Home DivertissementTous les mots ne sont pas égaux : faites-leur lire des livres

Tous les mots ne sont pas égaux : faites-leur lire des livres

by Antoine Girard

Publié le 16 novembre 2023 10:12:00. Une récente étude du National Literacy Trust suscite la polémique en élargissant la définition de la lecture à des activités comme l’écoute de livres audio ou la consultation de paroles de chansons, une approche dénoncée par certains comme un affaiblissement des standards éducatifs.

  • Le National Literacy Trust estime que toute forme d’engagement avec le texte, y compris les formats numériques, doit être considérée comme de la lecture.
  • Cette position est critiquée par des observateurs qui craignent une dilution du concept de lecture et une baisse des exigences en matière d’alphabétisation.
  • L’auteur de l’article s’interroge sur les limites de cette définition élargie, se demandant si la lecture d’ingrédients sur un paquet de céréales peut être assimilée à la lecture d’un roman.

La définition même de la lecture est remise en question. Selon une nouvelle étude relayée par le Sunday Times, l’acte de lire ne se limiterait plus aux livres traditionnels. Le National Literacy Trust (NLT) avance que toute interaction avec un texte, qu’il s’agisse de déchiffrer les paroles d’une chanson, d’écouter un livre audio ou de consulter des contenus numériques, peut désormais être qualifiée de lecture.

Jonathan Douglas, directeur du NLT, estime qu’il est temps de « valider les expériences de lecture que vivent les enfants eux-mêmes, que ce soit dans les bandes dessinées, les livres audio ou en numérique », plutôt que de se focaliser uniquement sur les livres. Cette position a suscité une vive réaction de la part de l’auteur de l’article, qui y voit un signe de défaitisme.

L’auteur s’interroge sur les limites de cette définition élargie. Où tracer la ligne ? La lecture du dos d’un paquet de tourbe en attendant aux toilettes compte-t-elle ? Les ingrédients d’une boîte de céréales au petit-déjeuner ? Il ironise sur la possibilité de disséquer la composition de la niacine, de la thiamine et de la riboflavine pour en tirer des parallèles avec la chute de Macbeth.

Il s’inquiète également des conséquences sur l’évaluation des compétences en lecture. Si l’écoute d’un livre audio est considérée comme équivalente à la lecture d’un texte, cela pourrait-il remettre en question la valeur des exercices de lecture traditionnels ? Un enfant peut-il se contenter d’écouter un poème dans le train pour considérer ses devoirs accomplis ?

L’auteur souligne que tous les types de lecture ne se valent pas. Il critique l’idée que lire Bob Vylan selon une critique du Times puisse être considéré comme équivalent à la lecture d’Anna Karénine. Il s’inquiète d’un possible nivellement par le bas des exigences scolaires, où l’obtention d’un diplôme pourrait devenir aussi facile que la distribution de prospectus en boîte de nuit.

En référence au roi Knut, qui tenta vainement de commander aux vagues, l’auteur souligne que le NLT ne peut pas ignorer l’existence de la lecture numérique, mais que prétendre contrôler son impact est une illusion. Il rappelle que Knut lui-même n’était pas dupe de sa propre tentative, mais que ce sont ses conseillers qui se sont trompés. Une leçon d’histoire élémentaire, selon l’auteur, que M. Douglas aurait pu apprendre dans n’importe quel manuel scolaire.

Une addition salée

L’auteur mentionne également une récente expérience personnelle : un double expresso facturé 9,20 £ (environ 10,70 €) dans un café londonien. Une lectrice, Miranda, a cependant dépassé ce prix, ayant payé 10,35 £ (environ 12 €) pour un simple expresso chez Claridge’s. Il s’interroge sur le prix de la boisson chaude la plus chère de Grande-Bretagne.

Une question d’identité

Enfin, l’article aborde la question de la richesse. Une enquête du Times révèle que les trois quarts des contribuables les plus riches du pays ne se considèrent pas comme tels, même s’ils possèdent une maison, plus d’un million de livres sterling d’économies et un salaire à six chiffres. Enquête du Times sur les revenus les plus élevés.

L’auteur explique que cette réticence à s’identifier comme riche est liée à la stigmatisation de la richesse dans la société britannique actuelle. Beaucoup pensent que la richesse est héritée plutôt que méritée, et personne ne souhaite être perçu comme un “salaud”. Il conclut en soulignant que même les personnes fortunées, avec des salaires à sept chiffres et des propriétés sans hypothèque, ne se considèrent pas nécessairement comme riches, car elles côtoient des individus encore plus aisés.

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