Publié le 2025-11-20 22:22:00. Une délégation américaine, menée par Daniel Driscoll, sous-secrétaire à la Défense, s’est rendue à Kiev pour discuter d’un plan de paix en 28 points pour l’Ukraine, élaboré conjointement par Washington et Moscou, suscitant des réactions mitigées et des exigences de la part de l’Union européenne.
- Les États-Unis ont présenté un plan de paix pour l’Ukraine, basé en partie sur les positions russes, prévoyant des concessions territoriales.
- L’Ukraine se dit prête à travailler avec les États-Unis et ses partenaires pour parvenir à une « paix digne » respectant sa souveraineté.
- L’Union européenne insiste pour être associée aux négociations et rejette toute modification forcée des frontières.
Une délégation américaine de haut niveau, dirigée par Daniel Driscoll, sous-secrétaire à la Défense, a rencontré jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev. Cette rencontre intervient alors que Washington travaille sur un plan de paix en 28 points visant à mettre fin au conflit russo-ukrainien, qui dure depuis février 2022. Selon des informations de presse, ce plan s’appuie en partie sur les positions de la Russie, ce qui pourrait entraîner un rejet de la part de Kiev.
Le bureau présidentiel ukrainien a déclaré sur Telegram qu’à l’issue de la réunion, les deux parties avaient convenu de « travailler sur les points du plan de manière à ce qu’il conduise à une fin digne de la guerre ». Zelensky a réaffirmé que l’Ukraine aspire à une « paix digne » qui respecte son indépendance et sa souveraineté. Il a également exprimé son souhait de s’entretenir prochainement avec l’ancien président américain Donald Trump pour discuter des détails de ce plan.
Selon des sources médiatiques américaines et britanniques, le plan en 28 points a été élaboré par le secrétaire d’État américain Marco Rubio et l’envoyé spécial Steve Witkoff. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a confirmé que ces derniers avaient entamé des discussions avec la Russie et l’Ukraine afin de cerner les conditions acceptables pour les deux parties. La Maison Blanche espère que ce plan sera acceptable pour les deux camps.
L’Union européenne a insisté pour participer aux négociations. Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE, a déclaré à Bruxelles :
« Pour que tout plan fonctionne, il faut l’adhésion de l’Ukraine et des Européens. »
Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE
Certains aspects du plan ont déjà suscité des critiques. Les médias rapportent que le plan pourrait impliquer la cession par l’Ukraine de territoires dans les régions de Donetsk et de Louhansk, actuellement contrôlés en partie par les forces russes. L’Ukraine a déjà rejeté de telles propositions, et l’UE a réaffirmé son opposition à toute modification forcée des frontières.
En contrepartie, l’Ukraine recevrait des garanties de sécurité pour se protéger contre une future agression russe. Le gouvernement britannique a souligné que seule l’Ukraine peut décider de son avenir, tout en réaffirmant son soutien militaire à Kiev et son désir de voir mettre fin à « cette guerre barbare », comme l’a exprimé Donald Trump.
La pression sur l’Ukraine s’accentue, tant sur le plan militaire, avec l’avancée des troupes russes dans l’est du pays, que sur le plan politique, avec un scandale de corruption qui éclabousse le gouvernement. Des sources anonymes rapportent que des représentants américains feraient pression sur Zelensky pour qu’il accepte le plan de paix, qui pourrait également impliquer une renonciation à l’adhésion à l’OTAN et une amnistie pour les criminels de guerre, ainsi que le retour de la Russie dans l’économie mondiale.
L’Ukraine continue de miser sur les sanctions économiques pour affaiblir la Russie et l’empêcher de poursuivre la guerre. Le Kremlin, de son côté, a réaffirmé qu’il ne négociera pas avec les États-Unis et qu’il maintiendra ses exigences antérieures, telles que formulées par le président Vladimir Poutine lors de sa rencontre avec Donald Trump en août à Anchorage, en Alaska. L’agence de presse Interfax rapporte qu’il n’y a actuellement aucune consultation russo-américaine sur l’Ukraine, mais que des contacts subsistent entre Moscou et Washington.