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Aperçus du Symposium sur l’animation du Festival international du film de Tokyo

by Antoine Girard

Publié le 4 novembre 2025. Un symposium dédié à l’animation, organisé dans le cadre du 38e Festival international du film de Tokyo, a réuni des cinéastes, des artistes et des universitaires pour explorer la spécificité de cet art et sa puissance expressive.

Le festival, qui se déroule dans la capitale japonaise du 27 octobre au 7 novembre, a consacré une journée à la représentation de la guerre dans l’animation japonaise, des classiques comme Momotaro et Marins sacrés au film plus récent Peleliu : Guernica du Paradis. Une autre session a examiné le rôle crucial des festivals dans la vie d’un film d’animation, tandis qu’une troisième a cherché à définir ce qui distingue fondamentalement l’animation des autres formes d’expression cinématographique.

Le légendaire créateur de Macross, Shoji Kawamori, présentait son nouveau film, Labyrinthe, au festival et a participé à ces discussions. Il a souligné que l’animation offre aux artistes un contrôle total sur la forme, la structure et tous les aspects visuels de leur œuvre, une « liberté absolue » selon ses termes. Il a expliqué que Labyrinthe se distingue de sa célèbre franchise mecha par son exploration de « l’irréalité » des médias sociaux et de notre rapport à ces derniers, notamment via les smartphones, qu’il considère comme des symboles de notre identité.

« Nous vivons dans un étrange chevauchement entre notre moi réel et notre moi onirique, faisant d’Internet un « monde de rêves ».

Shoji Kawamori, réalisateur

Wataru Takahashi, réalisateur du film L’Obsédé, a quant à lui exprimé sa volonté de créer une œuvre plus nostalgique et fantaisiste, plus ancrée dans l’esthétique de l’animation classique que dans le réalisme. Il a évoqué son désir de rendre hommage à l’âge d’or de Shin-Ei Animation, le studio de production de son film. Il a également insisté sur l’importance de trouver un équilibre entre les techniques traditionnelles et les effets numériques, ces derniers ayant tendance à manquer de profondeur s’ils ne sont pas utilisés avec soin.

Liane-Cho Han, co-réalisatrice de La petite Amélie ou le personnage de la pluie, a expliqué que le choix d’un style visuel « sans lignes » était une manière d’aborder l’animation comme une forme de sculpture ou de peinture, permettant à la lumière d’interagir directement avec les personnages. Elle a précisé que cette approche s’inscrivait dans la continuité visuelle de ses précédents films, réalisés en collaboration avec Rémi Chayé (qui a également travaillé sur les décors de La petite Amélie), tout en adoptant des formes plus douces et des couleurs plus pastel pour correspondre à l’univers idéalisé et nostalgique du film.

Les discussions ont également porté sur les influences artistiques de chaque réalisateur. Han a cité Princesse Mononoké, l’œuvre de Satoshi Kon et une version OVA de Rurouni Kenshin. Elle a d’ailleurs souligné la différence de résonance émotionnelle entre la version animée de Rurouni Kenshin, qui l’avait profondément touchée, et son adaptation en prises de vues réelles, qu’elle a trouvée plus distante et moins immersive.

Plusieurs intervenants ont souligné que l’animation, par sa nature même, permet une abstraction et une simplification qui peuvent renforcer l’impact émotionnel d’une œuvre. Wataru a ainsi déclaré que « dans l’animation, vous pouvez tricher, vous pouvez abréger », tandis que Kawamori a évoqué la capacité de l’animation à trouver la beauté dans le statique, en particulier dans un contexte où les ressources sont limitées.

« Pour moi, l’action réelle convient lorsque vous voulez vraiment montrer des différences subtiles dans les émotions du personnage, mais avec l’animation, vous pouvez devenir plus abstrait. »

Liane-Cho Han, co-réalisatrice

Han a conclu en rappelant le meilleur conseil qu’elle ait reçu : « n’essayez pas d’impressionner les gens, essayez de les émouvoir ». Elle a affirmé que l’émotion est le domaine exclusif de l’humain, et que ni le progrès technologique, ni l’intelligence artificielle ne pourront jamais la remplacer. En fin de compte, le symposium a mis en lumière la vision unique des artistes et leur capacité à créer une forme de vérité émotionnelle en érodant le réel.

Pour en savoir plus sur le 38e Festival international du film de Tokyo, rendez-vous sur 2025.tiff-jp.net.

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