Publié le 6 novembre 2025 à 17h00. La bande de Gaza est désormais un paysage de ruines, témoignant de l’intensité des combats entre les forces israéliennes et le Hamas, alors que l’avenir de la région reste incertain malgré les efforts de médiation internationale.
- Les forces israéliennes ont escorté des journalistes dans des zones de Gaza qu’elles contrôlent, révélant un niveau de destruction massif.
- Israël affirme que les combats se poursuivent quotidiennement le long de la « Ligne jaune », la ligne de démarcation temporaire, malgré un cessez-le-feu fragile.
- Les États-Unis proposent un mandat de deux ans pour une force internationale de stabilisation afin de sécuriser Gaza et de désarmer le Hamas, mais les détails restent flous.
Du haut d’une butte de terre surplombant la ville de Gaza, l’ampleur des dégâts est saisissante. La ville, autrefois animée, a été transformée en un vaste champ de décombres gris, s’étendant sur près de 180 degrés, de Beit Hanoun jusqu’à Gaza même. Presque plus rien ne permet de se repérer dans les anciens quartiers résidentiels, qui abritaient des dizaines de milliers d’habitants.
Ces zones ont été parmi les premières pénétrées par les forces terrestres israéliennes au début de la guerre, et ont été le théâtre de combats récurrents, Israël affirmant que le Hamas y « réorganisait ses rangs ». L’accès des médias à Gaza est strictement contrôlé par Israël, ce qui rend le travail des journalistes particulièrement difficile.
Lors d’une visite guidée par les autorités israéliennes dans la zone contrôlée par leurs forces, un groupe de journalistes, dont un représentant de la BBC, a pu constater l’étendue des destructions. La visite était étroitement encadrée et n’a pas permis de rencontrer des Palestiniens ni d’accéder à d’autres parties de la bande de Gaza.
Le porte-parole de Tsahal, Nadav Shoshani, a déclaré que la zone n’était « pas une cible » en soi.
« L’objectif est de combattre les terroristes. Presque chaque maison contenait un tunnel ou une bombe, ou contenait un RPG ou une station de tireurs d’élite »,
Nadav Shoshani, porte-parole de Tsahal
Il a ajouté que les forces israéliennes sont attachées au « plan de paix » mené par les États-Unis, mais que celui-ci nécessite la garantie que le Hamas ne constituera plus une menace pour les civils israéliens.
Depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui ont fait plus de 1 100 morts et 251 otages, plus de 68 000 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon le ministère palestinien de la Santé.
Les forces israéliennes ont également indiqué avoir retrouvé les corps de certains otages dans la zone, dont celui du soldat Itai Chen, restitué à Israël cette semaine. Les recherches se poursuivent pour retrouver les corps d’autres otages disparus.
La base militaire israélienne où les journalistes ont été conduits se trouve à quelques centaines de mètres de la « Ligne jaune », la ligne de démarcation temporaire établie dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump. L’armée israélienne marque progressivement cette ligne avec des blocs de béton, en guise d’avertissement aux combattants du Hamas et aux civils.
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis près d’un mois, les forces israéliennes affirment qu’elles continuent de combattre les militants du Hamas le long de la Ligne jaune « presque tous les jours ». Des piles de douilles de bronze témoignent des échanges de tirs.
Le Hamas accuse Israël de violer le cessez-le-feu « des centaines de fois », et le ministère de la Santé de Gaza affirme que plus de 240 Palestiniens ont été tués en conséquence.
Les États-Unis ont soumis au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution prévoyant un mandat de deux ans pour une force internationale de stabilisation chargée de la sécurité de Gaza et du désarmement du Hamas. Les détails de cette prochaine phase de l’accord restent cependant flous : on ignore quels pays enverront des forces pour sécuriser Gaza avant le désarmement du Hamas, quand les forces israéliennes se retireront et comment les membres de la nouvelle administration technocratique de Gaza seront nommés.
Le président Trump a présenté sa vision de Gaza comme un futur centre du Moyen-Orient, financé par des investissements étrangers. Cette perspective contraste fortement avec la réalité actuelle sur le terrain. La question de savoir qui mettra fin aux combats à Gaza, et dans quelle mesure la population de Gaza participera à la détermination de l’avenir de ses communautés et de ses terres, reste ouverte.