Publié le 7 novembre 2023 08h38. Face à une paralysie croissante du trafic aérien aux États-Unis, l’administration américaine ordonne aux compagnies aériennes de réduire leur nombre de vols, une mesure qui épargne toutefois les liaisons internationales.
- Les principales compagnies aériennes américaines (American Airlines, Delta, Southwest et United) ont déjà annulé des centaines de vols pour les prochains jours.
- La Federal Aviation Administration (FAA) impose une réduction progressive de la capacité de vol, jusqu’à 10 %, dans les 40 principaux aéroports du pays.
- Les vols internationaux sont exemptés de ces restrictions, tandis que la situation est exacerbée par un blocage budgétaire au Congrès américain.
La paralysie du trafic aérien aux États-Unis s’intensifie, poussant les autorités à prendre des mesures drastiques. L’administration américaine a ordonné aux compagnies aériennes de réduire leur capacité de vol afin de soulager la pression sur un système aérien mis à rude épreuve. Cette décision, qui prendra effet progressivement, concerne les vols intérieurs et épargne les liaisons internationales.
Dès vendredi, les compagnies aériennes devront réduire de 4 % leur nombre de vols quotidiens, un pourcentage qui augmentera pour atteindre 10 % le vendredi suivant. Les restrictions s’appliqueront aux vols entre 6h00 et 22h00, heure locale, dans les 40 principaux aéroports américains, notamment ceux de New York (LaGuardia, Newark et John F. Kennedy), Los Angeles, Chicago, Denver et Atlanta.
Les premières annulations se sont déjà multipliées. United Airlines prévoit de supprimer environ 510 vols entre vendredi et dimanche, en ciblant principalement les liaisons régionales et nationales. Delta a annoncé l’annulation d’environ 170 vols pour vendredi, tandis qu’American Airlines a supprimé 220 vols par jour jusqu’à lundi et Southwest environ 120 vols pour vendredi.
Selon Sheila Kahyaoglu, analyste chez Jefferies, ces réductions de capacité pourraient se traduire par une diminution d’environ 6 % du nombre total de sièges proposés par les quatre principales compagnies aériennes américaines (American, Delta, Southwest et United) au cours des prochains mois, notamment en novembre et décembre.
American Airlines a tenté de minimiser l’impact de ces mesures sur ses clients, assurant que la grande majorité des voyages ne seraient pas affectés et que les vols long-courriers internationaux resteraient maintenus. La compagnie a promis de contacter proactivement les passagers concernés par les changements d’horaires.
Cette situation est directement liée au blocage budgétaire qui paralyse le Congrès américain. L’administration républicaine justifie ces restrictions par la nécessité d’assurer la sécurité des vols, en raison d’une pénurie de personnel causée par la fermeture partielle des services gouvernementaux. Plus de 13 000 contrôleurs aériens sont contraints de travailler sans salaire, ce qui a entraîné une augmentation des arrêts maladie et des retards.
Le membre du Congrès Rick Larsen, responsable démocrate de la commission des transports et des infrastructures de la Chambre des représentants, a critiqué le manque de transparence de l’administration et a appelé la FAA à partager immédiatement les données et les évaluations des risques qui ont conduit à cette décision. Il a dénoncé une mesure « dramatique et sans précédent ».
La FAA a justifié sa décision en soulignant une augmentation des tensions dans le système aérien américain, constatée à travers les rapports volontaires de sécurité et les données de sécurité aérienne. L’agence a également admis avoir dû ralentir le trafic dans plusieurs aéroports depuis le début de la fermeture, en raison d’une légère pénurie de contrôleurs aériens.
Selon Chris Sununu, président et directeur général du groupe commercial Airlines for America, plus de 3,4 millions de passagers ont déjà été affectés par des retards et des annulations liés au manque de personnel. La situation risque de s’aggraver à l’approche de la période des vacances de Thanksgiving, traditionnellement très chargée pour le transport aérien.
– Reportage supplémentaire de Pól Ó Conghaile