Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Les anciennes routes romaines cartographiées en détail, de la Grande-Bretagne à l’Afrique du Nord

Une nouvelle cartographie détaillée révèle l'étendue insoupçonnée du réseau routier de l'Empire romain, ajoutant plus de 100 000 kilomètres de voies à ce que l'on connaissait jusqu'à présent. Cette découverte, fruit d'une compilation de données archéologiques et d'imagerie…

Les anciennes routes romaines cartographiées en détail, de la Grande-Bretagne à l’Afrique du Nord

Une nouvelle cartographie détaillée révèle l’étendue insoupçonnée du réseau routier de l’Empire romain, ajoutant plus de 100 000 kilomètres de voies à ce que l’on connaissait jusqu’à présent. Cette découverte, fruit d’une compilation de données archéologiques et d’imagerie satellite, offre un aperçu inédit de l’organisation et de la logistique de cette civilisation antique.

L’étude, publiée le 6 novembre 2025 dans la revue Données scientifiques, présente une base de données en ligne baptisée Itiner-e, qui recense désormais plus de 185 000 kilomètres de routes romaines. Selon les archéologues à l’origine de ce projet, cette carte permet pour la première fois d’appréhender l’ensemble du réseau routier impérial, incluant les grandes voies commerciales, les routes militaires et les chemins locaux, tel qu’il existait vers 150 après J.-C., une période de prospérité pour Rome.

« Pour la première fois, nous disposons d’un aperçu à l’échelle de l’Empire de la quasi-totalité du réseau routier romain complet avec des routes principales et secondaires », explique l’archéologue Adam Paño, de l’Université autonome de Barcelone, co-auteur principal de l’étude.

La construction de ce réseau routier a joué un rôle crucial dans le développement et la pérennité de l’Empire romain. L’historien Ray Laurence, de l’Université Macquarie en Australie, souligne que ces routes permettaient non seulement de relier les colonies et de faciliter le déplacement des armées, mais aussi de favoriser le commerce et la communication à travers un vaste territoire. « Fondamentalement, le système routier a contribué au développement d’un empire romain », précise-t-il.

De nombreuses routes romaines sont encore visibles aujourd’hui, parfois intégrées au réseau routier moderne. Au Royaume-Uni, par exemple, une portion de l’autoroute A5, entre Londres et Wroxeter, suit le tracé d’une ancienne voie romaine connue sous le nom de Watling Street. Cependant, d’autres chemins étaient de portée plus locale, reliant les villas, les villes et les fermes disséminées à travers l’Empire.

« Les routes se trouvent partout où les Romains marchaient », confirme l’archéologue Tom Brughmans, de l’Université d’Aarhus au Danemark, également co-auteur de l’étude. « Il y avait des villas, des villes et des fermes partout dans l’Empire romain, et chacune d’entre elles était accessible par une route. »

Les principales voies romaines, comme la Voie Appienne menant au sud de Rome, étaient construites avec des matériaux durables, comprenant des couches de sable, de gravier et de pierre. L’étude précise toutefois que seulement quelques pour cent de la longueur totale du réseau routier sont connus avec certitude, environ 90 % étant basés sur des « conjectures » fondées sur des preuves solides. Environ 7 % des routes recensées sont considérées comme « hypothétiques », c’est-à-dire que leur existence est supposée, mais leur emplacement exact reste à confirmer.

« Grâce à nos travaux, nous savons que la localisation précise des voies romaines nécessite davantage d’attention en matière de recherche », conclut Brughmans. « C’est un ‘appel à l’action’ qui nous donne une carte de confiance précise de ce que nous ne savons pas et où chercher ensuite. »

L’ensemble de données Itiner-e est accessible en ligne et constitue une ressource précieuse pour les chercheurs souhaitant approfondir leur connaissance de l’Empire romain et de son infrastructure.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.