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AB Foods pourrait se séparer de la chaîne de mode Primark/Penneys

by Amélie Bernard

Publié le 2024-11-08 14:15:00. Le groupe agroalimentaire britannique Associated British Foods (ABF) envisage de scinder ses activités de distribution de vêtements, notamment l’enseigne Primark (connue sous le nom de Penneys en Irlande), de ses activités alimentaires, suite à une baisse de ses bénéfices annuels.

  • ABF pourrait séparer Primark de ses activités agroalimentaires pour maximiser sa valeur à long terme.
  • Cette décision fait suite à une baisse de 13 % du bénéfice annuel du groupe, affecté par la performance de sa division sucre.
  • Primark représente 65 % du bénéfice d’exploitation du groupe et pourrait valoir environ 10,6 milliards de livres sterling (environ 12,3 milliards d’euros).

Associated British Foods (ABF) a annoncé ce vendredi étudier une restructuration profonde de ses activités, qui pourrait aboutir à la séparation de sa filiale de prêt-à-porter, Primark, de ses divisions alimentaires. Cette annonce intervient après la publication de résultats annuels décevants, marqués par une baisse de 13 % du bénéfice annuel, principalement due à la faible performance de son activité sucrière.

Le groupe, qui possède également des marques d’épicerie renommées telles qu’Ovaltine, Ryvita et Twinings, ainsi que des entreprises importantes dans les secteurs du sucre, de l’agriculture et des ingrédients, a précisé qu’aucune décision n’avait encore été prise. Cependant, le conseil d’administration a confirmé qu’il examinait sérieusement la possibilité d’une scission.

Primark, qui exploite 475 magasins dans 18 pays, est la principale source de revenus d’ABF. Pour l’exercice clos le 13 septembre, elle a contribué à hauteur de 65 % au bénéfice d’exploitation du groupe. Sur la base de la capitalisation boursière actuelle d’ABF, qui s’élève à 16,3 milliards de livres sterling (environ 19 milliards d’euros), une séparation de Primark pourrait lui attribuer une valeur d’environ 10,6 milliards de livres sterling (environ 12,3 milliards d’euros).

Le PDG d’ABF, George Weston, qui a longtemps défendu la structure de conglomérat du groupe, a indiqué que l’examen de cette restructuration, qui dure depuis « plusieurs semaines », devrait être achevé d’ici avril 2026, lors de la publication des résultats du premier semestre.

« Nous n’annoncerions pas cette révision si nous ne pensions pas qu’il y avait une bonne probabilité qu’elle se produise. »

George Weston, PDG d’ABF

Il a toutefois souligné que d’autres facteurs pourraient influencer la décision finale.

« Il y a un certain nombre de questions sur lesquelles nous pouvons désormais enquêter et qui pourraient nous faire penser que les garder ensemble était une meilleure idée. »

George Weston, PDG d’ABF

L’examen est mené en concertation avec Wittington Investments, l’actionnaire principal du groupe, qui a réaffirmé son engagement à conserver une participation majoritaire dans les deux entités. Wittington, contrôlée par la famille Weston, détient 58,8 % du capital d’ABF, selon les données de LSEG.

Les analystes de Barclays ont salué cette possible scission, la qualifiant de « surprise positive ». Ils estiment que Primark a désormais atteint une taille significative et que les activités alimentaires d’ABF sont sous-évaluées par le marché.

Suite à l’annonce, les actions d’ABF ont chuté de 2,6 % à 2 210 pence ce matin, réduisant les gains de 2025 à 8,6 %. Le groupe a enregistré un bénéfice d’exploitation ajusté de 1,734 milliard de livres sterling (environ 2 milliards d’euros) pour l’exercice clos le 13 septembre, mais son chiffre d’affaires a diminué de 3 % à 19,46 milliards de livres sterling (environ 22,7 milliards d’euros).

Si le bénéfice d’exploitation ajusté a augmenté de 2 % chez Primark, il a diminué de 6 % dans la division épicerie, tandis que l’activité sucre a atteint un simple équilibre, pénalisée par la faiblesse des prix européens. AB Foods prévoit une croissance de son résultat opérationnel ajusté et de son bénéfice par action ajusté en 2026, et se dit confiant dans ses perspectives de croissance à moyen et long terme, tout en reconnaissant que l’environnement de consommation restera difficile.

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