Publié le 8 novembre 2025 11h00. L’assassinat du président américain James Garfield en 1881, bien plus qu’un simple acte de violence, révèle les tensions politiques et les obsessions personnelles qui animaient l’Amérique de la fin du XIXe siècle. Une nouvelle série documentaire explore les motivations complexes du tueur et le contexte tumultueux de l’époque.
- L’obsession d’un aspirant politicien, Charles Guiteau, pour la reconnaissance et le pouvoir l’a conduit à assassiner le président Garfield.
- La série met en lumière les luttes intestines au sein du Parti républicain et l’opposition entre Garfield et le puissant sénateur Roscoe Conkling.
- Des détails sur les avancées médicales de l’époque, comme l’utilisation d’antiseptiques et d’un détecteur de métaux primitif pour tenter de sauver Garfield, sont également explorés.
La série documentaire, basée sur les recherches de Millard, plonge au cœur d’une époque marquée par le factionnalisme politique et les ambitions démesurées. Makowsky, le réalisateur, a choisi de juxtaposer les destins de Charles Guiteau, l’assassin, et de James Garfield, le président, pour illustrer le contraste saisissant entre ceux qui accèdent au pouvoir et ceux qui en sont exclus.
Guiteau, un homme aux multiples échecs – avocat, journaliste, prédicateur évangélique – nourrissait une conviction inébranlable d’être destiné à la grandeur. Même au sein d’une communauté prônant l’amour libre, il fut rejeté. Pourtant, il persista dans l’idée que Dieu l’avait désigné pour un rôle important. Après la nomination inattendue de Garfield, Guiteau s’est rendu à New York en 1880, déterminé à jouer un rôle clé dans sa campagne électorale.
Il harcela l’équipe de campagne de Garfield jusqu’à obtenir l’autorisation de prononcer un discours, qu’il fit de manière décousue. Guiteau croyait fermement au système des « dépouilles » – l’attribution de postes lucratifs aux partisans politiques – une pratique que Garfield, lui, désapprouvait. Il espérait qu’en échange de son soutien, Garfield lui confierait un poste important, rêvant notamment de l’ambassade de France. Il se rendit à Washington et se présenta quotidiennement à la Maison Blanche, parmi la foule des demandeurs d’emploi. Il parvint même à remettre à Garfield une copie de son discours, avec l’inscription manuscrite « Consulat de Paris » à côté de son nom.
Garfield, quant à lui, avait affiché un programme ambitieux pour sa présidence, incluant la modernisation de la marine américaine, le développement du commerce avec l’Amérique latine et la défense des droits civiques. Il nomma Frederick Douglass, un ancien esclave devenu réformateur social, au poste d’enregistreur des actes du district de Columbia, une première pour un Afro-Américain occupant une fonction fédérale de cette importance. Cependant, il devait également composer avec Roscoe Conkling, un sénateur républicain de New York particulièrement influent grâce à son contrôle des recettes douanières du port de New York. Conkling désapprouvait les tendances progressistes de Garfield et son opposition au système des dépouilles. Il avait déjà imposé son allié, Chester A. Arthur, à Garfield comme vice-président et cherchait maintenant à bloquer ses nominations ministérielles.
« Les deux hommes tenaient vraiment à être connus », a déclaré Makowsky. « L’un se propulse à la plus haute fonction du pays, tandis que l’autre courtise la grandeur et n’y parvient jamais. »
Makowsky, réalisateur
La série documentaire explore également les avancées médicales de l’époque. Les médecins ont tenté de localiser la balle qui avait atteint Garfield grâce à un détecteur de métaux primitif inventé par Alexander Graham Bell. Ils utilisaient également les antiseptiques promus par le chirurgien britannique Joseph Lister, bien que leurs efforts se soient finalement avérés vains.
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