Publié le 13 novembre 2025. À la veille de la COP30, la Croix-Rouge suédoise et le WWF lancent un appel pressant : les solutions fondées sur la nature ne sont pas un complément à la lutte contre le changement climatique, mais une condition essentielle à notre survie.
- Les solutions fondées sur la nature, comme le reboisement et la restauration des zones humides, peuvent contribuer à plus d’un tiers de la réduction des émissions nécessaires d’ici 2030.
- Le Programme des Nations Unies pour l’environnement alerte sur un déficit de financement de l’adaptation climatique qui met en péril les populations vulnérables.
- Un nouvel objectif de financement pour l’adaptation au climat, plus ambitieux, doit être fixé d’urgence à la COP30.
Alors que s’ouvrent les travaux de la COP30, un constat s’impose : l’avenir de la planète est entre les mains des dirigeants mondiaux. Choisiront-ils une voie qui garantit la pérennité de notre écosystème, ou persisteront-ils dans une logique qui menace à la fois notre survie et la richesse de la nature ? Les écosystèmes, des forêts amazoniennes aux calottes glaciaires polaires, sont les garants de notre existence, nous fournissant air pur, eau potable et nourriture, tout en régulant le climat et nous protégeant des catastrophes naturelles.
Ces systèmes vitaux sont aujourd’hui gravement menacés. Pourtant, la nature elle-même recèle des solutions. Les solutions fondées sur la nature, qui consistent à protéger, restaurer et renforcer les processus naturels, ne sont pas une option supplémentaire, mais une nécessité absolue.
Le reboisement, par exemple, permet de capturer le dioxyde de carbone, tandis que les zones humides réduisent les risques d’inondation et purifient l’eau. La communauté scientifique est formelle : nous approchons dangereusement de points de basculement planétaires – des seuils critiques au-delà desquels la résilience de la nature pourrait s’effondrer. La dégradation des forêts tropicales, la fonte des glaciers ou la disparition des récifs coralliens pourraient déclencher des réactions en chaîne aux conséquences désastreuses pour les écosystèmes, les sociétés et les populations.
« Sauver la nature n’est pas une voie détournée dans la politique climatique ; c’est la politique climatique. »
Malgré l’urgence, le débat sur les solutions climatiques reste souvent focalisé sur le court terme, négligeant les changements structurels profonds nécessaires, dans lesquels la nature doit jouer un rôle central. Selon le rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement, les solutions fondées sur la nature pourraient contribuer à plus d’un tiers de la réduction des émissions requise d’ici 2030, tout en renforçant la biodiversité, l’approvisionnement en eau et la résilience des communautés locales. Mais cela exige des investissements massifs.
Le même rapport souligne qu’un investissement d’une couronne dans la protection des côtes peut permettre d’éviter 14 couronnes de dommages. De même, les solutions urbaines fondées sur la nature peuvent réduire les températures d’un degré pendant les vagues de chaleur estivales, améliorant ainsi significativement la santé publique. Investir dans la nature est donc non seulement efficace, mais aussi économiquement judicieux.
L’objectif actuel de doubler le financement pour l’adaptation au climat arrive à échéance cette année. Il est impératif de fixer un nouvel objectif, plus ambitieux, pour répondre aux besoins croissants. Ces fonds doivent servir à renforcer la résilience des communautés locales et à stimuler les investissements dans la santé, l’eau, l’alimentation, les moyens de subsistance et la protection des écosystèmes.
Pour la Croix-Rouge suédoise et le WWF, la crise climatique représente le plus grand défi mondial auquel l’humanité et la planète sont confrontées. Ils constatent au quotidien l’impact du changement climatique sur la vie des populations, en particulier les plus vulnérables. Au Mozambique, par exemple, les deux organisations collaborent sur des solutions fondées sur la nature pour aider les communautés locales à renforcer leur résilience en restaurant les écosystèmes locaux.
Il n’y a pas de climat stable sans écosystèmes vivants. Lors de la COP30, la Suède doit se positionner comme un champion des solutions fondées sur la nature, en plaidant pour un financement climatique accru, des investissements dans l’appropriation locale, ainsi que pour la protection et la restauration des écosystèmes tels que les mangroves, les zones humides et les forêts. Investir dans ces solutions et dans une adaptation climatique menée localement est un investissement dans notre avenir commun et dans notre survie.
Ulrika Modeer et Gustav Lind. (Photos : Croix-Rouge suédoise/WWF)