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Publié le 7 novembre 2025 à 15h55. Une cyberattaque majeure ayant paralysé la production de Jaguar Land Rover (JLR) a pesé sur la croissance économique britannique au troisième trimestre, forçant même le gouvernement à intervenir financièrement pour soutenir le constructeur automobile.

  • La Banque d’Angleterre (BoE) a cité cette cyberattaque comme l’un des facteurs expliquant un ralentissement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni.
  • L’attaque a eu des répercussions considérables sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de JLR, entraînant une interruption de la production pendant plusieurs semaines.
  • Le Centre national de cybersécurité (NCSC) a qualifié l’incident de « événement systémique de catégorie 3 », estimant son coût potentiel à 2,75 milliards de dollars (2,1 milliards de livres sterling).

La Banque d’Angleterre a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le troisième trimestre, estimant une hausse du PIB de 0,2 %, contre 0,3 % prévu initialement. Cette révision s’explique en partie par une diminution des exportations vers les États-Unis, mais surtout par l’impact de la cyberattaque subie par JLR, qui a contraint l’entreprise à suspendre sa production pendant près d’un mois. L’ampleur de la crise a nécessité une intervention gouvernementale, avec l’octroi d’une aide financière au constructeur automobile, comme le rapporte The Register.

Selon des économistes, les pertes de revenus pour JLR pourraient dépasser les 2 milliards de livres sterling. David Bailey, professeur d’économie d’entreprise à l’Université de Birmingham, souligne l’exceptionnalité de la situation :

« Nous l’avons vu traverser la crise financière mondiale, le COVID, la crise des semi-conducteurs, mais nous n’avons jamais eu quelque chose de tel auparavant, où l’entreprise n’a pas fabriqué de voitures depuis un mois. »

David Bailey, professeur d’économie d’entreprise à l’Université de Birmingham

Cet incident marque potentiellement un tournant, car il s’agit de la première fois qu’une cyberattaque a un impact économique et fiscal significatif à l’échelle nationale au Royaume-Uni. Un rapport de 2021 de l’Office for Budget Responsibility (OBR) soulignait déjà la menace croissante des cyberattaques, mais aucune n’avait jusqu’alors eu de conséquences aussi graves sur l’économie globale. Vous pouvez consulter le rapport de l’OBR pour plus de détails.

La situation est d’autant plus préoccupante que d’autres entreprises britanniques ont été victimes de cyberattaques ces derniers mois, notamment les géants de la vente au détail Marks & Spencer (M&S), Co-op et Harrods. Ces attaques sont attribuées au groupe Scattered Spider, bien que cette information n’ait pas été officiellement confirmée par les autorités, qui ont arrêté puis libéré sous caution quatre individus en lien avec les attaques de juillet.

Les coûts engendrés par ces cyberattaques sont considérables. M&S a ainsi annoncé prévoir des dépenses de nettoyage de 136 millions de livres sterling (178 millions de dollars) suite à l’attaque dont elle a été victime, une somme en partie couverte par son assurance cyber. L’entreprise a également averti que les coûts liés à la cybersécurité pourraient atteindre 300 millions de livres sterling (393 millions de dollars) d’ici la fin de l’année.

Le NCSC a constaté une augmentation alarmante du nombre de cyberattaques d’importance nationale, passant de 89 en 2024 à 204 jusqu’en septembre 2025. Dans son rapport annuel, le NCSC appelle les organisations à renforcer leurs défenses et à prendre la cybersécurité au sérieux. Richard Horne, directeur général du NCSC, a déclaré :

« La cybersécurité est désormais une question de survie des entreprises et de résilience nationale. Avec plus de la moitié des incidents traités par le NCSC jugés d’importance nationale et une augmentation de 50 % des attaques très importantes par rapport à l’année dernière, notre exposition collective à des impacts graves augmente à un rythme alarmant. »

Richard Horne, directeur général du NCSC

Il insiste sur l’urgence d’agir et met en garde contre les conséquences de l’inaction.

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Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.
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