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Le respect de Trump pour la force s’accompagne d’un mépris pour les pays faibles

L'approche musclée du président Donald Trump en matière de politique étrangère, privilégiant la force et l'affirmation unilatérale des intérêts américains, rappelle étrangement la stratégie d'Athènes il y a plus de 2 450 ans. Une leçon d'histoire, tirée de…

Le respect de Trump pour la force s’accompagne d’un mépris pour les pays faibles

L’approche musclée du président Donald Trump en matière de politique étrangère, privilégiant la force et l’affirmation unilatérale des intérêts américains, rappelle étrangement la stratégie d’Athènes il y a plus de 2 450 ans. Une leçon d’histoire, tirée de l’île de Milos, pourrait bien éclairer les enjeux de ce second mandat.

La semaine dernière, deux événements distincts ont illustré cette nouvelle géopolitique. D’un côté, l’accord commercial conclu avec la Chine, reconnaissant implicitement le poids économique de Pékin et sa capacité à agir selon ses propres intérêts. Trump semble considérer la Chine comme le seul véritable partenaire des États-Unis dans ce « club des forts ». De l’autre, une menace voilée d’intervention militaire au Nigeria, destinée à contraindre le pays à réprimer plus sévèrement les groupes islamistes attaquant les chrétiens. Un message clair : la catégorie des « faibles », selon Trump, ne se limite pas aux petites nations, mais inclut également des alliés traditionnels comme le Canada et des pays comme le Venezuela.

Cette attitude s’inscrit dans une rupture avec les décennies de politique étrangère américaine post-Seconde Guerre mondiale, fondée sur des alliances, le libre-échange et l’aide au développement. Trump a toujours estimé que cette approche relevait de la naïveté. Il exige désormais de ses alliés de l’OTAN qu’ils augmentent considérablement leurs dépenses militaires, subordonne l’accès au marché américain à des conditions économiques et politiques strictes, et a réduit l’aide américaine au développement.

L’exemple de Milos, une petite île de la mer Égée, est frappant. En 416 avant J.-C., lors de la guerre du Péloponnèse, Milos tenta de rester neutre entre Athènes et Sparte. Athènes exigea alors sa soumission, formulant un principe cynique qui résonne aujourd’hui : « Les forts font ce qu’ils peuvent, et les faibles subissent ce qu’ils doivent. » Cette phrase, rapportée par l’historien Thucydide, semble guider la politique de Trump envers ses partenaires et ses adversaires, notamment en matière de commerce et de droits de douane.

La pression exercée par les États-Unis sur Israël pour mettre fin à la guerre à Gaza, les avertissements adressés à Volodymyr Zelensky en Ukraine (« Vous n’avez aucune carte »), et les sanctions imposées à la Russie, malgré sa puissance nucléaire, illustrent cette approche. Des droits de douane ont également été imposés à des puissances régionales comme l’Inde et le Brésil.

Les alliés des États-Unis, confrontés à cette nouvelle réalité, ont commencé à réagir. Ils augmentent leurs dépenses de défense, cherchent des accords avec Washington pour limiter l’impact des droits de douane, et proposent des investissements dans l’économie américaine en échange de concessions. L’espoir subsiste que Trump finisse par reconnaître que le partenariat transatlantique peut également bénéficier à l’Amérique.

L’histoire de Milos, cependant, reste une mise en garde. Après avoir vaincu et asservi l’île, Athènes ne tarda pas à connaître un déclin, affaiblie par de nouvelles alliances et des erreurs stratégiques. La grandeur athénienne fut de courte durée.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.