Londres a suspendu le partage de renseignements avec les États-Unis après des frappes controversées en mer des Caraïbes, soulevant des questions sur le respect du droit international et la légalité de ces opérations. Cette décision marque une rupture significative dans la coopération de longue date entre les deux alliés.
Selon des informations diffusées par CNN, le Royaume-Uni aurait cessé de transmettre des informations aux États-Unis il y a plus d’un mois, suite aux premières frappes menées en septembre. Ces opérations, autorisées par le président américain Donald Trump, ciblaient des navires soupçonnés de trafic de drogue au large des côtes du Venezuela.
Les services de renseignement britanniques estiment que ces frappes ont causé la mort de 76 personnes. Ils craignent également qu’elles constituent une violation du droit international. « Nous avons des inquiétudes sérieuses quant à la légalité de ces actions », a déclaré une source proche du dossier, citée par CNN.
Jusqu’à présent, le Royaume-Uni avait activement collaboré avec la Garde côtière américaine dans la lutte contre le trafic de drogue en direction de l’Amérique du Nord, notamment en aidant à l’identification et à l’interception des navires suspects. Auparavant, la procédure standard consistait à arraisonner les bateaux, à saisir les substances illicites et à arrêter les membres d’équipage.
L’administration Trump a justifié ces frappes en affirmant que les navires transportaient du fentanyl, un opioïde puissant contribuant à la crise des overdoses aux États-Unis. Selon Washington, les personnes à bord étaient des « combattants ennemis » engagés dans un « conflit armé ». Cependant, des doutes subsistent quant à l’identité précise des victimes et au nombre de véritables trafiquants de drogue parmi elles.
La tension autour de ces opérations a même conduit à des remous au sein de l’armée américaine. L’amiral Alvin Holsey, commandant du Commandement sud des États-Unis, aurait envisagé de démissionner lors d’une réunion avec le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth. L’amiral Holsey devrait quitter ses fonctions en décembre, un an seulement après sa nomination.
En 2023, les douanes et la protection des frontières américaines ont saisi plus de 4 182 kg de fentanyl (plus de 9 000 livres), dont 96 % provenaient de la frontière sud avec le Mexique. Les opioïdes ont été responsables de 72 776 décès par overdose aux États-Unis en 2023, le fentanyl étant la principale cause.
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