Publié le 26 octobre 2023 14:35. Une entreprise d’Eindhoven risque la faillite après avoir été condamnée à une amende quotidienne pour la dépollution tardive d’un terrain municipal, désormais destiné à une extension du géant technologique ASML.
- Le nettoyage du terrain pollué, situé le long de la N2 à Eindhoven, est estimé à 1,5 million d’euros.
- L’entreprise Wintelre, responsable de la pollution, est confrontée à des pénalités financières de 24 000 euros par inspection, qui s’accumulent en l’absence de progrès.
- ASML, l’acquéreur du terrain, presse pour un nettoyage rapide afin de pouvoir lancer ses travaux d’extension.
La situation s’est envenimée devant le tribunal de Den Bosch, où l’entreprise Wintelre conteste la sanction imposée par la municipalité d’Eindhoven. En mars 2022, un sac à fumier contenant environ 180 000 litres (5 ou 6 chargements de camions-citernes) d’eaux usées s’est vidé sur le site, contaminant les sols et entraînant la mort d’arbres et de cultures.
Malgré des premières mesures d’urgence, comme le pompage du fossé et l’excavation partielle des sols pollués, les travaux de dépollution n’ont pas été achevés. L’entreprise Daas a proposé à plusieurs reprises un calendrier de nettoyage, mais la municipalité a jugé ces propositions insuffisantes et a finalement décidé d’imposer une sanction administrative.
Cette sanction se traduit par des inspections régulières du terrain. Les deux premières ont révélé que la pollution persistait, ce qui a conduit à l’application de deux amendes de 24 000 euros. Une troisième inspection est prévue après le verdict attendu dans deux semaines. Si la situation n’a pas évolué, l’amende totale pourrait atteindre 72 000 euros.
L’entreprise Wintelre craint désormais de ne pas pouvoir faire face à ces coûts. Selon son avocat, le premier plan de dépollution établi par une entreprise de construction évalue les travaux entre 1,2 et 1,5 million d’euros. “M. Daas n’a pas les moyens de payer cette somme. Il dispose d’une assurance responsabilité civile, mais celle-ci ne couvre que jusqu’à 500 000 euros”, a-t-il déclaré au tribunal.
L’entrepreneur explore des alternatives, notamment des méthodes biologiques de dépollution, comme la plantation de végétaux capables d’absorber les toxines pendant une période d’un à deux ans. Cependant, la municipalité d’Eindhoven, qui a récemment vendu le terrain à ASML, ne dispose pas du temps nécessaire pour mettre en œuvre ces solutions.
Selon un responsable municipal, la dépollution est urgente non seulement pour permettre l’extension d’ASML, mais aussi pour éviter une propagation accrue de la pollution, ce qui entraînerait une augmentation des coûts de nettoyage. La municipalité envisage même d’engager une action civile contre l’entreprise Daas pour accélérer le processus.
À ne pas manquer
