison, ainsi que pour association de malfaiteurs, passible de 10 ans d’emprisonnement. La procureure Beccuau a souligné qu’elle n’exclut pas la possibilité que d’autres personnes soient impliquées dans ce vol d’une ampleur exceptionnelle.
« Je veux espérer que les bijoux volés seront retrouvés et qu’ils pourront être restitués au musée du Louvre et, plus largement, à la nation »
Beccuau, procureure de Paris
Les enquêteurs ont démenti les informations selon lesquelles les voleurs auraient bénéficié de complicités internes au musée du Louvre. Ils recherchent toujours les bijoux dérobés, et la procureure a mis en garde contre toute tentative de recel : un des objets volés, la couronne de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, avait d’ailleurs été abandonné lors de la fuite. Le Louvre avait acquis cette couronne en 2008 pour 6,72 millions d’euros.
Les voleurs avaient laissé sur place un casque, des gants, un gilet orange, un talkie-walkie et un récipient contenant un liquide inflammable. Ils avaient également abandonné le camion-grue qu’ils utilisaient, qui avait été volé dans la commune de Louvres, dans le département du Val d’Oise.
L’enquête se poursuit pour déterminer l’étendue du réseau criminel et retrouver les bijoux d’une valeur totale estimée à 88 millions d’euros. Les autorités rappellent que quiconque tenterait d’acheter ces objets se rendrait coupable de recel.