Publié le 22 novembre 2024 19h26. L’Arabie saoudite semble s’orienter vers une ouverture prudente concernant la consommation d’alcool, un changement notable qui s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du royaume tout en naviguant dans les contraintes de ses traditions religieuses.
- Le gouvernement saoudien envisage d’autoriser l’achat d’alcool par un groupe restreint d’expatriés non musulmans.
- Des rumeurs d’un assouplissement de la législation sur l’alcool circulent depuis plusieurs années, avec de nombreux établissements déjà équipés pour servir des boissons sans alcool.
- Cette évolution s’inscrit dans un contexte de transformation économique du royaume, qui cherche à attirer des talents étrangers.
Pendant des décennies, la consommation d’alcool en Arabie saoudite a été officieusement tolérée pour les expatriés, à condition qu’elle reste discrète et ne se transforme pas en commerce illégal ou en fêtes publiques. Beaucoup se sont adonnés à la fabrication artisanale de boissons alcoolisées chez eux, faute d’accès facile à des approvisionnements légaux. L’application de l’interdiction restait relativement souple, tant que les pratiques ne devenaient pas ostentatoires. Il est également connu que l’alcool est consommé dans les résidences privées de familles saoudiennes influentes, de fonctionnaires et de banquiers.
Ces dernières années, des signes d’un possible assouplissement de la législation ont émergé. De nombreux hôtels et restaurants ont déjà investi dans des bars, proposant pour l’instant uniquement des cocktails et des bières sans alcool. Les entreprises du secteur attendent donc avec intérêt une évolution de la réglementation, mais le gouvernement saoudien semble avancer avec une grande prudence.
En limitant l’accès à l’alcool à un cercle restreint d’expatriés non musulmans, le gouvernement pourrait chercher à concilier deux objectifs : améliorer l’attractivité du royaume pour les talents étrangers, essentiels à sa diversification économique, tout en respectant les traditions islamiques et son rôle de gardien des lieux saints de La Mecque et Médine. Cette approche permettrait de présenter une image plus ouverte et accueillante sans pour autant remettre en question les fondements religieux du pays.
Cette évolution intervient dans un contexte de réformes sociales et économiques ambitieuses menées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, visant à moderniser l’Arabie saoudite et à réduire sa dépendance au pétrole. L’attraction d’investissements étrangers et de compétences internationales est un pilier de cette stratégie.
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