Publié le 31 octobre 2025 à 15h16. Des visites répétées et des arrangements privilégiés au sein des palais royaux de Séoul par la Première Dame Kim Kun-hee et le président Yoon Seok-yeol suscitent des interrogations sur l’accès au patrimoine culturel coréen et son utilisation à des fins personnelles.
- Le couple présidentiel a effectué au moins 12 visites de palais sur deux ans, allant au-delà de simples visites culturelles pour inclure des événements diplomatiques et amicaux.
- L’accès exceptionnel au sanctuaire de Jongmyo, normalement interdit, et la photo de la Première Dame assise sur le trône de Geunjeongjeon ont particulièrement fait réagir.
- Ces incidents relancent le débat sur la « démocratisation » de l’accès aux palais, après des décennies où ils étaient réservés à une élite ou aux touristes étrangers.
En juillet 1979, une simple remarque de Rosalynn Carter, alors Première Dame des États-Unis, a modifié l’agenda de son mari, le président Jimmy Carter, en visite en Corée. Captivée par le palais Changdeokgung et son jardin secret, Huwon (alors appelé Biwon), elle lui a confié :
« C’était un endroit tellement magnifique, j’aurais aimé que nous y allions ensemble… »
Rosalynn Carter
Cette anecdote, rapportée à l’époque par la presse, illustre un contraste frappant avec l’accès aux palais royaux aujourd’hui.
Longtemps considérés comme des lieux de prestige réservés à une minorité, les palais coréens ont progressivement ouvert leurs portes au grand public à la fin des années 1990, après leur inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. La restauration des quatre principaux palais – Gyeongbokgung, Changdeokgung, Deoksugung et Gyeonghuigung – a contribué à cette transformation, avec des événements comme les « visites nocturnes » qui ont attiré un public toujours plus large. Le groupe de K-pop BTS a même eu l’occasion de se produire devant le Geunjeongjeon, symbole de cette nouvelle accessibilité.
Un couple de visiteurs étrangers portant un hanbok et visitant le palais de Gyeongbokgung prennent une photo commémorative lors du Festival culturel royal d’automne 2025. [연합뉴스]
C’est dans ce contexte de démocratisation de l’accès que les récentes visites du président Yoon Seok-yeol et de son épouse Kim Kun-hee ont suscité la polémique. Des informations révélées par le bureau du représentant Min Hyeong-bae lors d’une commission parlementaire, indiquent au moins 12 visites de palais sur deux ans. Si les premières visites semblaient motivées par la curiosité, elles ont rapidement évolué vers des événements diplomatiques et privés.
L’utilisation des palais à des fins diplomatiques n’est pas en soi problématique, mais l’ouverture exceptionnelle du sanctuaire de Jongmyo, normalement interdit au public, a été perçue comme un privilège excessif. De même, la photo de la Première Dame assise sur le trône de Geunjeongjeon a provoqué l’indignation :
« Pourquoi une jeune femme est-elle assise sur le trône de Geunjeongjeon ? On se demandait si nous étions encore à l’époque de la dynastie Joseon. »
Cette action, jugée irrespectueuse envers le patrimoine culturel, a été critiquée comme étant une utilisation inappropriée d’un lieu historique.
Un responsable de l’Administration du patrimoine national a exprimé son malaise :
« Notre position est que nous voulons promouvoir davantage ces lieux lorsqu’une personnalité de haut rang les visite, mais nous avons attendu ce mois-ci pour recevoir des demandes aux objectifs peu clairs. »
L’opposition a dénoncé ce qu’elle considère comme un « anachronisme » et une « falsification du trésor national », soulignant le risque de voir le patrimoine culturel coréen instrumentalisé à des fins personnelles.
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