Publié le 30 octobre 2025 à 10h56. Cardiff vibre au rythme du rugby, une passion qui transcende les classes sociales et façonne l’identité galloise. Notre envoyé spécial a plongé au cœur de l’ambiance unique des Six Nations pour comprendre ce lien indéfectible.
Pour beaucoup, le rugby n’est pas simplement un sport au Pays de Galles, mais une véritable raison d’être. Contrairement à d’autres nations où le rugby est souvent associé aux milieux privilégiés, il a toujours été accessible à tous, offrant à des jeunes issus de modestes origines la possibilité de représenter leur pays sur la scène internationale.
On raconte que l’amour du rugby se transmet de génération en génération, presque par héritage génétique. « Quand vous naissez ici, le rugby est dans vos os », témoignent les Gallois. Ce sport a profondément marqué la société galloise, certains allant jusqu’à dire qu’il a contribué à forger l’identité nationale au XXe siècle.
L’atmosphère qui règne à Cardiff les jours de match des Six Nations est légendaire. Avant la rencontre contre l’Irlande, championne en titre, notre reporter a constaté que l’affluence massive avait entraîné une flambée des prix d’hébergement. Il a pu trouver une chambre modeste à 80 £ la nuit, avec une vue… sur la prison de Cardiff.
Une promenade matinale de 5 km a permis d’embrasser l’effervescence de la ville, fermée à la circulation pour l’occasion. Des supporters irlandais en tenue de lutins étaient déjà à la recherche d’un petit-déjeuner copieux et d’une pinte. Le stade Principality, au cœur de Cardiff, est le point central de cette célébration sportive.
Le pub Traders Tavern, élu meilleur pub indépendant de Cardiff, était déjà bondé à 10 heures du matin, avec des supporters arborant fièrement les couleurs rouge et vert. Plus tard, dans Queen Street, l’artère piétonne principale, les supporters de tous âges affluaient vers le stade, s’arrêtant pour acheter des accessoires gallois ou grignoter chez Greggs ou McDonald’s.
Notre reporter a également visité le City Arms, un pub recommandé à proximité du stade, où il a savouré une pinte de bière Brains SA 4,3% et un sandwich au jambon emballé sous film plastique. Il a été frappé par la diversité des supporters présents : des familles multigénérationnelles, des anciens combattants, des jeunes, des habitants de la ville et des campagnes, tous unis par leur passion pour le rugby.
Des chorales préparent les supporters pour le match (Dom Thomas)
L’ambiance était électrique avant le coup d’envoi. Des chœurs ont entonné des chants traditionnels, dont « Yma o Hyd », une ballade patriotique entraînante. Lorsque les équipes sont entrées sur le terrain, le stade a vibré sous les applaudissements et les chants des supporters. L’hymne gallois, « Hen Wlad Fy Nhadau » (Terre de nos pères), a été interprété avec une ferveur particulière.
« Il faut absolument vivre l’expérience d’entendre « Hen Wlad Fy Nhadau » chanté en direct au Stade de la Principauté au moins une fois dans sa vie », affirme notre reporter. L’hymne gallois, contrairement à « God Save the King », est capable de susciter une émotion intense et de galvaniser les supporters.
Le match contre l’Irlande, la deuxième meilleure équipe mondiale, était le premier à domicile du Pays de Galles dans ce tournoi. Il marquait également le début d’une nouvelle ère après le départ de Warren Gatland, l’ancien entraîneur emblématique, remplacé temporairement par Matt Sherratt. La performance héroïque de l’équipe galloise, malgré la défaite, a ravivé l’espoir et la fierté des supporters.
Le Pays de Galles et l’Irlande contestent un alignement (Dom Thomas)
En quittant le stade, notre reporter a observé que les supporters locaux repartaient avec le sourire, l’âme du rugby gallois ravivée. Le Pays de Galles est de retour.
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